Catégorie : Billets du vide

  • 16/9

    Hier, je regardais un film. J’imagine que vous aussi, il vous est déjà arrivé de regarder des films. Ou tout du moins un. Parce que c’est vrai que plusieurs en même temps, ça ne doit pas être facile. Enfin tout ça pour dire qu’hier je me suis fait la « soirée cinéma » comme les chaînes aiment à dire. Cela veut juste annoncer qu’au lieu d’avoir des séries ou des documentaires vus et revus des centaines de fois, la chaîne passe deux films à la suite (chose de plus en plus compliquée de nos jours, je vous l’accorde). Et alors je me suis dit « Et si la vie était comme un film « .

    Imaginez un petit peu comme ce serait beaucoup plus prenant. Mais je dois l’avouer, beaucoup plus dangereux aussi. Et oui, il ne faut pas oublier une des règles principales du cinéma : « S’il se passe la moindre anicroche sur ton véhicule, il explose. »

    Alors imaginez la scène. Vous êtes sur une petite route de campagne, des barres noires au sommet et au bas de votre vision. Une musique champêtre envahit l’habitacle, bien que votre radio soit éteinte. Ce n’est pas un problème. Et puis sans prévenir, un hérisson traverse devant vous. Votre coeur se met à battre tellement violemment que vous l’entendez très distinctement. BADABOUM BADABOUM BADABOUM (c’est le bruit du coeur au cinéma. Si si). Et puis la musique de votre radio éteinte change brutalement pour devenir Highway to Hell d’ACDC. Vous vous doutez alors de ce qu’il va se passer.

    Malgré vos efforts, impossible de l’éviter, vous roulez dessus. Mais manque de chance, c’est un hérisson du cinéma. Ses piques ressemblent davantage aux griffes d’adamantium de Wolverine qu’à des épines classiques. Cela n’a donc pas manqué, votre pneu éclate. Mais le pneu n’est pas le seul endommagé. Toute votre roue droite se détache de votre voiture et continue de rouler sur sa jante, bien loin de votre véhicule, pour terminer sa course dans le fossé. La roue explose, forcément, c’est la règle.

    Du coup, avec une roue en moins, votre voiture fait obligatoirement une embardée pour se retrouver en crabe au milieu de la route et ainsi effectuer ces 666 tonneaux ravageurs qui vous font arriver dans un pré. Là vous n’entendez plus que des bruits sourds. Votre vue, brouillée, se dirige vers le coté droit de votre voiture, enflammé. Votre ceinture de sécurité vous bloque. En appelant à l’aide, vous voyez le hérisson, narquois, passer devant vous, un sourire au coin des lèvres. Par on ne sait quel stratagème, vous entendez le hérisson respirer d’une manière qui ressemble trait pour trait, très étrangement, à un rire.

    In extremis, une paire de mains vient vous débloquer de votre ceinture et vous extirpe du véhicule. Vous et votre sauveteur n’avez le temps de faire que deux pas et votre voiture explose, vous projetant à plusieurs mètres, dans un lac. Vraiment pas de bol, de l’essence s’est échappé de votre réservoir et a embrasé le lac. Comment faire ? Mais le temps que vous vous posiez cette question, cela fait déjà 5 bonnes minutes que vous êtes sous l’eau, ne manquant toujours pas d’oxygène. Vous attendez donc patiemment que le feu s’arrête. La musique s’apaise alors. A croire que votre autoradio fonctionne toujours malgré l’explosion.

    Manque de chance, décidément, votre compagnon d’infortune était pourchassé par la mafia. Vous sortez de l’eau indemne et il vous tend un pistolet. 2 contre 40, à découvert, n’ayant jamais tenu une arme à feu dans votre main de toute votre vie, vous engagez cependant le combat. Quelques secondes avant le premier coup, une pluie torrentielle commence à s’abattre sur vous. L’ambiance est maintenant propice au combat. – Et puis bon, vous étiez déjà trempé de toute façon – Vous sautez partout, le meilleur moyen de viser, et vous faites mouche presque à chaque fois. Par chance, votre chargeur se vide de sa dernière balle lorsque vous tirez sur le dernier homme debout, environ 60 coups de feu plus tard. Pourquoi continuer à tirer alors ? Mettons ça sur le compte de l’adrénaline. La pluie s’arrête, son job effectué à la perfection.

