Catégorie : Billets du vide

  • 2013

    Bon, on est loin des films ou des livres de science-fiction dans lesquels le début du XXIème siècle était décrit comme très (trop) futuriste. On est certes allé sur Mars mais on ne peut pas compter Curiosity comme étant un être à proprement parlé terrien. En plus les ingénieurs américains s’amusent à dessiner des choses pas vraiment scientifiques sur Mars. Alors comme expédition martienne on repassera. Nous sommes également très loin des univers apocalyptiques de certaines œuvres comme par exemple Mad Max. Et cela même si pour certains pays le fait que les français descendent manifester dans la rue s’associe au chaos.

    Donc finalement, sans voitures volantes, sans hyper espace, sans martien ou encore sans planète terra formée, 2013 c’est un peu comme 2010 ou 2008.

    Mais en 2013, nous avons tout de même les téléphones portables avec Internet, les satellites, les téléphones satellitaires, le Wi fi, les robots, les micros sans fil. On peut donc dire que même si on est encore loin de ce bon vieux Isaac Asimov ou de Philippe K. Dick, on ne se débrouille pas trop mal.

    Alors pourquoi dans une gare ou un super marché on ne comprend strictement rien quand les gens parlent au micro ? En 2013 ! Franchement, je me pose la question. Je suis sûr que même avec un kit main libre éco + on comprendrait mieux que « frrrrchvvvv kchivrrrrr krchk. » Mais le pire, c’est que c’est toujours la même chose. Le truc plante obligatoirement au moment de l’info importante. « Un enfant de kchrrriiiiiiik frrrrrr chrrrrr centrale. Merci » ou  encore « Mesdames et messieurs, en raison de frrvvvvvrrr fruiiiiiiikrrrr brrrrrrrr vrrrouuuuuu jusqu’à plrrrrrrrk frrrrrrr kchrrrrrvvv. Merci de votre compréhension. ». Et c’est exactement pareil dans les trains à la différence que là ça coupe en plus sans raison « Chers voyageurs, pour cause de krrrchhhh. ».

    A croire que les gens faisant les annonces font exprès pour nous faire chier. C’est limite si avant que ça grésille ils ne vont pas nous dire « je passe sous un tunnel ».

    Ou peut-être qu’ils font partie d’une secte, avec les médecins. La secte du « ce truc est important pour vous mais vous serez incapable de savoir ce que c’est ». Peut-être est-ce encore un coup des illuminatis, allez savoir.

    Et si finalement 2013 c’était bien les voitures volantes, l’hyper espace, les martiens et la terra formation mais que nous n’en savons rien ? Que nous sommes nous mêmes sur une planète terra formée, un petit peu comme dans le livre Spin de Robert Charles Wilson. Ou que nous sommes la fondation. Du coup les livres d’Asimov et de Dick n’avaient rien de futuriste mais juste des œuvres décrivant purement et simplement leur réalité.

  • 1 2 3 4 5 6 7 8 9

    Et voilà que ça me reprend. Encore une fois la folie me gagne. J’étais déjà sorti mal en point de ma folie des « hic ». Je ne sais pas si je résisterai à celle-là.

    Il existe ce que l’on appelle des hommes de lettres. Mais la société nous parle beaucoup moins de leurs compatriotes, les hommes de chiffres. 1 5 8 7. 3 6 9. 4 5 6 7 8. Et mince, voilà que ça recommence. Et si le monde parle moins de ces hommes de chiffres, c’est que derrière eux se cachent un terrible secret. Et ce secret s’appelle la folie numérale. Car oui,  1 6 7 9, 1 2 3 5, 3 5, si les hommes de lettres affectionnent les lettres, les hommes de chiffres apprécient tout particulièrement les chiffres. Et quoi de mieux pour lier passion et travail que le sudoku pour un homme de chiffres ? Seulement, si le sudoku peut paraître anodin pour n’importe lequel d’entre nous, il l’est bien moins pour un homme de chiffres. Car avec le commencement des sudokus, il entame sa descente aux enfers. Et si l’enfer est pavé de bonnes intentions, pour eux, il est pavé de chiffres. La première grille  commencée il est déjà trop tard. La folie numérale s’installe. 5 6 9. 1 4 5. 2 7 8 9.  D’une grille par semaine, le nombre augmente exponentiellement au fur et à mesure des réussites. Petit à petit, le sudoku prend le pas sur le repos. Impossible de trouver le sommeil sans avoir complété 2 grilles de suduko minimum. Le mal guette et rode partout. Chaque moment d’attente et de loisir est asphyxié par le sudoku. Et puis, de jour en jour le mal ronge. On devient enfermé dans une prison dont les barreaux forment des grilles de sudoku dans lesquelles nous comptons les jours de réclusions en remplissant les cases. 1 2 3 4 5 6 7 8 9. 1 2 3 4 5 6 7 8 9. Toujours 1 2 3 4 5 6 7 8 9. Sans faillir 1 2 3 4 5 6 7 8 9. Jusqu’à ce qu’un jour, 1 2 3 4 5.

