Étiquette : sud

  • 1001 nuits/pattes

    1001 nuits/pattes

    Il y a 10 jours, nous étions avec Cynthia dans le sud afin de profiter du soleil et de ses formidables tempêtes et, accessoirement, voir sa famille. Je n’avais jamais vécu d’évacuation alors autant vous dire que j’attendais ces vacances avec un plaisir non dissimulé.

    Le jeudi se passa nickel ! Pluie à l’arrivée, que demander de mieux ? Si on veut une inondation, il vaut mieux qu’il y en ait de la pluie ! Et des torrents s’il vous plaît ! Alors j’étais aux anges ! Surtout que deux nuits à l’hôtel étaient prévues. En mode vacances quoi !

    giphy (1)

    Arrivés là-bas, rien à redire. C’était un appart hôtel classique mais très propre avec une formidable terrasse. Pratique pour se faire héliporter ! Hé ouais ! Tout était prévu ! Toilettes séparées de la salle de bain, utile si on avait tout les deux envies de faire pipi ! Avec le lavabo de la salle de bain, on pouvait même être une personne de plus ! Sympa ! Le lit était immense, blanc immaculé et la kitchenette équipée pile ce qu’il fallait et même plus puisqu’il y avait un lave-vaisselle, pastille offerte ! Du 5 étoiles quoi. Bref, RAS ! Après ce petit tour du proprio, nous décollâmes vaquer à nos occupations avec la famille de Cynthia et sans la famille de Cynthia.

    Pluie, shopping, bouchons, pluie, limonade, pluie, repas, plus de pluie.

    Nous rentrâmes là-bas 3h plus tard pour déposer et prendre des affaires et c’est là que ça commença à tiquer. Petite odeur de renfermé venant de la salle de bain en ouvrant l’appart. Vous savez, celle où n’étaient pas les toilettes. Ce qui était con car ça aurait pu expliquer l’odeur. Mais non ! Nous étions conciliant vu la pluie des cinq derniers jours, nous fermâmes juste la porte en guise de repousse odeur : efficace !

    Mais quelques secondes plus tard, nous nous rendîmes compte que nous n’étions pas les seuls locataires de l’appart hôtel. Nope ! Lors de l’après-midi des invités non invités avaient décidé d’élire domicile chez nous. CHEZ NOUS !

    Perso j’ai jamais rien eu contre les fourmis. Franchement ! Si, à la rigueur, quand elles me montaient sur la jambe ça me chatouillait quand j’étais petit. Mais à part ça, rien.

    giphy (2)Par contre, lorsqu’elles se baladaient du haut de la tête de lit à l’interrupteur de l’appart, là, ça me gênait un peu plus.

    On avait beau leur demander gentiment de partir, elle ne s’exécutait pas. Sauf avec un petit coup de main. Ou plutôt un petit coup de pouce. MOUAHAHAH.

    Pas le temps de niaiser, on avait d’autres trucs à faire. On s’est dit qu’on en toucherait deux mots à la réceptionniste en allant chercher la voiture dans le parking et qu’elle ferait le nécessaire.

    C’était juste un peu plus dur de prévenir la réceptionniste vu qu’elle n’était pas là. Donc direction le parking du sous-sol maudit, sans lumière, où les flashs de nos téléphones étaient nos meilleurs amis. Apparemment un détecteur de mouvement ça coûtait trop cher.

    Je vous passe les bruits chelous qu’on entend généralement dans un parking souterrain, au dessous de touuuuuuutes les canalisations du bordel. Si Gigi était partie pisser, on le savait direct ! Même si c’était pas Gigi d’ailleurs. Et vu les différents bruits des tuyaux, on savait aussi si elle avait mangé un welsh ou un mexicain.

    Nous passâmes tranquilou bilou notre soirée, pour revenir à 1h30 du matin dans notre  fameuse chambre.

    Et, ôôôô joie ! De nouvelles locatrices ! Apparemment les fourmis avaient envoyé une expédition de secours pour retrouver les disparues. Et elles ne laissaient rien au hasard puisqu’elles étaient là où lesdites disparues avaient été aperçues pour la dernière fois : haut de la tête de lit et interrupteur de l’appart. Mais elles avaient aussi organisé des battues ! C’est que c’est méthodique une fourmis ! Fouille du lit, des toilettes, de la salle de bain, des contours de portes et j’en passe. NICKEL MICHEL ! C’est sûr, on allait s’éclater tous ensemble à faire la teuf toute la nuit…

    giphy (3)

    Philippe Etchebest aurait été là, il t’aurait foutu un bon coup de pieds dans cette fourmilière. Je te le dis moi, je le connais bien !

