Étiquette : thriller

  • Debout les morts de Fred Vargas

    Debout les morts de Fred Vargas

    Debout les morts VargasQuand Sophia Siméonédis, ancienne cantatrice, découvre un matin dans son jardin un arbre qui n’y était pas la veille, elle imagine de suite le pire. L’œuvre d’un fan un peu trop entiché ? De son ancien amant grecque ?

    Une chose est sûre, si c’est dans un vieux pot qu’on fait la meilleure confiture, tout le monde sait que c’est dans un vieux corps qu’on fait le meilleurs arbre.

    Hors de question pour elle de laisser ce mystère flotter au dessus de sa tranquille vie d’artiste retraitée.

    Les trois jeunes qui viennent juste de s’installer dans la maison en ruine en face de chez elle semblent assez dans la merde pour ne pas cracher sur quelques travaux manuels bien rémunérés. Depuis plusieurs jours qu’elle les observe, elle commence à bien connaître Marc, Matthias et Lucien ainsi que cet étrange personnage qui semble vivre dans les combles.

    Après tout, il ne s’agit que de creuser sous un arbre. Et ils semblent vraiment être dans la merde. En revanche, si l’arbre a vraiment été planté pour dissimuler un corps, c’est une autre paire de manches. Mais c’est pour cette raison qu’ils seront grassement rémunérés. Et rien n’est encore fait. Il s’agira d’étudier la situation sur le tas.

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    Aparté

    Alors, je dois me confesser. Je ne savais pas que Fred Vargas était en fait une femme ! Mais oui ! Ça ne change rien mais ça m’a surpris. C’est vraiment hyper classe un pseudonyme d’un autre sexe.

    Fin de l’aparté

    Autre chose à laquelle je ne m’attendais pas du tout, le bouquin en général !

    Vous commencez à me connaître, surtout si vous avez lu ma chronique sur Kabukicho de Dominique Sylvain, les polars et thrillers, j’aime, mais à petite dose. Mais là, l’humour, les caractères de nos trois historiens enquêteurs, j’ai beaucoup aimé !

    Qui un jour s’est dit qu’il allait découper une maison en fonction des périodes historiques ? Fred Vargas pardi ! Préhistoire au premier, médiéval au second et contemporain au troisième. Logique imparable ! Et un chasseur cueillir qui aime être nu en sandales ?  Fred Vargas ! Rien de plus logique d’ailleurs !

    Debout les morts est un roman vraiment drôle qui pourtant n’oublie pas de tenir en haleine et de nous lancer des pistes sous le nez pour tâter nos réactions, goûter notre logique, sans pour autant trop nous en dévoiler. Et oui, polar oblige, attendez les 10 dernières pages pour le bouquet final, comme pour un bon feu d’artifice !

    J’ai quasiment lu l’entièreté de l’oeuvre dans mon avion pour Nice cet été, j’ai dû me freiner car je n’avais pas emporté d’autres livres. Ça a été dur, croyez moi !

    C’est un roman frais, sans prise de tête, qui se déguste comme un bon smoothie en plein été. On est en automne ? Ça fonctionne quand même ! Si vous voulez lire un smoothie, lisez Debout les morts de Fred Vargas.

  • Kabukicho de Dominique Sylvain

    Kabukicho de Dominique Sylvain

    Kabukicho SylvainKabukicho, ce quartier aux faux semblants, aux sourires mensongers, ce quartier criard aux néons tapageurs, racoleurs, ce quartier où Tokyo se réunit, avide de soumission et d’éloges, ce quartier copiant Roppongi comme le cousin bizarre de la famille que tout le monde oubli, se rappelant à tous dans les pires moments et qui pourtant, parfois, en de rares occasions, contient une pépite à l’état brut ou raffinée.

    Kate Sanders en était une. Dès son arrivée à Kabukicho elle avait réussi à creuser son trou, à se faire une place au Club Gaïa, petite protégée de Mama San, la patronne. Et c’est pourtant dans un autre trou qu’elle sera retrouvée, morte, enterrée vive, dans le parc Chiba. Là où un mois plus tôt elle avait pique niqué avec Yodai.

    Lui aussi en est une. Arrivée à Tokyo pour cherché sa mère, Kabukicho l’a recueilli et l’a éduqué comme son fils. Devenu l’hôte le plus prisé de son propre club, le Café Château, il gagne dorénavant sa vie à mentir et à sourire, mais surtout à se mentir à soi-même.

    Mais de mensonge il n’y a pas la place dans l’enquête de la police. L’inspecteur Yamada est bien décidé à résoudre cette enquête, sa première vraie enquête depuis son retour au sein de la police après son coma. Pour élucider le mystère de Kate Sanders, il va devoir se plonger dans sa vie d’hôtesse, découvrir son histoire.

    L’histoire de Marie ressemble à celle de Kate, une gaijin qui débarque à Tokyo et qui termine elle aussi à Kabuchiko, à vendre son sourire et ses compliments.

    Véritable lieu de perdition, Kabukicho au mille néons réserve de nombreuses surprises par-delà les mensonges. Encore faut-il réussir à déterrer le vrai du faux.

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    Après La voie du sabre, il s’agit donc de mon deuxième roman se déroulant au Japon, ce pays qui subjugue l’Occident et qui recèle une part d’ombre en plus de son passé glorieux.

    Vous me connaissez, j’aime à petite dose les polars thriller. Oui, j’ai aimé Kabukicho, oui j’ai trouvé le coupable avant le dénouement et oui, une fois de plus, à la fin de ma lecture je me suis dit : « Qu’a ce roman de plus que les autres ? ».