    Vous découvrez que votre compagnon a été touché au ventre. Rien de grave, il le certifie, malgré le fait que vous le voyez se vider de son sang et que 5L maculent déjà ses vêtements et le sol. Bien sûr, juste après que la fusillade soit terminée, dans un timing parfait, 4 camions de pompier, 5 ambulances et 7 cars de la police arrivent sur place sans que personne ne les ai prévenus pour vous venir en aide. Mais grâce à ça, vous pouvez suivre votre partenaire de fortune à l’hôpital le plus proche pour qu’il soit sauvé. Vous bénéficiez également d’un pansement sur votre index droit, là où votre ongle s’est cassé durant l’accident.

    S’ensuit une musique lounge provenant de votre autoradio éparpillé sur l’herbe, audible jusque dans l’ambulance fuyante, sirène allumée, vers un soleil couchant.

  • Prison de retraite

    Hier je suis allé dans une maison de retraite avec mon grand-père. Point d’inquiétude, il ne visitait pas, il allait simplement voir un ami à lui. Du coup il visitait oui. Mais pas pour y aller. Même si on y est allé. Enfin bref, vous me comprenez.

    Avant même d’entrer sur le parking, de hauts murs et grilles nous bloquent le passage. Je fus presque surpris de ne pas apercevoir un corridor.

    Après un magnifique rangement en bataille arrière digne des plus grands pilotes de voitures de ville lors du concours mondialement connu de rangement de voiture, nous nous sommes dirigés vers la porte d’entrée. Première difficulté, ouvrir la porte. Afin de contrôler toutes entrées et sorties, il faut sonner et attendre que quelqu’un daigne nous ouvrir. Quelques secondes plus tard, la porte en verre coulisse pour nous faire entrer dans le sas. La deuxième porte en verre s’ouvre, pour sa part, seule.

    Nous entrons dans la pièce de vie, une grande salle agencée de tables rondes et de chaises. Mais rien à voir avec Lancelot et ses comparses. Non ici reigne plutôt une ambiance morbide. Les rois du triomino côtoient les reines du bridge, tous en fin de règne. Leurs heures de gloire sont loin derrière eux. Ils essaient cependant de retrouver ces moments d’anthologies dans cette antichambre du cimetière.

    En attendant que la femme à l’accueil se libère, nous sommes livrés à cette meute assoiffée de compagnon au sang frais pour retrouver leur jeunesse d’antan. Puis mon papy va voir son ami et je me retrouve seul, sur mon fauteuil, à lire mon livre (Drood, de Dan Simmons, incessamment sous peu dans ma chronique littéraire).

    Le livre ne m’empêche pas de jeter quelques coups d’œil dans la salle. Je m’aperçois alors qu’il y a différents types de pensionnaires dans une maison de retraite; ceux en fauteuil roulant, les personnes en déambulateur, les autres simplement avec des cannes ou bien ceux encore assez mobiles pour n’avoir besoin de rien, il y a ceux qui demandent toujours de répéter, certains qui racontent toujours les mêmes histoires datant de leur jeunesse, d’autres qui ne comprennent pas les règles même après 10 explications et bien sûr ceux qui ne font rien, qui restent fixes à regarder dans le vide sans le voir. Dans ce super marché de la pathologie, mon cerveau n’a plus qu’à choisir laquelle il désire me donner pour ma propre vieillesse.