    Aucune envie pour Cynthia et moi de dormir avec les fourmis, j’ai appelé le numéro à appeler en cas d’urgence, qui n’était situé que dans les ascenseurs et les couloirs. Pas les chambres. Non. Dans l’hôtel ils sont sympa, si t’as un gros pépin, tu rush l’ascenseur. C’est tout. C’est contre indiqué ? Ranafout’ tu appelles l’ascenseur. T’es au quatrième ? Eh bah t’attends !

    Au téléphone, après explication du problème, le type m’a dit « ouïe ».

    Oui.

    Ouïe.

    Ça donne confiance, non ? Ça commençait bien.

    Après, la bonne nouvelle, c’est qu’il était quand même dans le même hôtel que nous ! En voilà une bonne nouvelle ! En appelant un portable, encore heureux que je ne tombais pas sur une hotline délocalisée, non ? Mais je n’étais pas au bout de ma peine.

    Au bout de 10 minutes qui en paraissaient 120, la sonnette résonna, avec à son bout, l’homme de la sécurité. L’homme, de la sécurité. De, la, sécurité. Nous nous attendions plutôt à une personne en charge de l’hôtel. Pas à un homme de la sécurité. Il a dû voir à nos têtes déconfites qu’on était déçu car il nous donna directement son plan, deux badges pour accéder à deux chambres pour reloger les locataires en cas de pépin. Notre contexte en gros. Le problème allait se résoudre. Yattaaaa.

    giphy (4)

    Première chambre, la diode rouge s’alluma.

    Une fois.

    Deux fois.

    Trois fois.

    Abandon.

    Deuxième chambre, la diode rouge s’alluma.

    Une fois.

    Deux fois.

    Trois fois.

    C’est à ce moment là que l’agent de sécurité ne laissa pas débiner, quand Cynthia et moi étions déjà au troisième sous sol. Il avait l’arme ultime : le Lilou Dallas MOULTIPASS.

    Diode verte.

    Chambre occupée.

    giphy (5)

    A court d’options, l’homme de la sécurité nous regarda, de la pitié dans les yeux. Et un peu de frayeur. Car même fatiguée, quand Cynthia est énervée, elle ferait peur à Satan. Puis il prononça son discours, solennel, de mise en demeure, il avait fait tout ce qu’il pouvait pour nous. La sentence était tombée, on était dans la merde. Deux faux « merci quand même plus tard », c’était le branle-bas de combat dans la chambre pour trouver une solution.

    Nous avons fini dans le salon de l’appartement des parents de Cynthia, pour une nuit de 3h pour moi et 30 minutes pour elle.

    MAIS, comme toute histoire doit bien se terminer, nous sommes retournés à l’hôtel le lendemain pour nous faire rembourser du petit déjeuner, de la place de parking et pour finir surclasser dans une chambre quasiment plus grande que notre appart, sous un soleil digne d’un mois d’août !

  • Sudisteries

    Plus d’un mois que je suis revenu de vacances et je ne pense déjà qu’à partir. Pauvre de moi.

    Car comme vous le savez peut-être/surement/pas (rayez la mention inutile), j’étais cet été en vacances, pour deux semaines, dans le sud de la France, pour la deuxième année consécutive.

    Je suis devenu de ce fait, en quelque sorte, un touriste local. Je me fondais dans la masse, espadrilles aux pieds, short de plage et chapeau en paille sur la tête. Je précise, le short de plage, lui, n’était pas sur ma tête.

    J’empruntais comme un as les transports en commun. La ligne 1, jaune, n’avait plus aucun secret pour moi. A tel point que je m’accordais même, parfois, le luxe de ne pas me placer dans le sens de la marche. Eh oui, pas besoin d’anticiper à l’avance les arrêts, je les connaissais sur le bout des doigts (j’avais le plan sur mon portable, pas con le type !). J’étais un aficionado. Les chauffeurs me saluaient, me gratifiaient d’un bonjour, et ça m’allait très bien. Je ne recherchais ni la reconnaissance ni la célébrité.

