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  • Tic tac tac tac tac

    Hier soir je dormais dans le salon de mon grand-père car je m’étais fait virer de ma chambre, normal.

    Et je ne sais pas si vous avez remarqué mais nos grands-parents ont tous mille horloges (non je ne suis pas marseillais). Mais après tout c’est bien normal, ils ont un planning très serré. 14h la sieste, 15h10 Navarro, 16h10 des chiffres et des lettres, 16h55 Mac Gyver, 18h10 questions pour un champion. Un programme millimétré qui nécessite donc le besoin de pouvoir voir l’heure à tout moment dans n’importe quelle situation.

    Mais le pire, c’est que bien souvent, les horloges qu’ils possèdent sont le genre qui fait légèrement du bruit, très légèrement. Du genre à sonner tous les quarts d’heure et une fois de plus pour signaler s’il est 15, 30 ou 45. Du genre aussi à sonner un certain nombre de coup en fonction de l’heure, midi et minuit étant les moments les plus propices. Mais il y a également celle qui ne sonne que les 30 minutes, moins chiante que la première citée. Mais pour mieux profiter, ces 2 coucous ne sont pas à la même heure, il y en a toujours un en avance sur l’autre histoire de jouir encore plus de ce moment. Forcément. Et puis il y a aussi obligatoirement une horloge pour qui la trotteuse trotte bien plus vite, sans raison puisqu’elle avance à la même vitesse que les autres. Peut-être juste pour emmerder son monde.

    Du coup chaque bruit de trotteuse me fait l’effet d’une mitraillette et chaque sonnerie l’effet d’une bombe ayant pour objectif l’annihilation totale de mon sommeil.

    Alors maintenant je comprends bien mieux la méchanceté du capitaine Crochet. Capi, t’étais un incompris mais dorénavant tu n’es plus seul. Si seulement ce gosse de 50 ans avec son nom de lapin avait vécu ce que toi tu as vécu. Respect bro.

  • 2013

    Bon, on est loin des films ou des livres de science-fiction dans lesquels le début du XXIème siècle était décrit comme très (trop) futuriste. On est certes allé sur Mars mais on ne peut pas compter Curiosity comme étant un être à proprement parlé terrien. En plus les ingénieurs américains s’amusent à dessiner des choses pas vraiment scientifiques sur Mars. Alors comme expédition martienne on repassera. Nous sommes également très loin des univers apocalyptiques de certaines œuvres comme par exemple Mad Max. Et cela même si pour certains pays le fait que les français descendent manifester dans la rue s’associe au chaos.

    Donc finalement, sans voitures volantes, sans hyper espace, sans martien ou encore sans planète terra formée, 2013 c’est un peu comme 2010 ou 2008.

    Mais en 2013, nous avons tout de même les téléphones portables avec Internet, les satellites, les téléphones satellitaires, le Wi fi, les robots, les micros sans fil. On peut donc dire que même si on est encore loin de ce bon vieux Isaac Asimov ou de Philippe K. Dick, on ne se débrouille pas trop mal.

    Alors pourquoi dans une gare ou un super marché on ne comprend strictement rien quand les gens parlent au micro ? En 2013 ! Franchement, je me pose la question. Je suis sûr que même avec un kit main libre éco + on comprendrait mieux que « frrrrchvvvv kchivrrrrr krchk. » Mais le pire, c’est que c’est toujours la même chose. Le truc plante obligatoirement au moment de l’info importante. « Un enfant de kchrrriiiiiiik frrrrrr chrrrrr centrale. Merci » ou  encore « Mesdames et messieurs, en raison de frrvvvvvrrr fruiiiiiiikrrrr brrrrrrrr vrrrouuuuuu jusqu’à plrrrrrrrk frrrrrrr kchrrrrrvvv. Merci de votre compréhension. ». Et c’est exactement pareil dans les trains à la différence que là ça coupe en plus sans raison « Chers voyageurs, pour cause de krrrchhhh. ».

    A croire que les gens faisant les annonces font exprès pour nous faire chier. C’est limite si avant que ça grésille ils ne vont pas nous dire « je passe sous un tunnel ».

    Ou peut-être qu’ils font partie d’une secte, avec les médecins. La secte du « ce truc est important pour vous mais vous serez incapable de savoir ce que c’est ». Peut-être est-ce encore un coup des illuminatis, allez savoir.