    Quel plaisir de vieillir quand nous disposons d’un tel aperçu. Les plus vieux parqués dans des « maisons » n’étant plus capable d’aller aux toilettes seuls, dépendant de l’État, de la société et d’hommes et femmes portant des crocs. Oui oui, des crocs. Comment peut-on avoir confiance dans ce type de personne ? Je vous le demande ! C’est, je trouve, le signe avant coureur du côté malsain de ces établissements. Lieu de mort, suivez la ligne verte mes prédécesseurs, vous n’êtes plus que des animaux prêts à l’abattoir. On se reverra bientôt.

    Mon papy ressort 20 minutes plus tard, lasse. Son interlocuteur, heureux de le voir, lui avait tenu la jambe. Effectivement, peu de personnes saines d’esprit osent s’aventurer dans ces lieux. Gandalf lui-même, gris ou blanc, n’aurait pas osé le faire et nous aurait dit « Fuyez, pauvres fous », en prenant, comme nous, ses jambes à son cou.

    Puis nous sortons par là où nous sommes rentrés. Ou plutôt, nous essayons de sortir. Car si la première porte s’ouvre sans difficulté, il nous faut trouver le stratagème pour déjouer le blocage de la deuxième. Plusieurs interrupteurs s’offrent à nous. J’appuie sur un, rien. Le deuxième, toujours rien. Le troisième de l’autre côté, choux blanc une fois de plus. Je nous pensais bloqué à jamais, prisonniers, le piège de ces succubes s’étant refermé sur nous. Puis, sorti de nul part, un aide soignant vient à notre rescousse. Il appuie sur les deux premiers interrupteurs et le sésame fit ouvrir la porte. Je n’ai jamais réentendu parler de cet homme. Je n’ose imaginer ce que les autres lui ont fait.

    Dès que nous passâmes en voiture  la grille, frontière entre le monde des presque morts et le monde des vivants, je fus soulagé de quitter ce couloir de la mort.

  • Vietnam en cuisine

    Tout à l’heure, je faisais la cuisine. Et par cuisine, j’entends de la béchamel. Mais ce que ne vous savez pas, c’est que cette sauce est mon némésis. Je l’ai déjà faite plusieurs fois, et plusieurs fois elle m’a résisté; des grumeaux, trop de farine, trop de lait.

    Alors une fois de plus, c’était elle ou moi. Et je peux vous dire que les vétérans des grandes guerres en auraient fait des cauchemars. Moi-même, j’ai frôlé de peu le syndrome du Vietnam. De la farine sur mon gilet, par terre, sur le plan de travail, des gouttes de lait partout, le beurre brûlant cherchant par tous les moyens à s’échapper. Pas encore faite, la sauce m’opposait déjà de la résistance à travers ses composants. Si le fantôme de ma défunte grand-mère hante toujours ma cuisine, je peux vous assurer qu’elle s’est retournée dans son cercueil. Ce n’était plus une cuisine mais une boucherie. Pareil pour les fantômes de Gordon Ramsey et de Philippe Etchebest, même s’ils ne sont pas encore morts. Je les entendais me crier dessus car je ne faisais pas les choses comme il fallait. Il faut dire que j’ai toujours eu du mal à suivre pas à pas les recettes. Mais vous me connaissez, je ne me suis pas laissé aller et j’ai retroussé mes manches. Ma toque imaginaire sur la tête, j’étais paré.  Et cette fois, elle était parfaite.

    Mais c’était sans compter sur ma chance habituelle. Je me suis aperçu que je n’avais pas assez de béchamel pour mon plat. Gros problème, je devais en refaire. Mon sang n’a fait qu’un tour. Mes pupilles se sont dilatées et mon coeur s’est mis à battre comme si Mike Portnoy, le batteur de Dream Theater, s’était trompé et jouait sur mon coeur plutôt que sur sa batterie (ba dum ba dum psoum tchi badum). Alors mes mains, mal habiles, ont versé trop de lait. Le beurre a fumé dans le micro-ondes et la béchamel était trop liquide. Mais dans un dernier souffle, comme celui des marathoniens voyant la ligne d’arrivée, j’ai pu rattraper ma sauce avec suffisamment de farine. J’obtins alors une texture quasi parfaite (il faut savoir rester modeste dans une victoire). La petite musique de victoire de Final Fantasy retentit alors dans ma tête. Je me voyais déjà avec le chapeau de Marc Veyrat et l’accent du sud de Maïté.

