Étiquette : porte

  • Apporte-moi du plaisir

    Apporte-moi du plaisir

    Ouvre-moi

    Ferme-moi

    Claque-moi

    Fais-moi mal

    Pas besoin d’y aller doucement

    Je veux que tout l’immeuble entende quand tu me manipules

    Fais-moi sortir de mes gonds

    Utilise tes deux mains comme tu sais si bien le faire

    Parfois la droite

    Parfois la gauche

    Ambidextre du plaisir non dissimulé

    Peu importe l’heure

    Fais-le fort

    Pousse-moi

    Tu peux aussi utiliser tes pieds si tes mains sont prises

    Verrouille-moi

    Restreins mes mouvements

    Bloque-moi

    Barre-moi

    Fais savoir au monde ce qui nous lie

    Pas de délicatesse entre nous

    Sois ferme

    Défoule-toi sur moi

    Décharge en moi ta frustration

    À toute heure je suis tienne

  • Une prison pour la porte

    Vous connaissez surement l’expression « aimable comme une porte de prison », pour définir une humeur plutôt massacrante. Mais que nous ont fait les portes de prison pour que nous disions cela ? Si ça se trouve, les portes de prison sont les plus gentilles choses au monde. Dans un univers carcéral où la vie n’est pas toujours facile, les portes essaient peut-être de communiquer et de réconforter chaque être qu’elles enferment. Mais le seul problème, c’est que nous ne les comprenons pas. Alors nous, humains que nous sommes, ne comprenant pas le monde qui nous entoure, nous définissons un caractère aux choses de par les fonctions qu’elles occupent. Alors forcément, une porte qui est dans une prison, pour nous, et bien c’est quelque chose de mal.

    Ce qui nous amène à la plupart des films Pixar, Dreamworks ou Walt Disney, tels que Toy Story, Planes, Turbo et j’en passe, dans lesquels les héros possèdent une volonté propre et décident de se rebeller contre leur propre nature (un avion épandeur veut devenir un avion de course ou encore un escargot veut être plus rapide que des voitures de course). Imaginez alors si chaque chose qui nous entoure possédait sa volonté propre. Une fourchette ne voudrait peut-être pas exercer le rôle de fourchette, mais celui de cuillère, ou bien de pic à glace. Et chaque jour, nous leur rappelons le contexte que nous leur avons créé sans se soucier le moins du monde de leurs souhaits.

    Tout ça vous rappelle peut-être votre enfance, quand vous imaginiez que chaque peluche, chaque jouet, étaient vivants. L’époque où nous pensions que chaque objet pouvait ressentir quelque chose. Comme les chandeliers de La Belle et la Bête où les livres magiques de Merlin l’enchanteur. – Tiens. Je vais vous raconter quelque chose sur moi (c’est rare). Quand j’achète mes livres, toujours par paquet de 5 minimum, je me retrouve généralement avec un stock frôlant facilement la vingtaine. Et parfois, j’ai réellement des livres qui me tentent atrocement. Mais je me retiens, car j’en avais déjà acheté avant. Je me mets à leurs places et je me dis que je n’aimerais pas qu’un livre acheté en dernier soit lu avant moi. Alors du coup je lis mes livres suivant leur ordre d’achat. Je vous entends déjà dire que je suis psychorigide. Chacun sa manière de lire ses livres. Personnellement, je trouve cela plus « juste » envers eux. – Quand nous étions enfants, nous avions cette imagination, ou peut-être tout simplement cette naïveté envers le monde qui nous entoure. Mais parfois j’aime à croire que ces objets ont peut-être une « âme ». Après tout, l’habit ne fait pas le moine.

    Alors ce soir, demain ou la semaine prochaine, faites plaisir à une de vos assiettes qui a toujours rêvée d’être un frisbee, à un néon qui n’attend qu’une chose, être transformé en sabre laser, ou bien encore à vos couettes qui imaginent le jour ce que peuvent ressentir les plus solides forteresses.