    Et si finalement 2013 c’était bien les voitures volantes, l’hyper espace, les martiens et la terra formation mais que nous n’en savons rien ? Que nous sommes nous mêmes sur une planète terra formée, un petit peu comme dans le livre Spin de Robert Charles Wilson. Ou que nous sommes la fondation. Du coup les livres d’Asimov et de Dick n’avaient rien de futuriste mais juste des œuvres décrivant purement et simplement leur réalité.

  • 1 2 3 4 5 6 7 8 9

    Et voilà que ça me reprend. Encore une fois la folie me gagne. J’étais déjà sorti mal en point de ma folie des « hic ». Je ne sais pas si je résisterai à celle-là.

    Il existe ce que l’on appelle des hommes de lettres. Mais la société nous parle beaucoup moins de leurs compatriotes, les hommes de chiffres. 1 5 8 7. 3 6 9. 4 5 6 7 8. Et mince, voilà que ça recommence. Et si le monde parle moins de ces hommes de chiffres, c’est que derrière eux se cachent un terrible secret. Et ce secret s’appelle la folie numérale. Car oui,  1 6 7 9, 1 2 3 5, 3 5, si les hommes de lettres affectionnent les lettres, les hommes de chiffres apprécient tout particulièrement les chiffres. Et quoi de mieux pour lier passion et travail que le sudoku pour un homme de chiffres ? Seulement, si le sudoku peut paraître anodin pour n’importe lequel d’entre nous, il l’est bien moins pour un homme de chiffres. Car avec le commencement des sudokus, il entame sa descente aux enfers. Et si l’enfer est pavé de bonnes intentions, pour eux, il est pavé de chiffres. La première grille  commencée il est déjà trop tard. La folie numérale s’installe. 5 6 9. 1 4 5. 2 7 8 9.  D’une grille par semaine, le nombre augmente exponentiellement au fur et à mesure des réussites. Petit à petit, le sudoku prend le pas sur le repos. Impossible de trouver le sommeil sans avoir complété 2 grilles de suduko minimum. Le mal guette et rode partout. Chaque moment d’attente et de loisir est asphyxié par le sudoku. Et puis, de jour en jour le mal ronge. On devient enfermé dans une prison dont les barreaux forment des grilles de sudoku dans lesquelles nous comptons les jours de réclusions en remplissant les cases. 1 2 3 4 5 6 7 8 9. 1 2 3 4 5 6 7 8 9. Toujours 1 2 3 4 5 6 7 8 9. Sans faillir 1 2 3 4 5 6 7 8 9. Jusqu’à ce qu’un jour, 1 2 3 4 5.

  • Anatomie de la discorde

    Oeil pour oeil dent pour dent. Tu m’as tapé dans l’oeil je vais te taper dans les dents. Je vais en venir aux mains tu ne vas pas en croire tes yeux. Tu auras beau me faire les gros yeux ou les yeux doux ça ne me fera pas changer d’un cil. Et finalement, sans sourciller, tu prendras tes jambes à ton cou avant que ça ne te coûte un bras ou la peau des fesses.

  • Do²

    Voyez-vous, je ne suis pas quelqu’un d’agressif ou de colérique dans la vie. Mais s’il y a bien quelque chose qui me met hors de moi, qui me ferait être une mauvaise porte (parce que je sors de mes gonds -vous n’y avez pas échappé à celle-la-), ce sont les gens qui ronflent. Si bien que j’ai une théorie expliquant que les tueurs sont simplement des gens qui voulaient profiter d’une bonne nuit de sommeil et qui n’y ont jamais eu droit. C’est vrai après tout, je ne sais pas pour vous mais pour moi, quand quelqu’un ronfle, il m’est impossible de dormir. Vous me direz, “il te suffit de mettre des boules quies.” Seulement non car boule quies rime pour moi avec concert, et dormant le bras sous mon oreille, ce serait très inconfortable.

    Peut-être que les gens qui ronflent ne sont simplement que des gros chieurs. Mécontents de faire chier le jour, ils décident de faire chier la nuit. Parce que c’est bien connu, il est plus facile de ronfler lorsque l’on est sur le dos. Alors pourquoi ces gens là s’obstinent-ils à dormir sur le dos si ce n’est pour nous faire chier ? Moi par exemple, je dors sur le côté ou sur le ventre de 3/4. Du coup, je ne ronfle pas. Parce que je sais à quel point c’est horrible. Je suis un bon compagnon de lit (n‘y voyez aucun message sous-entendu en ce jour d’après la saint Valentin). A tel point que parfois quand je m’endors et que  j’entends que je fais un micro ronflement et je me réveille tout de suite en sursaut, plus désorienté que jamais, en me demandant si je me connais bien même après toutes ses années, en mode psychose “Button, button” de Richard Matheson.

