Je crois que l’univers a compris que je commençais à potentiellement m’ennuyer cette semaine et m’a envoyé un signe quand, à 10h du matin, on toqua à ma porte. Cynthia au téléphone avec sa mère a ce moment-là, je dus me résoudre à ouvrir en pyjama, tout ce qu’il y a de plus propre sur moi, donc. Aucune commande en cours, je ne sus à quoi m’attendre.
Devant moi se tenait une femme plutôt forte, d’âge plutôt avancé et on ne va pas se le cacher, plutôt bizarre. De comportement fuyant, elle m’expliqua qu’elle était une de mes voisines du deuxième étage et qu’elle avait besoin de mon aide. En effet, une malheureuse bête s’épuisait depuis 7h du matin a essayer de s’échapper de sa prison de glace et de verre. Se répétant plusieurs fois, je compris que j’étais le sauveur, le héros de la situation. Pompiers, police, artisans, syndic, personne n’avait répondu à son appel. Mais je ne suis pas fait du même bois que tout le monde. Oh que non !
⁃ Quelle créature dois-je sauver ?
⁃ On peut penser ce qu’on veut d’un pigeon mais c’est un être vivant, il mérite de vivre, pas de mourir comme ça.
⁃ (Ok, je dois donc sauver un pigeon…) Et les voisins du dessous ne peuvent pas intervenir, il s’agit tout de même de leur fenêtre ?
⁃ Les derniers locataires sont partis il y a trois mois. Parait-il que le loyer était trop cher.
⁃ (Putain on est à Paris aussi ! Bordel que le loyer est cher !) Hm hm.
⁃ On peut penser ce qu’on veut d’un pigeon mais c’est un être vivant, il mérite de vivre, pas de mourir comme ça.
⁃ Oui c’est sûr. Puis si’l meurt là, sous la fenêtre de notre chambre, ça peut être désagréable.
⁃ Merci beaucoup pour votre aide. Il est coincé entre la fenêtre et un Plexiglas que les locataires ont placé je ne sais pas pourquoi. On peut penser ce qu’on veut d’un pigeon mais c’est un être vivant, il mérite de vivre, pas de mourir comme ça.
⁃ Je vais essayer de l’aider ne vous inquiétez pas.
⁃ Merci beaucoup pour votre aide. Il est coincé entre la fenêtre et un Plexiglas que les locataires ont placé je ne sais pas pourquoi. On peut penser ce qu’on veut d’un pigeon mais c’est un être vivant, il mérite de vivre, pas de mourir comme ça.
⁃ Hm…
⁃ Vous avez besoin de quelque chose ?
⁃ Allez chez vous et vous m’aiderez de là où vous êtes pour savoir si je m’en sors bien.
⁃ D’accord. Merci pour votre aide. On peut penser ce qu’on veut d’un pigeon mais c’est un être vivant, il mérite de vivre, pas de mourir comme ça.
⁃ Oui oui.
Je construisis donc, à l’aide d’un balais, de fil de vert et d’une clé Allen, une canne à pêche à pigeon.
Aidé par ma plus célèbre acolyte, j’entrepris de pêcher mon pigeon en détresse. Mais le pigeon n’étant pas l’animal le plus intelligent au monde, il ne comprit pas que ma clé était là pour le débloquer et lui ouvrir la voie des cieux et de la liberté.
⁃ Vous voulez pas que je vous donne un de mes balais ?
⁃ Euh… pas sûr qu’il accepte de mordre à la clé quoi qu’il arrive… Il faudrait que je puisse le soulever.
⁃ Vous voulez pas que je vous donne un de mes balais ?
⁃ Si, ça pourrait fonctionner. Je les scotcherai ensemble.
⁃ Je vous apporte ça.
J’entrepris donc de m’habiller un minimum car des badauds observaient d’en bas mes tentatives, pendant que Cynthia, toujours au téléphone, narrait mon récit à sa mère : « Toss a coin to le pêcheur de pigeon… »
*Toc toc*
– Voilà mon balais et mon scotch.
⁃ Merci. Je devrais pouvoir m’en sortir.
⁃ Merci pour votre aide. On peut penser ce qu’on veut d’un pigeon mais c’est un être vivant, il mérite de vivre, pas de mourir comme ça.
⁃ Oui. Retournez à votre poste d’observation.
Ni une ni deux, je décidai de me fabriquer mon balais double manche pour remorquer le pigeon. Stratagème qui s’avéra plus prometteur que la canne à pêche mais le pigeon ne comprit toujours pas que j’étais son messie et se débattu à chaque fois que je le remorquais.
⁃ Oui allez-y vous l’avez ! Oh presque. Oui encore un peu ! Mince.
⁃ Il me faudrait quelque chose de plat pour que je puisse passer sous le pigeon.
⁃ Vous voulez mon autre balais ? J’arrive.
*Toc toc*
⁃ Voilà. Avec lui ça devrait marcher. Attention, il est un peu fragile à cet endroit.
⁃ Merci. Retournez à votre poste d’observation, je m’en charge.
