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Vincent
Son sang ne fit qu’un tour. Il venait de découvrir une chose sensationnelle. Jamais auparavant il n’avait éprouvé une telle sensation. Mais son fardeau ne faisait que commencer avec cet appétit naissant.
Et le prochain passant allait malheureusement pour lui le découvrir. Il le suivit dans le hall d’un bâtiment et attendit l’ascenseur à ses côtés. C’est avec la force d’un centaure qu’il lui sauta dessus. En à peine 10 secondes, le centurion sur son T shirt se couvrit de rouge. Quelques minutes plus tard, il sortit sans gêne de la cabine, euphorique.
Mais plus jamais il n’aurait le sang chaud. De sans peur et sans reproche il passa à sans foi ni loi.
Désormais centenaire, cet être pourtant si sensible de son vivant se consacrait maintenant à 100% à sa soif sempiternelle.
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Stopman
Je viens de trouver cet article qui traînait dans un placard de mes brouillons virtuels. Et en le lisant, je me suis demandé pourquoi je n’avais pas voulu le poster à l’époque. Je remédie donc à cette bévue.
Depuis quelques temps (environ 3 jours) je recevais des sms promolive sfr. Pas que je ne sois pas intéressé par les super promotions sur le champagne à Monoprix mais bon, le 24 je serai tout seul. Non ne pleurez pas (vous avez toujours de beaux yeux), je serai en famille le week end du 28. Du coup, afin de faire cesser ces réceptions impromptues non désirées, je me suis renseigné sur Google, fidèle ami de tous les chercheurs en quête de réponses.
Après une recherche pour le moins claire (« arrêter promolive sfr ») je suis tombé sur un forum. Apparemment, pour arrêter tous ces messages indésirables, il suffit d’envoyer le mot « STOP ». Oui en majuscule. Ça doit être pour montrer l’exaspération de recevoir de tels messages sans en avoir donné l’autorisation. Je n’étais pas « opt in » Messieurs !!
Du coup, ni une ni deux, je me saisis de mon smartphone pour envoyer ce fameux message. Et ô joie. Quelle magie. Deux secondes plus tard je reçois un message me notifiant que je suis désinscrit et que je n’aurai plus de soucis. Alors bon, on critique car c’est chiant de recevoir ce type de message. Mais finalement, c’est super simple de les arrêter. On ne peut pas en dire autant pour le reste.
Imaginez si tout était si simple. STOP les impôts. STOP le prêt étudiant. Oh que la vie serait géniale. Du coup, je laisse tomber la vitesse de la lumière, la super force, le pouvoir de voler et tout autre super pouvoir. Moi je veux le pouvoir du stop. Je serais Stopman.
« Au secours au secours, ma maison est en feu ». Le stop signal se dresserait dans les airs. « Ne craignez rien madame, je suis là. » « Oh c’est vous Stopman. Aidez moi à sauver ma maison des flammes. » « Pas de soucis gente dame. STOP l’incendie. » Et voilà comment je sauverais des vies et des villes.
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De but en blanc
Il n’y a pas longtemps j’ai entendu l’expression « On mange aussi avec les yeux. » A 23 ans, j’apprenais tout juste ça. Moi qui depuis le début mangeais avec la bouche, je me suis dit qu’on m’avait bien menti depuis mon enfance. Alors j’ai décidé de me venger de suite de cette supercherie et j’ai commandé des sushis. Comme d’habitude, j’ai trempé un maki dans la sauce sucré, y ai ajouté un peu de wasabi. Puis hop, dans les yeux. Enfin l’oeil droit. Et oui, je suis droitier. Et que ne fut pas ma surprise en apercevant que mon oeil s’est mis à pleurer toutes les larmes de son corps. Tant de souffrance. Une fois de plus, je m’étais fait avoir par une de ces satanées expressions. Moi qui m’étais déjà juré qu’on ne m’y reprendrait plus.