    En dégustant mon plat, un gratin de chou-fleur et de pommes de terre, je me suis dit qu’un tel don ne devrait peut-être pas être inutilement gâché dans une petite cuisine. Alors, à nous deux Top Chef !

    PS : Je passe bien sûr sous silence le fait que j’ai ensuite fait couler toute la sauce du jambon à l’os par terre en le sortant du micro-ondes et que mon yaourt s’est renversé sur le tapis. Ça va de soi.

  • Stopman

    Je viens de trouver cet article qui traînait dans un placard de mes brouillons virtuels. Et en le lisant, je me suis demandé pourquoi je n’avais pas voulu le poster à l’époque. Je remédie donc à cette bévue.

    Depuis quelques temps (environ 3 jours) je recevais des sms promolive sfr. Pas que je ne sois pas intéressé par les super promotions sur le champagne à Monoprix mais bon, le 24 je serai tout seul. Non ne pleurez pas (vous avez toujours de beaux yeux), je serai en famille le week end du 28. Du coup, afin de faire cesser ces réceptions impromptues non désirées, je me suis renseigné sur Google, fidèle ami de tous les chercheurs en quête de réponses.

    Après une recherche pour le moins claire (« arrêter promolive sfr ») je suis tombé sur un forum. Apparemment, pour arrêter tous ces messages indésirables, il suffit d’envoyer le mot « STOP ». Oui en majuscule. Ça doit être pour montrer l’exaspération de recevoir de tels messages sans en avoir donné l’autorisation. Je n’étais pas « opt in » Messieurs !!

    Du coup, ni une ni deux, je me saisis de mon smartphone pour envoyer ce fameux message. Et ô joie. Quelle magie. Deux secondes plus tard je reçois un message me notifiant que je suis désinscrit et que je n’aurai plus de soucis. Alors bon, on critique car c’est chiant de recevoir ce type de message. Mais finalement, c’est super simple de les arrêter. On ne peut pas en dire autant pour le reste.

    Imaginez si tout était si simple. STOP les impôts. STOP le prêt étudiant. Oh que la vie serait géniale. Du coup, je laisse tomber la vitesse de la lumière, la super force, le pouvoir de voler et tout autre super pouvoir. Moi je veux le pouvoir du stop. Je serais Stopman.

    « Au secours au secours, ma maison est en feu ». Le stop signal se dresserait dans les airs. « Ne craignez rien madame, je suis là. » « Oh c’est vous Stopman. Aidez moi à sauver ma maison des flammes. » « Pas de soucis gente dame. STOP l’incendie. » Et voilà comment je sauverais des vies et des villes.

  • De but en blanc

    Il n’y a pas longtemps j’ai entendu l’expression « On mange aussi avec les yeux. » A 23 ans, j’apprenais tout juste ça. Moi qui depuis le début mangeais avec la bouche, je me suis dit qu’on m’avait bien menti depuis mon enfance. Alors j’ai décidé de me venger de suite de cette supercherie et j’ai commandé des sushis. Comme d’habitude, j’ai trempé un maki dans la sauce sucré, y ai ajouté un peu de wasabi. Puis hop, dans les yeux. Enfin l’oeil droit. Et oui, je suis droitier. Et que ne fut pas ma surprise en apercevant que mon oeil s’est mis à pleurer toutes les larmes de son corps. Tant de souffrance. Une fois de plus, je m’étais fait avoir par une de ces satanées expressions. Moi qui m’étais déjà juré qu’on ne m’y reprendrait plus.

    La dernière fois, c’était quand j’étais plus petit, dans un magasin de bricolage. Mes parents m’avaient dit « Tu touches avec les yeux. » Je n’ai du coup pas compris pourquoi, avant que je ne puisse toucher une fourche, ils m’ont tout deux sauté dessus afin de me retenir.