Armé d’un ciseau, je libérai mon balai pour le fixer au nouveau que mon acolyte venait de me donner. Je renforçai la zone fragile et le liai ensuite à mon fidèle manche à balais.
Armé de ma nouvelle arme et grandit de mes expériences passées, j’entrepris de passer le bout de mon remorqueur à pigeon 2.0 sous le pigeon pour le tracter hors de sa prison.
⁃ Oui allez-y. Encore un peu. Oui. Allez. BRAVO VOUS L’AVEZ FAIT !
Quel spectacle de voir le pigeon voler à nouveau vers la liberté. Quel sentiment de gratitude que de savoir qu’il pourrait à nouveau manger toutes les merdes qu’un pigeon puisse trouver dans une ville comme Paris en période de confinement.
⁃ J’arrive !
Merci fidèle remorqueur à pigeon 2.0, tu as fait du bon boulot. Mais ton histoire s’achève ici. Je coupai tout le scotch pour libérer mon manche à balais en prenant soin de ne pas toucher les parties du balais qui ont été en contact avec le pigeon, n’oublions pas que c’est crado comme bête.
J’attendais mon acolyte sur le pas de ma porte, dans ma posture la plus héroïque.
*Boum boum boum boum boum boum*
Je la vis arriver, les mains en soucoupe, remplis de bonbons. Mais pas de n’importe quels bonbons, non. Des Batna !
⁃ Encore bravo et merci beaucoup ! On peut penser ce qu’on veut d’un pigeon mais c’est un être vivant, il mérite de vivre, pas de mourir comme ça.
⁃ Il est maintenant libre, n’y pensons plus.
⁃ Voilà pour vous remercier.
⁃ C’est gentil, il ne fallait pas.
⁃ Encore merci. Et maman m’a dit que votre dame était très gentille. Bonne journée.
⁃ Merci. J’ai de la chance oui. Bonne journée.
Ainsi s’acheva ma première quête.
Depuis, j’attends qu’un nouveau PNJ toque à ma porte, dans l’espoir d’une nouvelle quête pour me faire passer mes journées.
Je me suis réveillé il a de ça plusieurs nuits en pleurant sous la violence d’un rêve avec mon papy. Je l’ai enterré pendant mes congés il y a un mois. Quand mon père me l’a annoncé, bien que je me doutais que c’était ça, vous savez, c’est toujours quelque chose d’un peu irréel comme moment. On ne s’en rend pas vraiment compte.
C’était un rêve étrange où j’essaie de prendre en flagrant délit un braquage de banque mais échoue. Et au bout d’un moment, mon grand-père monte les escaliers jusqu’au dernier étage de la maison anciennement banque au rez-de-chaussée et en l’entendant, je vire brutalement tout ce qui me gêne, dont des gens, pour me précipiter dans l’escalier et enlacer mon papy. Lui de me dire « Je ne te voyais pas revenir et je me suis dit « tu le laisses partir cinq minutes et voilà maintenant que tu vas te retrouver seul mon vieux » ».
C’était sa voix, c’était mon papy d’il y a 6 ans, quand j’habitais avec lui. Le souvenir que je garde de lui, marchant seul, faisant le marché, allant à la messe, regardant les douze coups de midi, etc.
Ce sont ses souvenirs et ceux d’un moi plus petit dont j’ai gavé mon esprit pour rester en dehors de la réalité à l’enterrement. Ce moment où on se dit que c’est mieux comme ça, que de toute façon on le voyait peu et donc que la transition sera plus facile. Au final ça reste des conneries. Ça n’enlève pas la tristesse, ça n’atténue rien. Comme les mots maladroits des gens qui ne savent pas où se mettre quand ils apprennent la nouvelle. Laissez tomber, vous ne trouverez jamais les bons mots. Il n’y en a pas. Restez vous-même, comme si de rien n’était. Vous ne pourrez pas partager ma peine avec moi, vous n’avez pas connu mon papy. Pas la peine d’essayer.
Vous savez, égoïstement, j’en aurais voulu plus, du temps avec lui. Qu’il me raconte encore une fois la même anecdote que je connais par cœur. Qu’il regagne le concours des plus beaux cheveux contre Cynthia. Qu’il joue à la crapette avec mes frères et moi. Qu’il rit. Qu’il parle. Ou juste entendre ses pas frotter contre le sol, après avoir porté une vie bien remplie, d’un homme qui s’est accompli. Tous les papys sont des héros mais je peux vous le dire sans ciller que le mien était le meilleur.
C’est marrant d’ailleurs car à l’église je regardais le plafond, comme font les cons qui regardent « le ciel ». Là c’était moi le con, à me demander si son ciel à lui il l’avait trouvé, celui avec ma mamie et surement sa famille et ses amis. Je reste toujours aussi croyant qu’une moule, mais j’espère qu’il l’a trouvé, peu importe ce qu’il cherchait. Car lui y croyait.