    Il paraîtrait également que plus on vieillit, plus on a tendance à ronfler. Alors je me dis que le jour où je ronflerai, j’aurai passé un cap dans ma vie. Exactement comme le jour où j’aimerai le café. Je serai introduit dans une nouvelle caste. Et à ce moment là, j’aurai mon diplôme de ronfleur. Cependant, je ne serai que ronfleur de niveau 1. Et oui, je n’aurai le droit qu’à un seul type de ronflement, le célèbre “roooooon”. Et au fur et à mesure que je gagnerai de l’expérience dans le ronflement, je pourrai débloquer d’autres bruits, comme le “ron pchiiiiii” ou encore le “ron on on on” ou bien le ” rooooon ouiiiii ooooooonnn ouiiiii”. Et un jour, quand le moment sera venu, après avoir passé mes katas de ronfleur devant mes pairs et mes aînés, mon mentor me décernera la ceinture noire du ronfleur. Mais ça, ce sera le jour où j’aurai maîtrisé toutes les techniques différentes de ronflement et en toutes circonstances. Mais quand ce jour sera arrivé, je porterai haut et fort les décibels du ronflement.

    En attendant je rêve, ou plutôt j’essaie de rêver, en étant bercé par le doux bruit des ronflements de mon frère qui me poussent de plus en plus vers un abîme sans fond où seule cette voix dans ma tête règne, 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13…

  • La petite souris

    La semaine dernière, je suis allé chez le dentiste pour qu’il s’occupe enfin de ma dent qui est cassée depuis déjà plusieurs mois. Cela faisait 8 ans que je n’y avais pas mis les pieds. Je sais, ce n’est pas très bien. Mais malgré ça, j’ai affronté ce qu’on pourrait appeler la terreur des enfants sans la moindre appréhension. Enfin, en toute franchise, je dois avouer que j’avais quand même un peu peur. Mais pour ma défense, mes 4 dents de sagesse avaient poussées, et la dernière fois que j’ai eu une dent réparée j’ai fait une infection. Du coup c’est compréhensible.

    Arrivée là bas à 8h20, mon bourreau est là pour m’accueillir. Mais pour faire durer le plaisir, il me fait patienter dans la salle d’attente. Sans même avoir le temps de voir des photos de chiens sauter dans une piscine, il revient déjà à l’assaut. Après avoir essayé de le divertir en faisant exprès de me tromper de bureau, il me dirige vers la salle de torture. A peine arrivé je vois déjà le fauteuil, qui ressemble étrangement à celui présent dans Sweeny Todd, dans lequel je vais devoir passer la prochaine heure.

    Obligé, je m’assois donc dessus et découvre que mon dentiste et sa diabolique assistante sont tous deux revêtus des lunettes pour les protéger des éclaboussures de sang et un masque, sûrement pour cacher leurs crocs ou la salive qui dégouline de leur bouche. Après l’équipement enfilé, mon dentiste effectue le geste mondialement connu du liquide qui sort de la seringue. Une fois cette scène des plus rassurantes vue, il me demande de me détendre car il va me piquer. Dieu seul sait ce qu’il m’injecte, et lui bien sûr. Peu à peu, je perds la sensibilité de mon côté droit.

    Et c’est à ce moment que le défilé des forets et des fraises commence. Vrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr. Brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr. Vbrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr. Bvrrrrrrrrrrrrrr. Tout y passe. Ma bouche se transforme alors en usine de montage où les instruments se suivent et ne se ressemblent pas. Enfin si mais je ne peux pas changer un dicton.

    Mon dentiste me demande si tout va bien et attend une réponse. Tant bien que mal, je m’essaie, la bouche grande ouverte, un aspirateur dyson dans la bouche et une perceuse dans la gencive. Seul bruit qui en sort “euh” qu’il assimile à un oui.

    Et c’est au bout d’une heure que je peux finalement fermer la bouche. Le côté droit du visage toujours paralysé, je peux me lever et parler normalement. Enfin par normalement j’entends parler en ne bougeant que le côté gauche de la bouche. J’ai alors l’impression d’être Tom Cruise dans Minority Report lorsqu’il change de tête pour entrer dans le centre afin d’atteindre les précog.

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    Oui exactement, j’avais l’impression de ressembler à ça. Et comme explication j’ai eu “Oh bah normal, j’y suis pas allé de main morte avec l’anesthésiant.” Et bien me voilà rassuré. L’effet n’aura duré que 3h.

    Mais je vous rassure, tout va bien maintenant, même avec du plâtre dans la bouche.