La dernière fois, c’était quand j’étais plus petit, dans un magasin de bricolage. Mes parents m’avaient dit « Tu touches avec les yeux. » Je n’ai du coup pas compris pourquoi, avant que je ne puisse toucher une fourche, ils m’ont tout deux sauté dessus afin de me retenir.
Plus sérieusement. Quand on y pense, les expressions françaises, il n’y a rien de plus bête. Prenons un exemple concret. Les expressions « Jamais deux sans trois. » et « La troisième c’est la bonne. » Analysons-les maintenant. La première nous laisse supposer qu’un troisième essai aura la même finalité que les deux premiers. Quant à la deuxième expression, elle laisse entendre une réussite après deux échecs. Hors, si nous nous référons à la première expression, la troisième tentative devrait elle aussi être un échec. En gros, aucune logique. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. En voilà un deuxième dans le lequel on se retrouve dans le même style de configuration. Avec les deux expressions suivantes, « Qui se ressemble s’assemble. » et « Les opposés s’attirent. » D’un côté je serai avec une personne car elle me ressemble, et d’un autre côté je serai avec une personne complètement différente de moi car on s’attire, comme les pôles négatif et positif d’un aimant. Une fois de plus, grâce aux expressions de la langue française, je peux dire ce qui m’arrange.
Prenons maintenant deux nouvelles expressions. « J’ai la pêche. » et « J’ai la patate. » Ces deux expressions veulent dire exactement la même chose et pourtant dans une on y parle de patate et dans l’autre de pêche. Je ne sais pas vous, mais perso je ne vois pas la ressemblance entre une pêche et une patate. Donc pourquoi ? Existe-t-il un Monsieur Patate et un Monsieur Pêche qui se batte depuis des années ? Ses expressions sont-elles alors le reflet d’une querelle centenaire ? L’utilisation de l’une ou de l’autre vous fera-t-elle alors appartenir à l’un ou l’autre camp ? C’est plutôt une vision manichéenne de la pêche et de la patate. Sinon l’expression avec la patate est pour les gens qui préfèrent le salé et celle avec la pêche pour ceux préférant le sucré. Je vous vois venir. Vous allez me parler de la patate douce qui est sucré, malins comme vous êtes. Mais l’expression est « J’ai la patate. » et non « J’ai la patate douce. » Et toc ! Vous ne casserez pas mon raisonnement. A moins que l’on compare la patate douce au fait d’avoir une petite forme. Une petite pêche quoi. Mais là n’est pas la question.
Ce qui nous amène à ces expressions comportant des fruits. Un jour, une amie qui parlait avec des collègues anglais essayait d’expliquer certaines expressions françaises. Essayez d’expliquer pourquoi dit-on « Tomber dans les pommes. » Et essayez aussi de le traduire : « Fall in apples. » Tentez le coup maintenant avec l’expression « Avoir la banane. » Vous vous voyez dire à quelqu’un « Oh, you’ve got the banana. » Je pense que l’accueil de cette phrase par votre comparse sera mi figue mi raisin. Voilà, je viens d’utiliser une expression pour définir une expression. La boucle est bouclée.
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ça suffruits
Aujourd’hui je reprends les armes pour dénoncer une injustice. Et sachez que je ne vais pas y aller par quatre chemins. Ah ça non. Je vais balancer et ça va faire mal. Et oui Messieurs Yoplait et Danone, je n’ai pas peur de donner des noms (mais rassurez-vous, vous n’êtes pas les seuls). Je vais vous secouer l’opercule moi. Oui nous allons parler yaourt, car nous sommes des milliers à subir vos vilenies. Expliquez-moi Messieurs pourquoi ce sont toujours les yaourts que l’on aime le moins qui sont en plus grandes quantités ?