Asseyez-vous mes enfants et écoutez la légende de l’Agneau et du Loup, la légende de ces deux chasseurs éternels unis pour la vie et pour la mort, sous le nom de Kindred. Si je vous raconte ça aujourd’hui mes petits, c’est que vous êtes en âge de savoir comment ici, sur Runeterra, les gens meurent.
Kindred prenait place dans la Fontaine de la Faille de l’invocateur, lieu de perdition pour toute âme dont l’appel du sang voulait être entendu.
– Agneau, me laisseras-tu chasser aujourd’hui ?
– Bien entendu Loup. Comme toujours. J’ai déjà repéré pour toi le célèbre moine aveugle guerrier aux points de feu. Cependant, rappelle-toi, cela dépendra également du courage et du cœur des chassés.
Kindred se dirigea directement vers le haut de la jungle pour que Loup, déjà assoiffé de sang, puisse se repaître des krugs dans une frénésie de chasse que lui seul pouvait faire endurer à ses proies. Aucune haine ne l’animait pourtant, juste une soif de sang insatiable qui n’avait rien pour lui déplaire.
Les pourparlers du fléau des mers donnaient écho aux flèches éthérés d’Agneau. Le châtiment ne se fit pas attendre, la pierre s’effrita, les membres tombèrent et seule de la poussière de roche résida sur le sol. Mais Kindred n’en était qu’à son début. La roche n’était bonne qu’à lui ouvrir l’appétit. Du vrai sang devait couler aujourd’hui.
– Regarde Loup ! Ce beau roncier rouge ! Aimerais-tu planter tes crocs dans son écorce encore fraîche ? Le goût suave de la sève chassera rapidement le goût rocailleux de la roche.
Sans même répondre, Loup se jeta instantanément sur l’animal pendant que la danse des flèches décochées par Agneau se planta dans les trois ennemis. Tandis qu’elle continuait sa pantomime macabre autour des bêtes, il les mordait sans relâche jusqu’à la dernière goutte, sa satiété assouvie pour les dix prochaines secondes.
– Agneau, j’entends une douce mélodie à mes oreilles. Je veux danser avec ces corbins, comme toi. Je veux les déplumer avec mes propres crocs et danser au rythme du sang qui s’écoule de leur pauvre bec. Agneau, allons-y.
Les deux entités de Kindred, Agneau et Loup, se mirent à attaquer les corbins à coup de crocs et de flèches acérés, coupant et déchiquetant les malheureux animaux. Une fois de plus, Agneau dansa autour de ses proies. Elle aimait voir ses ennemis la regarder lorsqu’elle les abattaient d’une pointe en plein cœur. Loup, lui, aimait voir les faibles s’enfuir. La traque n’en faisant ressortir qu’un sang meilleur.
Après les pauvres corbins, la soif de Loup n’était toujours pas étanchée. Ou tout du moins pas assez. A ses oreilles tambourinaient encore la mélodie des battements du cœur de chaque être vivant aux alentours, enivrant ses pensées et troublant sa raison. Il suivit donc Agneau à travers le côté sud de la forêt pour châtier le golem et ses fidèles.
Aujourd’hui, personne n’échapperait à Kindred. La mort serait présente à chaque coin de la faille et la peur ou l’acceptation en seraient les seules échappatoires. Une fin comme les aimait et comme les aimera toujours Kindred.
– Loup, entends-tu les échos de cette bataille lointaine ? Ressens-tu la peur qui anime leur cœur ?
– Mon cœur bat à l’unisson des rebonds des haches. Le sang frappe à mes tempes comme la masse d’un troll sur une petite fée. Allons-y Agneau, je ne peux plus tenir. Il me faut du sang ! Vite !
Appelée par le bruit des armes et par le sang, Kindred se dirigea vers le sentier tout au sud de la forêt, celle où tireurs et supports s’affrontaient sans relâche. Comme dans toute bataille il n’y avait bien entendu qu’une seule issue, son propre sang ou celui de ses ennemis. Et c’était une issue qui ne faisait que trop saliver Loup.
De loin Kindred aperçu l’escarmouche en cours et s’y précipita.
La mort, déjà proche se rapprochait toujours plus, à grandes enjambées.
– J’espère que certains vont courir. J’aime quand ils courent. Leur sang n’en est que plus succulent. L’adrénaline, il n’y a rien de mieux. La peur ! Oui ! J’aime l’odeur du sang glacé par la peur.
Kindred n’eut d’yeux que pour Lucian. Elle sentit en lui l’excitation d’avoir échappé de justesse à la mort. Mais Kindred n’était pas clémente, personne n’échappe à la mort, sauf si Kindred le décide elle-même ou si un ange gardien veille sur sa proie. Mais il était bien trop tôt pour que quiconque ait cette chance.
Des trois ennemis qui fonçaient sur le tireur et son allié, Agneau reconnut le moine, sa proie, et s’en lécha les babines à travers Loup. Un festin les attendait.