  • Do²

    Voyez-vous, je ne suis pas quelqu’un d’agressif ou de colérique dans la vie. Mais s’il y a bien quelque chose qui me met hors de moi, qui me ferait être une mauvaise porte (parce que je sors de mes gonds -vous n’y avez pas échappé à celle-la-), ce sont les gens qui ronflent. Si bien que j’ai une théorie expliquant que les tueurs sont simplement des gens qui voulaient profiter d’une bonne nuit de sommeil et qui n’y ont jamais eu droit. C’est vrai après tout, je ne sais pas pour vous mais pour moi, quand quelqu’un ronfle, il m’est impossible de dormir. Vous me direz, “il te suffit de mettre des boules quies.” Seulement non car boule quies rime pour moi avec concert, et dormant le bras sous mon oreille, ce serait très inconfortable.

    Peut-être que les gens qui ronflent ne sont simplement que des gros chieurs. Mécontents de faire chier le jour, ils décident de faire chier la nuit. Parce que c’est bien connu, il est plus facile de ronfler lorsque l’on est sur le dos. Alors pourquoi ces gens là s’obstinent-ils à dormir sur le dos si ce n’est pour nous faire chier ? Moi par exemple, je dors sur le côté ou sur le ventre de 3/4. Du coup, je ne ronfle pas. Parce que je sais à quel point c’est horrible. Je suis un bon compagnon de lit (n‘y voyez aucun message sous-entendu en ce jour d’après la saint Valentin). A tel point que parfois quand je m’endors et que  j’entends que je fais un micro ronflement et je me réveille tout de suite en sursaut, plus désorienté que jamais, en me demandant si je me connais bien même après toutes ses années, en mode psychose “Button, button” de Richard Matheson.

    Il paraîtrait également que plus on vieillit, plus on a tendance à ronfler. Alors je me dis que le jour où je ronflerai, j’aurai passé un cap dans ma vie. Exactement comme le jour où j’aimerai le café. Je serai introduit dans une nouvelle caste. Et à ce moment là, j’aurai mon diplôme de ronfleur. Cependant, je ne serai que ronfleur de niveau 1. Et oui, je n’aurai le droit qu’à un seul type de ronflement, le célèbre “roooooon”. Et au fur et à mesure que je gagnerai de l’expérience dans le ronflement, je pourrai débloquer d’autres bruits, comme le “ron pchiiiiii” ou encore le “ron on on on” ou bien le ” rooooon ouiiiii ooooooonnn ouiiiii”. Et un jour, quand le moment sera venu, après avoir passé mes katas de ronfleur devant mes pairs et mes aînés, mon mentor me décernera la ceinture noire du ronfleur. Mais ça, ce sera le jour où j’aurai maîtrisé toutes les techniques différentes de ronflement et en toutes circonstances. Mais quand ce jour sera arrivé, je porterai haut et fort les décibels du ronflement.

    En attendant je rêve, ou plutôt j’essaie de rêver, en étant bercé par le doux bruit des ronflements de mon frère qui me poussent de plus en plus vers un abîme sans fond où seule cette voix dans ma tête règne, 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13…

  • La petite souris

    La semaine dernière, je suis allé chez le dentiste pour qu’il s’occupe enfin de ma dent qui est cassée depuis déjà plusieurs mois. Cela faisait 8 ans que je n’y avais pas mis les pieds. Je sais, ce n’est pas très bien. Mais malgré ça, j’ai affronté ce qu’on pourrait appeler la terreur des enfants sans la moindre appréhension. Enfin, en toute franchise, je dois avouer que j’avais quand même un peu peur. Mais pour ma défense, mes 4 dents de sagesse avaient poussées, et la dernière fois que j’ai eu une dent réparée j’ai fait une infection. Du coup c’est compréhensible.

    Arrivée là bas à 8h20, mon bourreau est là pour m’accueillir. Mais pour faire durer le plaisir, il me fait patienter dans la salle d’attente. Sans même avoir le temps de voir des photos de chiens sauter dans une piscine, il revient déjà à l’assaut. Après avoir essayé de le divertir en faisant exprès de me tromper de bureau, il me dirige vers la salle de torture. A peine arrivé je vois déjà le fauteuil, qui ressemble étrangement à celui présent dans Sweeny Todd, dans lequel je vais devoir passer la prochaine heure.

    Obligé, je m’assois donc dessus et découvre que mon dentiste et sa diabolique assistante sont tous deux revêtus des lunettes pour les protéger des éclaboussures de sang et un masque, sûrement pour cacher leurs crocs ou la salive qui dégouline de leur bouche. Après l’équipement enfilé, mon dentiste effectue le geste mondialement connu du liquide qui sort de la seringue. Une fois cette scène des plus rassurantes vue, il me demande de me détendre car il va me piquer. Dieu seul sait ce qu’il m’injecte, et lui bien sûr. Peu à peu, je perds la sensibilité de mon côté droit.

