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  • Kabukicho de Dominique Sylvain

    Kabukicho de Dominique Sylvain

    Kabukicho SylvainKabukicho, ce quartier aux faux semblants, aux sourires mensongers, ce quartier criard aux néons tapageurs, racoleurs, ce quartier où Tokyo se réunit, avide de soumission et d’éloges, ce quartier copiant Roppongi comme le cousin bizarre de la famille que tout le monde oubli, se rappelant à tous dans les pires moments et qui pourtant, parfois, en de rares occasions, contient une pépite à l’état brut ou raffinée.

    Kate Sanders en était une. Dès son arrivée à Kabukicho elle avait réussi à creuser son trou, à se faire une place au Club Gaïa, petite protégée de Mama San, la patronne. Et c’est pourtant dans un autre trou qu’elle sera retrouvée, morte, enterrée vive, dans le parc Chiba. Là où un mois plus tôt elle avait pique niqué avec Yodai.

    Lui aussi en est une. Arrivée à Tokyo pour cherché sa mère, Kabukicho l’a recueilli et l’a éduqué comme son fils. Devenu l’hôte le plus prisé de son propre club, le Café Château, il gagne dorénavant sa vie à mentir et à sourire, mais surtout à se mentir à soi-même.

    Mais de mensonge il n’y a pas la place dans l’enquête de la police. L’inspecteur Yamada est bien décidé à résoudre cette enquête, sa première vraie enquête depuis son retour au sein de la police après son coma. Pour élucider le mystère de Kate Sanders, il va devoir se plonger dans sa vie d’hôtesse, découvrir son histoire.

    L’histoire de Marie ressemble à celle de Kate, une gaijin qui débarque à Tokyo et qui termine elle aussi à Kabuchiko, à vendre son sourire et ses compliments.

    Véritable lieu de perdition, Kabukicho au mille néons réserve de nombreuses surprises par-delà les mensonges. Encore faut-il réussir à déterrer le vrai du faux.

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    Après La voie du sabre, il s’agit donc de mon deuxième roman se déroulant au Japon, ce pays qui subjugue l’Occident et qui recèle une part d’ombre en plus de son passé glorieux.

    Vous me connaissez, j’aime à petite dose les polars thriller. Oui, j’ai aimé Kabukicho, oui j’ai trouvé le coupable avant le dénouement et oui, une fois de plus, à la fin de ma lecture je me suis dit : « Qu’a ce roman de plus que les autres ? ».

    Le jour de ma fin de lecture, le matin même, il me restait à peine vingt pages lorsque j’ai dû m’arrêter car arrivé au boulot. Il me manquait l’explication, le pourquoi ! Je trépignais de le connaître, d’apprendre la psychologie du personnage qui l’a amené là où il est. Et pourtant, un fois le livre refermé, partageant ma surprise avec Cynthia sur une chose, je restais avec cette gêne.

    Oui, le roman est sympa et qui plus est rapide à lire et assez inattendu, jusqu’au moment où tous les pions mis en place révèlent la vérité avant que l’auteur ne le fasse. Mais finalement, on finit par s’attendre à cet inattendu, puisque habitué aux polars, aux thrillers et à tous ces livre à suspens. On se dit « A quoi je ne m’attends pas du tout ? À cette chose précise. Ok. Donc il y a de grandes choses pour que cette chose soit la clé du mystère ». C’est triste, mais on tomberait presque dans cette caricature qu’est le film Un cadavre au dessert.

    Alors non, je ne critique pas tant le roman, je vous l’ai dit, j’ai bien aimé. Mais je crois que je commence à me poser trop de question quand je lis un polar. Je devrais les aborder comme ma mère, en lire un puis passer à autre chose sans trop chercher. Je salue bien bas tous ces passionnés de thrillers et autres polars, vous avez du courage !

    Finalement, si vous voulez vous détendre, Kabukicho de Dominique Sylvain vous conviendra parfaitement. Il se lit bien et une fois plongé dedans, on veut découvrir ce qu’il s’est passé. Savoir pourquoi Kate s’est faite enterrée vivante. Là-dessus, le roman est une réussite. Mais j’attends toujours ce roman policier qui ne me laissera pas un goût de déjà vu une fois la lecture terminée, qui me retournera le crâne.