Lucian fonça sur une courte distance et signa à cet instant précis son arrêt de mort. Kindred surgit d’un bond sur sa proie qui chercha à sauver sa misérable vie. Le purificateur ne s’y attendait pas et malgré ses compétences, rien n’arrêta Loup. Les fuyards resteront toujours son met préféré. Il se rua sur son ennemi, qui n’eut d’autres choix que de succomber, sous les rires du glorieux exécuteur et de Loup, ravis de ce spectacle macabre qui ne faisait que commencer. Et en effet, Agneau, elle aussi joyeuse de voir la déroute des deux survivants, faisait danser ses flèches dans le corps de ses cibles.
– Et de une. Et de deux ! Attention Lee Sin, la troisième arrive. Ne la vois-tu pas ? Je peux t’assurer par contre que tu vas la sentir.
Une cabriole plus tard, le moine aveugle vit la mort en face. Et malgré sa veine tentative de fuite, il succomba tout comme son compatriote à la flèche d’Agneau.
– Pourquoi nous arrêtons-nous Agneau ? Si le troll peut encore tenir sur ses jambes, c’est qu’il n’est pas mort. Je veux goûter son sang. Je sens d’ici les immondices dont il regorge.
– Il était trop tard, mon cher Loup. Regarde cette tourelle ennemie. Elle n’aurait fait qu’une bouchée de nous. Comment pourrions-nous tuer si nous sommes morts ? Ne t’en fait pas. Nous le tuerons bien assez tôt. Personne ne peut nous échapper. Personne ne peut t’échapper Loup.
A ces mots tendres, Loup hurla de plaisir en pensant à sa gorge remplit de sang chaud et des flots se déversant de sa gueule entre ses crocs. Des bruits de succion accompagnèrent le prochain marquage d’Agneau.
– As-tu déjà rêvé de goûter un ange, Loup ?
– Un ange ?
– Oui. Mais pas n’importe quel ange. Un ange déchu.
– Oh oui Agneau, allons-y. La haine épice le goût du sang. Chaque globule en capte son arôme. Je veux cet ange, Agneau. Donne-le moi ! Donne-le moi !
Mais Loup dû prendre son mal en patience car par la jungle Kindred devait passer. En effet, il était venu l’heure pour l’immonde crapaud géant de rendre son dernier souffle.
Et une fois de plus, le châtiment s’abattit sur un monstre de la forêt. Kindred en était la seule maîtresse et avait droit de vie et de mort sur quiconque s’y trouvait. Cabriole, décoche, roulade, morsure, Kindred jouait avec sa proie comme au premier jour. Jamais tuer pour elle n’avait été ennuyeux, même sur les plus faibles ennemis.
Ce fut ensuite au tour des lycans et des krugs de subirent le même sort que le Gromp. A savoir la seule opportunité que Kindred laissait à ses rivaux : la mort.
Mais ce fut un tout autre opposant que la mort pris pour cible. Ou plutôt qu’elle cru prendre pour cible. Car même la rapidité de Kindred n’est rien comparée à celle de la gardienne du marteau, Poppy.
Un hurlement à glacer le sang suivit l’échec des chasseurs. Le deuxième.
– Agneau ! Pourquoi ? Pourquoi abandonner une fois de plus ?
– Je sais Loup. Je sais que tu as faim. Mais apparemment, son heure n’était pas encore arrivée. Sois patient Loup. Je te promets que tu goûteras à la chair de cette Yordle.
Agneau et Loup épanchèrent leur soif sur des misérables corbins. Ce qui remonta un peu le moral de Loup, qui put se rouler dans leurs plumes imbibées de sang et ainsi jouer au corbin mort. Rien ne le mettait plus en joie que de jouer avec les restes de ses victimes, sauf bien sûr, de les tuer.
Pour se laver, Kindred décida d’emprunter la rivière et tomba nez à nez avec un carapateur. Ce mélange incongru entre un crabe et un trilobite qui passe son temps à parcourir toujours le même chemin. Mais même la mocheté n’arrête pas la mort quand elle a décidé de frapper. Si cette bête a un cerveau, c’est ce qu’elle a dû retenir avant de mourir.
– Loup, chut ! Oui, c’est bien une nouvelle bataille que j’entends se profiler au sud. Allons-y ! La dernière fois, le roi des trolls nous avait échappé. Il n’aura pas cette chance une deuxième fois.
Tapie dans un buisson, Kindred attendait patiemment ses proies, imaginant de quelles manières elle pourrait jouer avec. La personne qui a dit de ne pas jouer avec la nourriture n’avait certainement jamais croisé la route de ces deux chasseurs.
Mais pour le troll et son tireur, l’heure n’était pas encore venue. Et la vengeance d’Agneau et de Loup serait terrible.
Comme après chaque échec, il était important pour Kindred de se venger sur tous les êtres qu’elle croisait dans la forêt. Enragé, Loup avait seulement besoin de se défouler, de planter ses crocs dans une chair chaude et mouvante, peu importe qu’elle soit visqueuse, poilue ou plumeuse. Elle devait être juteuse, c’était tout ce qui lui importait. Il fallait que ça éclabousse, que ça crie et que ça meurt. Seul cela pouvait lui faire oublier l’échec.