Et oui, dans un pack de 16 yaourts, les quantités des yaourts ne sont pas les mêmes. BIM ! ça nous tombe dessus, on a toujours plus de pêches, d’abricots ou de cerises. Et ça ce n’est jamais indiqué sur le packaging. Alors on se retrouve avec des goûts qu’on aime pas. Et qu’est-ce qu’on fait de ceux-là ? Parce que moi je les refourgue gentiment à mon papy qui n’a plus toutes ses papilles. Mais pour les autres ? Hein ? Vous faites quoi pour eux Messieurs Danone et Yoplait ? Non parce que bon, quand on achète des yaourts, on aimerait bien pouvoir tous les manger. Je vais prendre un exemple concret pour illustrer. J’achète une bibliothèque mais je ne me sers pas d’un étage. Plutôt bête. Et bien c’est pourtant ce qu’il se passe avec vos packs de yaourts. Du coup vous me mettez la pression. Je vais devoir trouver une copine avec qui me mettre en concubinage qui aime les yaourts que je n’aime pas. Sinon on va se retrouver avec des étagères de bibliothèques vides et des livres qui traînent et pourrissent par terre. Alors imaginez un peu la situation lors d’une future rencontre : « Bonjour, je m’appelle Barthélémy. Euh. Hum. Avant toute chose, je préfère te poser la question maintenant plutôt que m’attacher à toi pour ensuite me faire briser le coeur. Est-ce que tu aimes les yaourts avec des morceaux de cerises, de pêches et d’abricots ? » Non parce que là, même sur Attractive World, un, je cite, « site de célibataires exigeants », je ne suis pas sûr de trouver. Vais-je devoir créer mon propre site de rencontre par affinités yaourtales ? Et créer par là-même un néologisme, reflet de notre société actuelle ? On trouverait des annonces comme : « Jeune homme de 24 ans n’aimant pas les yaourts saveurs pêche, cerise et abricot cherche jeune femme capable de vider ces yaourts de son frigo ». Mais attendez, le pire est à venir.
Vous nous appâter avec vos jolies images sur le packaging. Mais les fruits à l’intérieur, ils n’ont pas du tout cette tête là. On dirait plutôt des fruits confits déconfits. Ils sont tout ratatinés sur eux comme s’ils avaient eux-mêmes hontes de leur état. – Je ne savais pas qu’une pêche pouvait se mettre en position fœtale. Merci pour cette grande découverte. – Et encore, ça c’est quand on a des fruits. Parce que parfois, les fruits, faut les chercher. Par exemple, dans mon yaourt aux mûres, je sens plus les pépins que le reste. Encore heureux que j’ai grandi et que je ne crois plus que les pépins avaler vont germer et devenir des mûriers. – Je salue en passant les hypocondriaques. – Donc un yaourt croquant sans trop de goût, bof. C’est limite comme si je ne trouvais que des noyaux dans mon yaourt aux cerises. Pratique pour faire la mitraillette sur ses potes, moins pour apprécier ce que l’on mange.
Alors je vous vois venir. Pourquoi dans ce cas là ne pas prendre des yaourts sans morceau ? Et oui, pas de morceau, pas de problème. Et bien si je pouvais, je le ferais. Mais papy, lui, il préfère avec morceaux. Je ne comprends pas pourquoi. Il ne doit pas trop aimer le goût du 2-méthyle de buténylethanoate, molécule synthétique purement artificielle. Ralala, quelle idée aussi de faire son difficile. Finalement je devrais écouter mon oncle et ne manger que du quinoa de Bolivie issu du commerce équitable car le lait, c’est le mal, les yaourts, c’est le mal, les fruits qui ne viennent pas du jardin, c’est le mal, et le mac do n’en parlons pas, c’est Lucifer qui s’invite chez nous. Finalement en suivant ses préceptes c’est facile : pour bien manger, ne mange rien.
Bon sur ce je vous laisse, j’ai ma compote Andros qui m’attend puis j’ai rendez-vous à Biocoop pour une réunion sur les ravages des sauterelles sur les plan de quinoa en Bolivie. Un désastre.
Et par hasard, si une bolivienne cultivant le quinoa qui aime les yaourts à la pêche, à la cerise et à l’abricot et qui serait intéressée par la production de yaourt au quinoa tombe sur cet article, tu peux me laisser tes coordonnées en commentaire.