    Je ne faisais plus qu’un avec le sud de la France et le sud de la France ne faisait plus qu’un avec moi. Les us et coutumes n’avaient plus de secrets pour moi.

    giphy

    J’avais compris qu’en voiture, il était bien vu, et même presque indispensable, d’insulter et de klaxonner ses pairs. C’était un signe de reconnaissance entre nous, d’appartenance à la même bande, qui nous liait plus encore que Vin Diesel et Paul Walker.

    giphy (1)

    J’avais appris à facilement reconnaître les touristes, qui se déplaçaient en masse, rouge comme du rouge bien rouge, qui gueulaient sur Bryan et Dorothy qui bouffaient du sable alors qu’eux aspiraient seulement à fumer paisiblement sur la plage et à enterrer leurs trésors. Comme un chien qui marquerait son territoire en fait. Et puis faut avouer que comme ça, quand on regarde sous l’eau, ça

     change des coquillages. Vous n’en avez pas marre vous, de ne trouver toujours que des coquillages dans la mer ? Franchement, ça devient banal et sans aucune surprise ! Alors qu’un petit sachet de bonbons à côté d’un bouchon en liège et de divers trucs en caoutchouc, c’est tout de suite plus fun ! On ne sait jamais sur quoi on va tomber ! C’est grisant !

    Quand j’étais petit, avec ma famille, on mettait toujours du sable de la plage où on était dans des petites bouteilles en verre de Ricqles; sable fin, sable grossier, sable grisonnant, sable riche en coquillages, sable riche en petits cailloux, etc. Nous avions une belle collection ! Mais finalement, en y repensant, c’était tristounet. Après tout, ce n’était que du sable. N’aurait-ce pas été génial d’avoir un peu plus que du sable ? Imaginez une petite bouteille de Ricqles avec un mégot, un sachet de bonbon, du liège et toutes mes nouvelles trouvailles ! En effet, il eu été possible que tout ne rentre pas dans cette petite bouteille. Mais j’ai envie de dire, si ça rentre dans la bouche d’une mouette et dans celle d’un poisson, ça rentre dans la bouteille de Ricqles voyons ! Soyez optimistes !

    Mais il s’est avéré que je n’avais sur moi qu’une bouteille de rosé (la mode locale) et une bouteille de Grim (la tristesse de la bière là-bas). Donc pas de quoi mettre mes trouvailles à l’abri.

    Du coup, afin d’éviter toute déconfiture, j’évitais au maximum les touristes : plage le matin à 10h avant le bain de foule et plage le soir à partir de 18h, pour les mêmes raisons. Rappelons-le, je n’étais pas un touriste comme les autres. Ni vraiment local, ni vraiment touriste, j’étais un hybride : le touriste local, comme ces gens qui vont depuis 20 ans dans le même camping, mais pour moi en dix fois moins.

    Je perdais peu à peu mes habitudes d’atlantiquien avec mes plages de 10 000 km de long et mes marées. Ici, dans le sud, plus t’es près de la mer, mieux tu te portes ! J’ai mis du temps à comprendre au début. Puis m’est parvenu une légende urbaine. Celle de la course au sac. Pas au sac à patate non, au sac tout court. Il parait que pour jouer, parfois, certains s’amusaient à prendre un sac au hasard sur la plage et à courir avec. Bien entendu, chaque personne attendait du/de la propriétaire du sac une course poursuite. Et donc, par politesse, le/la propriétaire du sac était donc obligé/e de courir après, dans une sorte de trap-trap (chat, pour les nordistes, loup, pour les ouestistes) endiablé. Je n’ai pas eu la chance d’assister à cette tradition, peut-être se perd-elle, ça arrive, mais je n’oserais pas remettre en cause les légendes locales à son sujet.

    Il y a également une légende mondiale, que le monde entier connaît (ça parait logique), très fortement représentée dans le sud de la France. Et cela va de soi vu la proximité des locaux et de la mer.

    J’ai eu la chance d’entrer dans la confidence, grâce à trois locaux, m’ayant emmené dans un endroit tenu tout sauf secret, un temple du consumérisme, mais également un temple sacré pour ce culte, si vous savez où regarder. On y trouvait là-bas bon nombre d’articles pour fausser la vue des touristes. Mais souvenez vous, je n’étais pas un touriste comme les autres. Et grâce à mon hybridité, je pouvais distinguer ce qu’eux ne voyaient pas : le culte d’Ariel ! Non, pas Ariel la lessive, Ariel la sirène ! Oui, comme dans Disney ! Même si nous savons de sources sûres que ce bon vieux Walt n’avait rien inventé, puisque Ulysse en avait déjà croisées lorsqu’il était en régate.

    Mais dans le sud, le culte d’Ariel revêt une toute autre forme. Si dans le film de Walty, elle rêve de devenir humaine, les sudistes, quant à eux, n’ont qu’une envie, célébrer, comme il se doit, ces femmes poissons.

    sirène

    Alors, quand vient la période de l’été, ces différents temples regorgent de produits leur rappelant que, comme le raconte la légende, un jour, nous serons tous ensevelis par les eaux. Et les plus méritants, les plus fervents, seront récompensés et rejoindront les poissons. Quant aux autres, ils seront noyés et rejoindront les poissons. Mais différemment.

    giphy (2)

  • Alea sud est

    Alea sud est

    Cet été, je suis allé dans le sud. J’ai enfin pu, après 3 ans sans, me baigner à la plage. Ca peut paraître futile comme ça mais ça fait énormément de bien.