Et c’est ce qu’Agneau s’appliquait à lui donner jusqu’à avoir l’opportunité d’un sang humain à verser, car sur le sentier au milieu de la forêt l’ennemi frappait. Mais Agneau bénit à temps le sol de son repos pour empêcher le héraut des machines de trépasser.
– Désolé Lee, son heure n’était pas encore arrivée. Par contre, je n’en dirais pas autant en ce qui te concerne. Rien ne sert de prier, il faut mourir à point !
Loup s’employa alors avec frénésie à déchiqueter chaque partie du corps du moine. Sa chair à vif ne laissait plus aucune place au doute. Il allait mourir. Par miséricorde, Agneau fit s’abattre sur lui sa danse des flèches.
Mais la traque n’était pas terminée. L’ange déchu profita de la mort de son compagnon pour fuir lâchement, l’abandonnant à son propre sort, ne se souciant que de sa vie, bientôt écourtée. Car Kindred ne laisserait pas une fois de plus une proie lui échapper.
– Regarde la Loup, essayant de fuir ! Ne voulant pas accepter son destin. Cette flèche est pour toi, mon cher Loup.
Et une dernière volée vint clouer Morgana à sa véritable place, le sol.
Les chasseurs éternels célébrèrent leur victoire autour d’un golem, qu’ils démantelèrent pierre par pierre, pour jouer, parce qu’ils le pouvaient. Leur puissance n’avait pas d’égal sur la faille. Les éclats de roche qu’ils disséminèrent sur le sol en témoignaient.
Kindred se rendit ensuite visiter le camp des krugs pour en éparpiller encore plus. Loup s’amusa à déchiqueter les bêtes en cailloux de différentes tailles puis à chercher si deux, par pur hasard, étaient identiques, mais n’en trouva pas.
– Agneau, j’ai de la pierre entre les crocs, peut-on aller se procurer quelques cure-dents en écorchant le roncier ? On pourrait aussi en profiter pour le tuer. J’imagine déjà sa sève couler dans ma gorge.
– Si tu veux Loup. Et que dirais-tu de te déguiser en corbin une fois de plus après ? Le sang et la sève pourront coller les plumes à ta fourrure. Cela pourrait-être amusant.
– Oui ! Les corbins !
– Regarde au loin qui a décidé de faire trempette Loup ! Voudrais-tu voir un ange se noyer ?
Kindred avait décidé une fois de plus que l’heure de Morgana était arrivée. Elle n’eut aucune échappatoire et une tempête du chaos la laissa pour morte, le visage dans l’eau boueuse, Agneau dansant autour d’elle et Loup regardant les éclairs déchiqueter son cadavre.
Et une fois de plus, Kindred célébra ce meurtre par une nouvelle tuerie sur les corbins, mais ennemis cette fois-ci. Son territoire s’agrandissait. Le moine aveugle ne lui faisait plus peur. Sa forêt devenait petit à petit sienne.
Les krugs y passèrent également. Ils n’avaient jamais dû connaître pire mort que ce que Kindred leur fit subir, car sur les murs de roche gisent encore aujourd’hui des marques de fuite impossible, où la roche vint se fracasser contre la roche, dans le but que l’une s’écroule. La fuite n’était peut-être pas l’objectif de ces misérables bêtes.
– Et si nous allions purifier de sa vie Lucian, Loup ? Faisons du sol qu’il foule une terre sanctifiée.
Le Purificateur n’avait pas senti la présence des chasseurs à proximité de lui et n’eut d’autre choix qu’essayer de gagner la poursuite dans laquelle il venait de les engager pour sauver sa vie. Mais la frénésie de Loup excitait Agneau qui cabriolait aussi vite qu’elle pouvait pour le rattraper. Et finalement, la terreur de la mort s’empara du fuyard qui perdit rapidement son énergie. Estropié par Agneau, sa vue se rétrécissait sur une seule et unique chose, les crocs sanglants de Loup avant son attaque. Et la dernière image que ses yeux virent fut l’intérieur de sa gueule. Ne se rappelait-il plus que les coureurs étaient les mets préférés de la bête ?
– J’aime le goût de la peur Agneau. Le sang de cet homme est tellement bon ! Tu dirais que ça rend le sang…délicieux.
– En effet Loup, c’est exactement ce que je te dirais. La peur doit rendre le sang de cet homme délicieux à ton goût.
Kindred décida de célébrer sa victoire sur l’immonde carapateur. Quand la frénésie du sang pulse, peu importe la beauté de la cible du moment qu’elle meurt. Et gare à celui qui oserait la voler. C’est la leçon qu’aurait dû retenir Lee Sin. A voler dans les plumes de Kindred, il entraîna dans ses pas Trundle qui se fit intercepter par Lulu et ses ombres jumelles.
– Dommage pour toi roi des trolls, tes amis t’ont abandonné. Tu sais la seule chose qu’il te reste à faire.
– Mourir ! Hurla Loup en plantant ses crocs dans la chair fraîche de Trundle, le blessant et le laissant ainsi à la merci d’Agneau.