    Plus sérieusement. Quand on y pense, les expressions françaises, il n’y a rien de plus bête. Prenons un exemple concret. Les expressions « Jamais deux sans trois. » et « La troisième c’est la bonne. » Analysons-les maintenant. La première nous laisse supposer qu’un troisième essai aura la même finalité que les deux premiers. Quant à la deuxième expression, elle laisse entendre une réussite après deux échecs. Hors, si nous nous référons à la première expression, la troisième tentative devrait elle aussi être un échec. En gros, aucune logique. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. En voilà un deuxième dans le lequel on se retrouve dans le même style de configuration. Avec les deux expressions suivantes, « Qui se ressemble s’assemble. » et « Les opposés s’attirent. » D’un côté je serai avec une personne car elle me ressemble, et d’un autre côté je serai avec une personne complètement différente de moi car on s’attire, comme les pôles négatif et positif d’un aimant. Une fois de plus, grâce aux expressions de la langue française, je peux dire ce qui m’arrange.

    Prenons maintenant deux nouvelles expressions. « J’ai la pêche. » et « J’ai la patate. » Ces deux expressions veulent dire exactement la même chose et pourtant dans une on y parle de patate et dans l’autre de pêche. Je ne sais pas vous, mais perso je ne vois pas la ressemblance entre une pêche et une patate. Donc pourquoi ? Existe-t-il un Monsieur Patate et un Monsieur Pêche qui se batte depuis des années ? Ses expressions sont-elles alors le reflet d’une querelle centenaire ? L’utilisation de l’une ou de l’autre vous fera-t-elle alors appartenir à l’un ou l’autre camp ? C’est plutôt une vision manichéenne de la pêche et de la patate. Sinon l’expression avec la patate est pour les gens qui préfèrent le salé et celle avec la pêche pour ceux préférant le sucré. Je vous vois venir. Vous allez me parler de la patate douce qui est sucré, malins comme vous êtes. Mais l’expression est « J’ai la patate. » et non « J’ai la patate douce. » Et toc ! Vous ne casserez pas mon raisonnement. A moins que l’on compare la patate douce au fait d’avoir une petite forme. Une petite pêche quoi. Mais là n’est pas la question.

    Ce qui nous amène à ces expressions comportant des fruits. Un jour, une amie qui parlait avec des collègues anglais essayait d’expliquer certaines expressions françaises. Essayez d’expliquer pourquoi dit-on « Tomber dans les pommes. » Et essayez aussi de le traduire : « Fall in apples. » Tentez le coup maintenant avec l’expression « Avoir la banane. » Vous vous voyez dire à quelqu’un « Oh, you’ve got the banana. » Je pense que l’accueil de cette phrase par votre comparse sera mi figue mi raisin. Voilà, je viens d’utiliser une expression pour définir une expression. La boucle est bouclée.

  • ça suffruits

    Aujourd’hui je reprends les armes pour dénoncer une injustice. Et sachez que je ne vais pas y aller par quatre chemins. Ah ça non. Je vais balancer et ça va faire mal. Et oui Messieurs Yoplait et Danone, je n’ai pas peur de donner des noms (mais rassurez-vous, vous n’êtes pas les seuls). Je vais vous secouer l’opercule moi. Oui nous allons parler yaourt, car nous sommes des milliers à subir vos vilenies. Expliquez-moi Messieurs pourquoi ce sont toujours les yaourts que l’on aime le moins qui sont en plus grandes quantités ?

