Tout dâabord, Monsieur Francis Rawdon Moira Crozier, je vous salue. Je ne vous ai pas connu mais je suis sĂ»r que vous Ă©tiez un chic type.
XIXĂšme siĂšcle. 1845 pour ĂȘtre prĂ©cis. Le 19 mai 1845. LâexpĂ©dition de Sir John Franklin quitte lâAngleterre avec le HMS Erebus et le HMS Terror, commandĂ©s respectivement par James Fitzjames et Francis Crozier. Ă leur bord, 129 hommes prĂȘts Ă enfin trouver le passage du nord-ouest, au nord du Canada, dans lâenfer blanc, lĂ oĂč aucun homme ne peut vivre.
Et pourtant, tous savent quâils vont y passer plusieurs annĂ©es Ă naviguer et parfois, surement, bloquĂ©s par la glace. Lâargent ? La renommĂ©e ? Lâaventure ? Le sens du devoir ? Chacun sa propre motivation. Une fois en enfer, ils seront tous liĂ©s par la mĂȘme envie, survivre. CoĂ»te que coĂ»te. Ă nâimporte quel prix.
Et la plupart dâentre eux savent dĂ©jĂ le prix Ă payer pour la survie. Ils ne sont pas en effet les premiers Ă tenter de trouver le passage. Ils nâen sont dâailleurs pas tous Ă leur premiĂšre fois. Sir John Franklin en a lui-mĂȘme dĂ©jĂ fait les frais puisquâil est dĂ©sormais connu comme lâhomme qui a mangĂ© ses chaussures. Quand la faim tenaille, elle justifie les moyens. Que ce soit du lichen ou du cuir de chaussure, tout est bon Ă prendre. Car la mort est patiente et joueuse. Aujourdâhui ou demain, cela ne fait aucune diffĂ©rence pour elle. Scorbut, pneumonie, engelure, gangrĂšne, noyade, elle a de nombreuse cartes Ă jouer et encore plus dâun atout dans sa manche.
Mais ils sont prĂȘts. PrĂȘts Ă affronter cette mort en face. Car il est pire que la mort, la trahison Ă l’encontre de la Royal Navy. Mais il y a une chose Ă laquelle le commandant, les capitaines, les matelots, les chefs de hune, les pilotes de glace, les chirurgiens et les autres membres dâĂ©quipage nâĂ©taient pas prĂ©parĂ©s. Une chose dont mĂȘme le diable aurait peur.
En tant que lecteur, on sait quâils vont tous mourir. On le sait car Dan Simmons sâest inspirĂ© de la rĂ©elle expĂ©dition Franklin avec le HMS Erebus et le HMS Terror. Et aucun survivant nâa Ă©tĂ© retrouvĂ©. Que quelques os Ă©parses, des tombes, des vestiges des outils de communication et de conserves. Cette note, dĂ©taillĂ©e dans le roman, ne laisse aucun doute sur le sort de l’expĂ©dition.

Le HMS Terror nâa dâailleurs Ă©tĂ© retrouvĂ© sous les eaux quâen 2016. Donc on sait d’emblĂ©e que ça va mal se finir pour eux. Mais bon dieu quâon sây attache Ă cet Ă©quipage, Ă ces hommes qui ont existĂ© qui sont surement morts dans dâatroces souffrances, Ă essayer de rallier un lieu oĂč les secours pourraient potentiellement les trouver, Ă chercher des inuits peut-ĂȘtre capable de les aider Ă survivre.
Mais mĂȘme si on sait que ça se passe mal, on ne peut sâempĂȘcher dâespĂ©rer. Car Crozier est lâhomme de la situation. Jamais il nâabandonnerait ses hommes. Et Simmons pourrait ĂȘtre sympa et changer un peu la rĂ©alitĂ©, comme il le fait dĂ©jĂ en extrapolant la Terreur.
Terreur est un sacrĂ© roman. Jâai pris Ă©normĂ©ment de plaisir Ă le parcourir, en espĂ©rant Ă chaque page et en maudissant ceux qui cherchaient Ă saboter les plans. VĂ©ritable ascenseur Ă©motionnel, je me retrouvais moi aussi plongĂ© dans lâenfer blanc, Ă fuir cet abominable crĂ©ature, Ă mourir de froid et Ă placer tous mes espoirs dans Crozier. Cet enfer blanc prend aux tripes.
Vous voulez la bonne nouvelle ? AMC sort une sĂ©rie adaptĂ©e de l’oeuvre de Dan Simmons. Trailer ci-dessous :
Oserais-je dire Winter is coming ?




Heureusement, notre amie Giselle a dĂ» entendre notre appel Ă l’aide. Elle est fatiguĂ©e. Au point de ne pas tenir 3h de conversation. Elle sâassoupit tendrement, comme un bĂ©bĂ© Ă©puisĂ© de sâentendre parler.




Par contre, lorsquâelles se baladaient du haut de la tĂȘte de lit Ă lâinterrupteur de lâappart, lĂ , ça me gĂȘnait un peu plus.



2035.
2034.



C’est surtout que si on rĂ©flĂ©chit comme ça, avec la mode des mini sacoches affreuses pour les hommes, bientĂŽt, aurons-nous toujours des poches ? Quand votre copine/femme/concubine vous demandera de porter ses clĂ©s car elle ne veut pas porter son sac Ă main, vous lui direz quoi ? Ah dĂ©solĂ© chĂ©rie, j’ai pas de poche non plus avec mon nouveau pantalon. Et vous aurez tout les deux l’air con avec votre sac banane.