– Tu n’y as pas échappé cette fois vieux troll. Ne nous connais-tu pas ? Crois-tu vraiment que tu pouvais fuir à nouveau ? Crois-tu vraiment que tu pouvais fuir Loup ?
Le corps et le cœur gorgés de haine vengeresse, Kindred se dirigea vers le dragon. A l’arrivée de la mort, le monstre déploya ses ailes et fit pleuvoir le feu sur Kindred, en vain. Rien n’était trop gros pour les chasseurs éternels. Ni le vent, ni l’eau, ni le feu ne pouvaient l’empêcher d’accomplir son oeuvre. Et le dragon, rendu maladroit par sa taille, ne pouvait fuir et était condamné à subir les flèches d’Agneau et les morsures de Loup jusqu’à ce que mort s’en suive.
De plus en plus forte, Kindred ne fit qu’une bouchée des krugs, devenus menu fretin pour les chasseurs, à peine de quoi se divertir dix secondes. C’est pourquoi Agneau emmena Loup jouer avec le carapateur, qui n’opposa bien entendu aucune résistance mais qui permit à Agneau de réfléchir à sa prochaine proie. Et une ange aux ailes détruites ne peut voler au travers de la mort. La terreur mortelle emplit le cœur de Morgana qui chercha à fuir son destin. Mais la danse des flèches d’Agneau lui rappela qui le seul destin qui l’attendait était la mort. Rien de plus.
Loup et Agneau célébrèrent ensuite cette mort sur une nouvelle, celle du gromp, laissant Gangplank, le fléau des mers seul sur la voie du haut.
– Je m’ennuie Agneau. Les monstres de cette forêt meurent trop vite. Ne pouvons-nous pas encore tuer cette ange ? J’aime voir ses ailes frémirent alors que la vie a déjà quitté son corps. Le sang éclabousse partout.
– Nous ne pouvons pas pour le moment Loup, il faut que tu sois patient. Occupons-nous de ces lycans, d’abord. Cette forêt est désormais la nôtre. Continuons d’asseoir notre pouvoir. Montrons à ces monstres que le seul dieu qui existe est celui de la mort et que nous sommes ces apôtres. Regarde ces jolis minions. Ne voudrais-tu pas jouer un peu avec eux ? Il en arrive par dizaine. Mord Loup, mord ces êtres misérables !
Mais Loup n’aimait pas le goût de ces petits êtres pour qui la vie n’avait aucune importance, pour qui le verbe fuir n’existait pas. Les minions n’amusaient pas du tout Loup. Alors Agneau les exécuta avec ses flèches et s’attaqua ensuite à une tour ennemie qui leur bloquait le passage, dans le but de se frayer un chemin vers la base adverse, là où de la chair fraîche attendait nos deux amis.
– Regarde Loup, le troll arrive ! Es-tu prêt ?
– Mes crocs sont acérés Agneau, comme toujours !
Mais à peine Trundle eut-t-il gelé une partie du sol pour ériger une montagne de glace qu’il s’enfuit à trois pattes devant les alliés de Kindred.
– Noooooon ! Hurla Loup de rage. Pourquoi êtes-vous venus ? Ne voyez-vous pas que vous lui avez fait peur ! Misérables insectes !
– Calme toi Loup. Ils n’y sont pour rien. Ce roi des trolls est encore moins courageux que des minions, qui eux affrontent la mort droit dans les yeux. Regarde plutôt approcher l’ange que tu aimes tant, Morgana.
Loup salivait à l’approche d’un de ses jouets préférés.
L’ange déploya une ombre maudite sur le sol mais tout comme Trundle, s’enfuit juste après.
– Pourquoi Agneau ? Pourquoi ne viennent-ils plus ? Pourquoi restent-ils à l’abri dans leur fontaine ? Sont-ils tous lâches ?
– Je crois qu’ils refusent de combattre Loup. Ils abandonnent. Je suis désolé. Finissons de détruire le nexus. Une autre bataille nous attend. D’autres morts tenteront de s’enfuir. Le destin les rattrapera ne t’inquiète pas. Nous les rattraperons. Et je te promets que leur souffrance n’en sera que plus terrible.
Voilà les enfants comment la mort œuvre sur Runeterra. Loup et Agneau. Agneau et Loup. La douceur et la fureur unis à jamais pour une danse macabre, deux chasseurs éternels.
Depuis peu, je suis retombé dans mes travers suite à la découverte d’un élément perturbateur, m’ayant fait redécouvrir le plaisir de mon ancienne addiction.
Voyez-vous, dans mes locaux, une salle a été récupérée pour être transformée en deux salles de réunion afin de combler ce besoin de réunionite qui nous tiraille tous.
Et ce qui est important dans les réunions, c’est la possibilité de pouvoir s’exprimer visuellement. Et ceci passe par différents moyens et supports, tels que les écrans, les vidéo projecteurs, paperboard et tableaux blancs. Ces deux derniers nécessitent un accessoire indispensable pour faire naître la créativité qui est en chacun de nous : le feutre. Mais plus particulièrement d’un feutre effaçable en ce qui concerne le tableau blanc.