    Et c’est à ce moment que le défilé des forets et des fraises commence. Vrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr. Brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr. Vbrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr. Bvrrrrrrrrrrrrrr. Tout y passe. Ma bouche se transforme alors en usine de montage où les instruments se suivent et ne se ressemblent pas. Enfin si mais je ne peux pas changer un dicton.

    Mon dentiste me demande si tout va bien et attend une réponse. Tant bien que mal, je m’essaie, la bouche grande ouverte, un aspirateur dyson dans la bouche et une perceuse dans la gencive. Seul bruit qui en sort “euh” qu’il assimile à un oui.

    Et c’est au bout d’une heure que je peux finalement fermer la bouche. Le côté droit du visage toujours paralysé, je peux me lever et parler normalement. Enfin par normalement j’entends parler en ne bougeant que le côté gauche de la bouche. J’ai alors l’impression d’être Tom Cruise dans Minority Report lorsqu’il change de tête pour entrer dans le centre afin d’atteindre les précog.

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    Oui exactement, j’avais l’impression de ressembler à ça. Et comme explication j’ai eu “Oh bah normal, j’y suis pas allé de main morte avec l’anesthésiant.” Et bien me voilà rassuré. L’effet n’aura duré que 3h.

    Mais je vous rassure, tout va bien maintenant, même avec du plâtre dans la bouche.

  • 19 minutes

    Hier j’ai pris le train pour rentrer à Clisson de Nantes. Le trajet dure seulement 19 minutes. Oui, “seulement”. Car il faut avouer que 19 minutes dans toute une vie, ce n’est franchement pas grand chose. Et pour autant, j’en ai vécu des choses.

    J’ai pu vivre quelques instants avec des inconnus qui avaient eu un transport avec 15 minutes de retard et ont donc dû courir pour attraper le TER. Le couple d’une cinquantaine d’années à donc appeler en criant les gens chez qui ils allaient pour les prévenir. Parce que oui, si on ne crie pas, les gens n’entendront pas à cause de la distance.

    J’ai également pu apercevoir un vieillissement d’une trentaine d’années. En effet, l’homme reprenant son vélo avait pris 30 ans depuis qu’il l’avait posé. Certes, j’avais mal regardé mais tout de même, ça surprend sacrément.

    J’ai revu une connaissance que je n’avais pas vu depuis 4 ans.

    Et j’ai aussi pu aller dans un célèbre hôtel du Colorado, l’Overlook, pour faire connaissance avec la famille Torrance.

    Alors finalement vous voyez, après un voyage temporel, un voyage spatial, vivre la vie d’inconnus et replonger dans mon passé, on se dit qu’en 19 minutes, il peut s’en passer des choses.

  • Bolo

    Je viens de manger des spaghettis bolognaise. Oui ma vie est passionnante mais attendez, ce n’est pas le plus palpitant. Tout était fait maison, même les boulettes de viande. Et je peux vous dire que c’étaient des sacrées boulettes. Le genre de boulettes qu’on aimerait pas se prendre sur la tête. Et oui, j’ai fait tout ça pour parvenir à une magnifique transition avec le film “Tempête de boulettes géantes”. Même si cet article n’est pas pour vous parler de ce film, je tiens à dire qu’il est super. Et si vous l’avez aimé, une suite est programmée. Il y a des restes et les gens en redemandent.

    Mais plus sérieusement, vous avez dû remarquer à quel point manger des spaghettis bolo est un challenge. Tout particulièrement quand vous êtes habillé en blanc. Quand j’ai appris qu’on allait manger ce plat, j’ai tout de suite regardé mon T-shirt pour savoir si j’allais en être capable ou pas. Manque de pot, T-shirt beige. Mais vous savez quoi ? J’ai relevé le défi. Tout simplement parce que changer de vêtement avant de manger ça fait bizarre et parce que maintenant je suis un grand garçon. Je n’ai plus de bavoir, maman ne me coupe plus ma viande et je fais du vélo sans les petites roues. Il y a des moments comme ça dans la vie où on est à un tournant de notre existence. Mon moment était venue et j’allais l’accueillir la bouche ouverte, ma serviette dans son holster prête à être dégainée. Et fier descendant de Lucky Luke, je l’ai dégainée une multitude de fois plus vite que mon ombre. Et j’ai alors remarqué, au fur et à mesure que je m’essuyais la bouche que ma serviette se transformait peu à peu en test de Rorschach. Vous savez, ce test où vous devez dire ce que vous voyez dans une tâche d’encre. Si ce n’est qu’à la place de la tâche d’encre, ce sont des tâches de sauces.

    rorschach

    Et bien après analyse de ma serviette, la seule chose que j’ai vue, c’est que j’ai bien mangé et proprement en plus. Allez savoir ce qu’un psy en déduirait.