Vietnam en cuisine

Tout à l’heure, je faisais la cuisine. Et par cuisine, j’entends de la béchamel. Mais ce que ne vous savez pas, c’est que cette sauce est mon némésis. Je l’ai déjà faite plusieurs fois, et plusieurs fois elle m’a résisté; des grumeaux, trop de farine, trop de lait.

Alors une fois de plus, c’était elle ou moi. Et je peux vous dire que les vétérans des grandes guerres en auraient fait des cauchemars. Moi-même, j’ai frôlé de peu le syndrome du Vietnam. De la farine sur mon gilet, par terre, sur le plan de travail, des gouttes de lait partout, le beurre brûlant cherchant par tous les moyens à s’échapper. Pas encore faite, la sauce m’opposait déjà de la résistance à travers ses composants. Si le fantôme de ma défunte grand-mère hante toujours ma cuisine, je peux vous assurer qu’elle s’est retournée dans son cercueil. Ce n’était plus une cuisine mais une boucherie. Pareil pour les fantômes de Gordon Ramsey et de Philippe Etchebest, même s’ils ne sont pas encore morts. Je les entendais me crier dessus car je ne faisais pas les choses comme il fallait. Il faut dire que j’ai toujours eu du mal à suivre pas à pas les recettes. Mais vous me connaissez, je ne me suis pas laissé aller et j’ai retroussé mes manches. Ma toque imaginaire sur la tête, j’étais paré.  Et cette fois, elle était parfaite.

Mais c’était sans compter sur ma chance habituelle. Je me suis aperçu que je n’avais pas assez de béchamel pour mon plat. Gros problème, je devais en refaire. Mon sang n’a fait qu’un tour. Mes pupilles se sont dilatées et mon coeur s’est mis à battre comme si Mike Portnoy, le batteur de Dream Theater, s’était trompé et jouait sur mon coeur plutôt que sur sa batterie (ba dum ba dum psoum tchi badum). Alors mes mains, mal habiles, ont versé trop de lait. Le beurre a fumé dans le micro-ondes et la béchamel était trop liquide. Mais dans un dernier souffle, comme celui des marathoniens voyant la ligne d’arrivée, j’ai pu rattraper ma sauce avec suffisamment de farine. J’obtins alors une texture quasi parfaite (il faut savoir rester modeste dans une victoire). La petite musique de victoire de Final Fantasy retentit alors dans ma tête. Je me voyais déjà avec le chapeau de Marc Veyrat et l’accent du sud de Maïté.

En dégustant mon plat, un gratin de chou-fleur et de pommes de terre, je me suis dit qu’un tel don ne devrait peut-être pas être inutilement gâché dans une petite cuisine. Alors, à nous deux Top Chef !

PS : Je passe bien sûr sous silence le fait que j’ai ensuite fait couler toute la sauce du jambon à l’os par terre en le sortant du micro-ondes et que mon yaourt s’est renversé sur le tapis. Ça va de soi.

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Cette entrée a été publiée le 19 mars 2014 à 14:45. Elle est classée dans Billets du vide et taguée , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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