– On se souvient en effet tous de la tête de cette personne quand en voulant effacer son schéma elle a découvert que le feutre était indélébile. Oui, je le sais, cette personne était parfois vous, votre mère, votre frère, votre cousin ou parfois moi. –
Mais de tous ces feutres effaçables, seul un tire son épingle du jeu. Écriture magnifiée ? Grip anti dérapage ? Feutre multi-usage ? Non, si les gens achètent ce feutre et ses différentes déclinaisons, c’est pour une seule et même raison : son odeur. Pivoine ? Jasmin ? Rose des bois ? Non ! Une odeur bien chimique qui laisse tout le monde d’accord. Une fois qu’on y goutte il est déjà trop tard, on y a pris goût.
Ce petit fourbe là. Lui ou ses comparses de différentes couleurs bien entendu.
Mais attention, il peut faire des ravages. Il en a déjà fait ! Jacqueline (nom bien entendu changé pour qu’elle conserve son anonymat) m’a raconté que durant un appel de dix minutes, elle l’avait sniffé au moins quatre fois. Peut-être plus, elle ne se souvient que d’une chose, dès qu’elle fut entrée dans la salle, le feutre n’a pas quitté sa main, jusqu’à ce qu’elle raccroche.
Je sens que petit à petit, moi aussi je suis atteint de cette feutrite qui furette dans mon cerveau à pas feutrés pour que je ne fasse plus qu’un entre le feutre et le nez dans lequel je l’ai fourré.
Mais le pire dans tout ça, c’est qu’il a déjà fait des victimes. Les pauvres malheureux, assoiffés de feutre, ne pouvait s’en détacher, obligés de faire semblant d’avoir besoin de l’utiliser pour ne serait-ce qu’humer son parfum, même de loin, causant parfois des dégâts irréversibles. Et malgré l’ardeur de certains à essayer de masquer les méfaits accomplis, le feutre reste là, se rappelant à qui de droit.
Vous ne le savez surement pas, sauf si vous êtes déjà venu chez nous ou que vous habitez avec nous sans que je sois au courant, mais notre appartement avec Cynthia comporte une mezzanine. Mais attention, une vraie ! C’est-à-dire pas la petite mezzanine où tu es obligé de ramper comme un GI pour accéder à ton lit. Non ! Notre mezzanine est du type où tu peux te tenir debout et sauter sans avoir peur de dire bonjour au voisin ou à la voisine du dessus. Oui !
Mais comment se fait-ce, me direz-vous ?
Et bien rien de plus simple ! La mezzanine a été prévue dès la construction de l’appartement. Ce qui offre une belle hauteur sous plafond et un ensoleillement de l’appartement optimale. Oui !
Et pourquoi cette mezzanine est importante ? Un peu de patience.
Vous le savez surement, même si vous n’êtes jamais venu chez nous ou si vous n’habitez pas avec nous alors que je suis au courant, mais notre appartement avec Cynthia comporte un réfrigérateur. Mais attention, pas un grand ! C’est-à-dire pas le grand réfrigérateur où tu peux mettre plein de trucs comme dans un grand restaurant. Non ! Notre réfrigérateur est du type où tu mets un pack de yaourts et un pot de crème fraîche et tu n’as plus de place pour autre chose. Oui !
Mais comment se fait-ce, me direz-vous ?
Et bien rien de plus simple ! C’est ce qu’on appelle un frigo top. Top pour mettre en élément bas dans votre cuisine équipée pour une location, mais pas top pour réellement vivre dedans et garder des aliments pour cuisiner de manière optimale. Oui !
Et pourquoi ce réfrigérateur est important ? Un peu de patience !
Les plus malins d’entre vous l’auront de suite compris, il y a un lien non négligeable dans cet article entre notre mezzanine et notre réfrigérateur !
Mais lequel ?
Serait-ce un amour impossible, comme Roméo et Juliette, où notre frigo s’empoisonnerait avec une crème fraîche périmée et, désespérée, notre mezzanine recouvrirait alors son sol de cette même crème fraîche ?
Serait-ce une amitié indéboulonnable, comme Holmes et Watson, où notre frigo et notre mezzanine mèneraient des enquêtes improbables pour retrouver des objets égarés ?
Serait-ce un lien familial conflictuel, comme Jim et Sarah Hawkins, où notre frigo rêve d’aventure et de découvrir le monde, alors que sa mère s’inquiète pour lui et a juste besoin de son aide pour les soucis du quotidien ?
Notre histoire est un peu un mélange de tout ça, où amour, amitié et famille se côtoient, dans une histoire abracadabrante, à la limite du romanesque et de la science fiction.
Ou, tout simplement, une histoire de vie, une histoire de tous les jours.
Comme expliqué plus tôt, notre appartement comporte une mezzanine et un réfrigérateur. Rien de bien folichon donc, dans notre T1 bis, où notre grande mezzanine fait office de chambre, de bureau et de dressing room et où notre rez-de-chaussée fait office de tout le reste.