    Et vous voulez savoir ce qui est le plus génial dans le sud ? Parce que oui, il fait beau et il fait chaud, mais ce n’est pas le plus formidable. Non au contraire, ça, c’est presque le pire. Parce que les moustiques là-bas sont gorgés de soleil et donc radioactifs. Clairement ! Je ne sais même pas le nombre de fois où je me suis fait piquer. J’étais un buffet chaud à volonté pour ces saloperis volantes. Et vas-y que j’te pique le mollet, et vas-y que j’goûte de la cuisse. Et puis je vais bien reprendre un peu de cheville aussi, elle était goûtue hier. Et bah j’espère les avoir bien contaminé avec mon sang de nordiste. Ca a dû les refroidir de suite. A moins qu’ils aient aimé ça. J’étais le glaçon dans leur mojito. Ce qui pourrait expliquer mes milliers (pas marseillais pour un sous) de piqûres.

    Et qui dit moustiques transgéniques dit piqûres transgéniques. Et qui dit piqûres transgéniques dit boutons transgéniques. Et qui dit boutons transgéniques dit envies de se gratter transgéniques. Je pourrais continuer comme ça longtemps pour vous faire comprendre à quel point c’était horrible ! Mais je vais m’arrêter là sinon je sens que je vais avoir des crises d’urticaire. D’ailleurs c’est surement psychologique mais ça y’est, ça me gratte.

    Revenons en à nos moutons. C’est-à-dire à la chose la plus formidable du sud. Moi, en espadrilles et chapeau de paille.

    FIN

    Non, je déconne. La chose la plus formidable est que j’ai pu me baigner à la plage sans avoir à chercher un point de repère. Et là vous vous demandez surement de quoi je veux parler. Enfin pas tous. Car comme moi, certains de vous possèdent cette malédiction, le punctum remotum – 5m. Alors, comme ça, ça parait bidon et complètement inventé. Mais pas du tout. Enfin…pas tout.

    Pour les plus intelligents (ou pour ceux qui ont cherché sur notre ami G.), vous avez reconnu que je parlais de myopie. Cette maladie dont on ne peut difficilement échapper. Imaginez que moi, avec mes deux parents myopes, j’avais une chance sur deux d’être myope.

    Personnellement, je ne voulais pas être myope. Car la vie avec la myopie, c’est pas toujours facile. Voire jamais. Quand il pleut, on en a plein les lunettes. Et du coup, on ne voit rien. Quand il fait froid et qu’on rentre dans une pièce chaude, de la buée se met sur les verres. Et du coup, on ne voit rien. Quand il y a un grand soleil, si on a pas de solaires adaptées à notre vue, le soleil nous éblouit. Et du coup, on ne voit rien. Quand on va à la piscine, on ne peut pas mettre nos lunettes. Et du coup, on ne voit rien.

    J’en viens donc à la chose la plus formidable, me baigner sans avoir à chercher un point de repère. Vous avez donc compris que lorsque l’on porte des lunettes pour lutter contre la myopie, c’est toujours difficile de bien voir. Lorsque l’on va à la plage, on est dans la condition où il faut une paire de solaires à sa vue, conjugué au fait que dans l’eau, on ne peut pas prendre ses lunettes. Du coup, en règle générale, quand on est myope, on dépose ses affaires à un point qui est très facilement repérable : alignement avec l’horloge de la plage, alignement avec la maison aux volets jaunes, etc. ATTENTION ! Surtout, ne pas choisir un point de repère humain ! Ils ne sont pas fiables. Imaginez que la femme en maillot de bain jaune à pois violets, qui se voit de loin, ce qui est donc parfait, bouge. Et là, BIM ! Vous êtes foutus, incapables de retrouver votre serviette. Du coup, vous errez, à la recherche de vos biens. Avec le courant qui nous fait dériver dans l’eau, il faut faire super attention.

    C’est pour ça que le sud est si bien. On se baigne dans la mer. Pas dans l’océan. La marée n’est pas ressentie car il n’y a pas de vagues. Du coup quand on nage, on nage droit. Alors il suffit de partir dans l’alignement de ses affaires pour les retrouver. Même sans lunettes !

    C’est beau la vie dans le sud.

    La prochaine fois, on parlera de comment attraper des coups de soleil aux pieds en les mettant dans le sable.