    Et oui, dans un pack de 16 yaourts, les quantités des yaourts ne sont pas les mêmes. BIM ! ça nous tombe dessus, on a toujours plus de pêches, d’abricots ou de cerises. Et ça ce n’est jamais indiqué sur le packaging. Alors on se retrouve avec des goûts qu’on aime pas. Et qu’est-ce qu’on fait de ceux-là ? Parce que moi je les refourgue gentiment à mon papy qui n’a plus toutes ses papilles. Mais pour les autres ? Hein ? Vous faites quoi pour eux Messieurs Danone et Yoplait ? Non parce que bon, quand on achète des yaourts, on aimerait bien pouvoir tous les manger. Je vais prendre un exemple concret pour illustrer. J’achète une bibliothèque mais je ne me sers pas d’un étage. Plutôt bête. Et bien c’est pourtant ce qu’il se passe avec vos packs de yaourts. Du coup vous me mettez la pression. Je vais devoir trouver une copine avec qui me mettre en concubinage qui aime les yaourts que je n’aime pas. Sinon on va se retrouver avec des étagères de bibliothèques vides et des livres qui traînent et pourrissent par terre. Alors imaginez un peu la situation lors d’une future rencontre : « Bonjour, je m’appelle Barthélémy. Euh. Hum. Avant toute chose, je préfère te poser la question maintenant plutôt que m’attacher à toi pour ensuite me faire briser le coeur. Est-ce que tu aimes les yaourts avec des morceaux de cerises, de pêches et d’abricots ? » Non parce que là, même sur Attractive World, un, je cite, « site de célibataires exigeants », je ne suis pas sûr de trouver. Vais-je devoir créer mon propre site de rencontre par affinités yaourtales ? Et créer par là-même un néologisme, reflet de notre société actuelle ? On trouverait des annonces comme : « Jeune homme de 24 ans n’aimant pas les yaourts saveurs pêche, cerise et abricot cherche jeune femme capable de vider ces yaourts de son frigo ». Mais attendez, le pire est à venir.

    Vous nous appâter avec vos jolies images sur le packaging. Mais les fruits à l’intérieur, ils n’ont pas du tout cette tête là. On dirait plutôt des fruits confits déconfits. Ils sont tout ratatinés sur eux comme s’ils avaient eux-mêmes hontes de leur état. – Je ne savais pas qu’une pêche pouvait se mettre en position fœtale. Merci pour cette grande découverte. – Et encore, ça c’est quand on a des fruits. Parce que parfois, les fruits, faut les chercher. Par exemple, dans mon yaourt aux mûres, je sens plus les pépins que le reste. Encore heureux que j’ai grandi et que je ne crois plus que les pépins avaler vont germer et devenir des mûriers. – Je salue en passant les hypocondriaques. – Donc un yaourt croquant sans trop de goût, bof. C’est limite comme si je ne trouvais que des noyaux dans mon yaourt aux cerises. Pratique pour faire la mitraillette sur ses potes, moins pour apprécier ce que l’on mange.

    Alors je vous vois venir. Pourquoi dans ce cas là ne pas prendre des yaourts sans morceau ? Et oui, pas de morceau, pas de problème. Et bien si je pouvais, je le ferais. Mais papy, lui, il préfère avec morceaux. Je ne comprends pas pourquoi. Il ne doit pas trop aimer le goût du 2-méthyle de buténylethanoate, molécule synthétique purement artificielle. Ralala, quelle idée aussi de faire son difficile. Finalement je devrais écouter mon oncle et ne manger que du quinoa de Bolivie issu du commerce équitable car le lait, c’est le mal, les yaourts, c’est le mal, les fruits qui ne viennent pas du jardin, c’est le mal, et le mac do n’en parlons pas, c’est Lucifer qui s’invite chez nous. Finalement en suivant ses préceptes c’est facile : pour bien manger, ne mange rien.

    Bon sur ce je vous laisse, j’ai ma compote Andros qui m’attend puis j’ai rendez-vous à Biocoop pour une réunion sur les ravages des sauterelles sur les plan de quinoa en Bolivie. Un désastre.

    Et par hasard, si une bolivienne cultivant le quinoa qui aime les yaourts à la pêche, à la cerise et à l’abricot et qui serait intéressée par la production de yaourt au quinoa tombe sur cet article, tu peux me laisser tes coordonnées en commentaire.