Si vous avez déjà prêté attention aux bruits de votre appartement, hors télévision, micro-onde, four, eau qui coule et tous ces bruits découlant de votre activité propre, si vous tendez l’oreille à la vie de vos meubles, vous avez dû vous rendre compte que votre réfrigérateur fait du bruit, dû au système pour tenir les aliments au froid. Et oui ! Système ma foi, fort intéressant, puisqu’il vise à retirer la chaleur des aliments plutôt que de refroidir les aliments. Système qui du coup fait du bruit. Pas mal de bruit, surtout quand vous souhaitez dormir.
ET C’EST LÀ QUE TOUUUUUTES MES DIGRESSIONS PRENNENT SENS ! OUI !
Car notre frigo à nous, le notre, qui habite avec nous, fait un de ces boucans ! Il donne l’impression de vouloir communiquer de manière insistante en émettant des bruits à la R2D2 et à la BB8 dignes des plus gros moments de stress pour nos petits robots.
À certains moments on se croirait dans le Faucon Millenium ou dans le X-wing de Luke, pourchassés par l’Empereur et ses TIE Fighters a essuyer des tirs laser nous frôlant la carlingue. Mais non, nous sommes simplement avec Cynthia sous notre couette, dans notre lit, sur la mezzanine, à essayer de dormir quand surgit ses appels à l’aide.
Et malheureusement pour notre frigo, nous ne le comprenons pas. Disons que nous n’avons pas encore le pouvoir de traduction de C3PO (ou Z6PO, schizophrénie quand tu nous tiens). Du coup il s’escrime à s’exprimer, à tenter le dialogue, seul.
Je l’entendais surtout durant les longues soirées d’hiver cet été, quand Cynthia était à Antibes et moi seul, tout comme lui.
Frigo, si tu nous lis, tu n’es pas seul. Sache-le.
J’étais hier soir à l’anniversaire des 30 ans d’une société.
J’étais il y a un mois à l’anniversaire des 60 ans de mon père.
Vous voyez où je veux en venir ? Deux anniversaires ! Et si l’on additionne le chiffre 30 à lui-même, le résultat obtenu est 60. De même que si l’on multiplie 30 par 2. Étrange non ?
J’ai encore plus étrange à vous annoncer. Quelque chose qui pourrait bien changer l’ordre mondial. Et si vous me suivez depuis longtemps, vous savez que je ne prends jamais les choses à la légère.
Au cours de ces deux événements, une chose similaire est arrivée : de la musique a été lancée. Chose somme toute assez normale puisque je me trouvais à deux événements festifs, des anniversaires qui plus est. Et il est souvent de coutume, voire de rigueur, que dans des soirées de type anniversaire, il y ait un préposé au son, dont le mot d’ordre est de faire bouger des popotins, a.k.a. faire shaker des booty. Cette personne usera de nombreux artifices pour ne pas faillir à sa mission; disco, années 80, Hip-Hop, RnB, reggaeton et j’en passe seront ses armes de prédilection.
Mais il y est une arme bien plus destructrice ! Une arme dont on ne se rend pas compte du potentiel. Une arme qui, depuis des années, s’immisce dans nos vies pour nous contrôler. Oubliées les discussions. Oublié le repas. Oubliés les partenaires. Oubliée l’envie d’uriner. Cette arme a le pouvoir de faire tout ça. Votre volonté n’est qu’un château de sable devant affronter un tsunami !
Pavlov l’avait prédit. Ce vieux fou avait tout préparé ! Cerise sur le gâteau, ses chiens et leur nourriture n’était qu’un amuse bouche ! Mais il passa sous silence cette partie, attendant patiemment le bon moment pour lancer son offensive. Car ce que personne ne sait, c’est qu’à ses heures perdues, Pavlov était disc jockey, mixant les plus gros sons sous le pseudonyme DJ Иван Петрович Павлов.
C’est donc sans préambule, qu’à ces deux anniversaires, le préposé au remuage de popotins lâcha la bombe. Et dès que les premières notes retentirent, telle une armée de zombies, tout le monde s’arrêta de faire ce qu’il faisait sur l’instant pour se ruer sur la piste de danse comme si elle avait vu un bébé tout frais, pour danser le madison. Oui, le madison est cette arme de destruction massive ! Observez autour de vous le changement de comportement des gens à l’écoute des premières notes.
Le petit malin qui voudrait rigoler pendant un enterrement pourrait passer pendant l’arrivée du cercueil, à la place de la marche impériale (oui mon enterrement/envoyage de mon cadavre dans l’espace sera trop bien), le madison et se payer une bonne tranche de rigolade en voyant de suite les gens arrêter de pleurer pour pousser les bancs et les chaises afin de danser comme des possédés !
Cette chanson est diabolique et Jésus, s’il le pouvait encore, danserait lui aussi le madison, envoûté par les diabolicum seize temps. Certains des esprits les plus téméraires, réussissant tant bien que mal à lutter contre cette danse du démon, jureraient entendre des bruits de choc au rythme de la musique, comme si une grosse poutre de bois heurtait violemment le sol.