    Pour une lecture détente, ok ! Si, comme moi, vous souhaitez plus, optez pour un autre roman.

    PS : j’ai pas mal été perturbé par la couverture qui me rappelait grandement le détective L du manga Death Note. Et non, je ne parlerai pas de ce « film » de Netflix Death Note. Il y a des sujets tabous.

    L death note

  • La voie du sabre de Thomas Day

    La voie du sabre de Thomas Day

    la voie du sabre thomas dayDans l’empire de l’Empereur-Dragon Tokugawa Oshone, de nombreux seigneurs se partagent les territoires, sur lesquels ils règnent en maître, bon ou tyran.

    L’un d’eux, le Seigneur Nakamura Ito, se différencie par sa cruauté et le respect qu’il a su hériter par la crainte et par ses exploits guerriers. Son but est très simple, agrandir son pouvoir et ainsi son royaume. Pour ce faire, le meilleur moyen est encore d’enfanter l’Impératrice-Dragon, la fille de l’Empereur-Dragon. Mais le manque d’encre Shô l’empêche de parvenir à ses fins.

    Une aubaine s’offre un jour à lui, en la personne d’un Ronin à l’aspect de clochard dont la puanteur n’est supplantée que par son habileté à manier le katana. Cet étrange personnage, du nom de Miyamoto Musashi, se voit confier la lourde tâche d’entraîner le fils du Seigneur, Mikédi, dans la Voie du Sabre, la seule qui lui permettrait de prouver sa valeur et de mériter le droit de faire un enfant à l’Impératrice-Dragon.

    Pour assouvir le souhait de son père, Mikédi , alors âgé de douze ans, part sur la route d’Edo, empruntant non pas les routes mais la Voie du Sabre.

    Très court roman de moins de 300 pages, l’œuvre de Thomas Day se déguste d’une traite. Non seulement parce que courte, mais surtout parce qu’entraînante. L’histoire du maître et du disciple est ponctuée par plusieurs légendes venant étayer le récit. Légendes qui nous plongent d’autant plus dans l’univers et dans la narration de manière habile, pour permettre au Japon de Thomas Day de se substituer au Japon que nous avons en tête.

    Le caractère stricte et épuré du pays, mélangé au fantastique, nous plonge dans un univers onirique dont on ne peut douter de l’existence, où lézards géants côtoient mages et où poissons des mers accueillent des cités îles, pendant qu’un Empereur-Dragon fait la pluie et le beau temps sur ses seigneurs et donc par leur intermédiaire sur son peuple.

    Chaque exercice de Mikédi nous fait grandir avec lui et malgré les ellipses de parfois plusieurs années, le fil du récit n’est jamais interrompu par des retours en arrière ou des réflexions de la part du lecteur. Chapeau bas pour cette prouesse !

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    Je désirais lire un roman court après les 200000 pages de La Guerre et la Paix, pour me vider la tête. Et je dois vous avouer, La voie du sabre de Thomas Day n’a pas fait long feu. Quand on sait qu’un roman est court, on ne veut vraiment pas s’arrêter car on se sait proche de la fin. Et plus j’avançais dans le roman, plus je me demandais comment l’auteur avait réussi à caler autant d’histoires dans si peu de pages. Et j’en redemandais !

    Mais vous savez, aussi étrange que cela puisse paraître, après le dernier mot du roman, je fus rassasié. Il n’y avait ni trop, ni trop peu. L’auteur a réussi à trouver la quantité parfaite à proposer pour que le lecteur puisse digérer proprement son œuvre, en laissant un goût succulent en bouche. Plus de choses et l’ouvrage en aurait été alourdi, moins fluide, contraire à la philosophie de Miyamoto Musashi, pour qui parler n’est pas nécessaire, les actes faisant preuve de l’homme.

    Maintenant, c’est à vous de lancer sur la voie du sabre. Mais attention à ne pas vous perdre en chemin, car en moins de 200 pages s’écoulera des années qui mettront vos nerfs, vos muscles et votre cœur à rude épreuve.

    Mais au fait, pourquoi faites-vous ça ? Pour qui ?