    Le jour de ma fin de lecture, le matin même, il me restait à peine vingt pages lorsque j’ai dû m’arrêter car arrivé au boulot. Il me manquait l’explication, le pourquoi ! Je trépignais de le connaître, d’apprendre la psychologie du personnage qui l’a amené là où il est. Et pourtant, un fois le livre refermé, partageant ma surprise avec Cynthia sur une chose, je restais avec cette gêne.

    Oui, le roman est sympa et qui plus est rapide à lire et assez inattendu, jusqu’au moment où tous les pions mis en place révèlent la vérité avant que l’auteur ne le fasse. Mais finalement, on finit par s’attendre à cet inattendu, puisque habitué aux polars, aux thrillers et à tous ces livre à suspens. On se dit « A quoi je ne m’attends pas du tout ? À cette chose précise. Ok. Donc il y a de grandes choses pour que cette chose soit la clé du mystère ». C’est triste, mais on tomberait presque dans cette caricature qu’est le film Un cadavre au dessert.

    Alors non, je ne critique pas tant le roman, je vous l’ai dit, j’ai bien aimé. Mais je crois que je commence à me poser trop de question quand je lis un polar. Je devrais les aborder comme ma mère, en lire un puis passer à autre chose sans trop chercher. Je salue bien bas tous ces passionnés de thrillers et autres polars, vous avez du courage !

    Finalement, si vous voulez vous détendre, Kabukicho de Dominique Sylvain vous conviendra parfaitement. Il se lit bien et une fois plongé dedans, on veut découvrir ce qu’il s’est passé. Savoir pourquoi Kate s’est faite enterrée vivante. Là-dessus, le roman est une réussite. Mais j’attends toujours ce roman policier qui ne me laissera pas un goût de déjà vu une fois la lecture terminée, qui me retournera le crâne.

    Pour une lecture détente, ok ! Si, comme moi, vous souhaitez plus, optez pour un autre roman.

    PS : j’ai pas mal été perturbé par la couverture qui me rappelait grandement le détective L du manga Death Note. Et non, je ne parlerai pas de ce « film » de Netflix Death Note. Il y a des sujets tabous.

    L death note

  • Puzzle de Franck Thilliez

    Puzzle de Franck Thilliez

    Oh

    Putain

    De

    Merde

    Voilà les quatre premiers mots qui sont sortis de ma bouche à la fin de ce bouquin. J’étais littéralement : « Oh putain de merde oh putain de merde oh putain de merde oh putain de merde, etc. ». J’étais scothé. Sur le cul.

    Ce bouquin m’a complètement retourné la tête ! Et il m’a clairement fait flipper ! En le lisant sur mon lit, je ne voulais pas avoir une seule partie de moi hors de cet espace protecteur. J’étais comme ce gosse qui lit du chair de poule sous la couette à la lumière de sa lampe torche car ses parents ne doivent pas voir la lumière et penser qu’il dort déjà paisiblement. En revanche, pour ma part, il faisait jour et je n’étais pas sous ma couette. C’était peut-être une erreur d’ailleurs.

    Tout comme le héros du livre, Ilan Dedisset, j’avais moi aussi l’impression de devenir paranoïaque, d’inventer des voix, des bruits, des objets qui bougent ou qui manquent dans l’appartement. Pour tout vous avouer, j’avais même peur de descendre de ma mezzanine pour aller faire pipi. Mais je n’avais pas de bouteille d’eau vide à porter de main. Je n’avais pas le choix, je devais y aller. Mais c’était toujours à contre cœur.

    A l’instant où j’écris ces lignes, je suis seul, la musique assez forte, mais avec l’impression que quelqu’un m’observe et une envie qui me prend aux tripes de me retourner toutes les trente secondes pour vérifier que personne n’est derrière moi.

    Puzzle de Franck ThilliezJe ne peux pas faire meilleur conseil que vous dire d’allumer vos lumières, de fermer toutes vos portes à double tour, de fermer également vos fenêtres, de garder en tête que tout n’est qu’un jeu.

    Paranoïa est partout. Si bien qu’entre jeu et réalité, la frontière est très fine. Peut-être un peu trop. Ou bien elle est déjà franchie. Mais pour 300 000€, le jeu en vaut la chandelle. Quitte à perdre la tête. Car n’est-ce pas ce que le nom du jeu nous laisse supposer ?

    Où s’arrête le jeu, où commence la réalité ? Je vous l’ai dit, il faut garder en tête que tout est un jeu. Même si quelqu’un doit mourir. Ou plusieurs. Et après tout, les morts sont-ils réels ? Les morts font-ils partie du jeu ? Ou le jeu a-t-il mal tourné ? Et les 300 000€ sont-ils bien réels ? Car si tout est un jeu, pourquoi eux ne le seraient-ils pas aussi ?

    Vous allez vous retrouvez seul. Extrêmement seul. Peu importe ce que vous ferez. Vous sentirez vos poils se dresser, vous entendrez des bruits suspects, vous regarderez bizarrement tous les gens que vous croiserez, vous remettrez en cause tout ce que les gens vous disent. Connait-on vraiment les gens que l’on côtoie tous les jours ? Est-ce bien mon copain qui dort dans mon lit ? Ma femme est-elle la même qu’hier et que lors de notre mariage ? Ne trouvez-vous pas que vos parents agissent bizarrement depuis quelques jours ? Tout bien réfléchi, n’avez-vous pas toujours trouvé que votre voisin agissait bizarrement ? Réfléchissez bien en fermant les yeux ce soir, dans votre lit, à entendre le vent qui frappe vos fenêtres et le bois de vos meubles craquer sous le poids des ans.

    Bonne nuit. Et à demain.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Ou pas.