Catégorie : Billets du vide

  • Le 12h45 pour Paris

    Le 12h45 pour Paris

    Cynthia et moi embarquons à bord de notre Flixbus pour Paris. 27€ aller retour pour deux il aurait fallu être fou pour se priver (non, cet article n’est pas sponsorisé par Flixbus mais si y’a moyen de voyager en bus gratuit je ne dirais pas non…).

    Avant même de monter les marches, on repère l’habituée : celle qui parle au chauffeur en lui disant que c’est une habituée et qu’elle a déjà voyagé avec lui, mais aussi avec Momo, Pierre, Chrystelle et Jacqueline. Le chauffeur lui dit de se mettre pas loin d’elle pour papoter durant le trajet. Bah ouais, trois heures c’est long, faut tuer le temps. Et même le Death Note ne peut pas faire ça !

    L Death Note

    Cynthia les bons tuyaux m’invite à prendre les sièges où la place est la plus agréable pour les jambes, celle face à l’escalier du mi-bus.

    Alors à moins de vouloir faire un bingo sur les gens qui vont aux chiottes tout en ayant le nez bouché, je ne recommande pas cette place. C’est à peu près ce que je lui dis mais moins finement : « ça pue les chiottes c’est dégueulasse on ne s’assoit pas là ». Je rebrousse chemin et nous assieds côté gauche vers le milieu de l’avant du bus. Une place pas plus stratégique qu’une autre. Le genre de place normale qui a une prise usb et une prise secteur, top pour le trajet quoi (Flixbus si tu me lis…) !

    Je regarde l’anarchie du bas côté, classique gare Lille Europe, avec les chauffeurs obligés de s’arrêter en plein milieu de la route pour attendre trente minutes que le futur passager descende du train. Que serait la gare sans un concert de klaxons et un solo de jurons ? Rien !

    excité du volant

    Les gens s’installent, mettent leur valise dans la soute, côté gauche comme côté droit, mais sans les risques de mort dus aux voitures et bus qui frôlent les piétons pour ce dernier.

    Notre chauffeur s’installe, tout est prêt !

    Sauf les retardataires.

    Mais notre chauffeur est pro, il les emme***. Il attend trois quatre minutes puis part. Et il a bien raison ! Si on nous demande d’être quinze minutes avant l’heure du départ, ce n’est pas pour rien. Nous partons donc légèrement en retard mais rien d’alarmant.

    Si les bouchons lyonnais sont connus, je pense que ceux de Lille n’ont pas à pâlir ! Nous nous retrouvons donc quasiment de suite arrêtés.

    Vous vous souvenez de Giselle, notre habituée, garée proche du chauffeur ? Elle n’a pas attendu plus longtemps pour piailler. Et pia pia pia Momo. Et que Jocelyne elle était bien et que Josiane aussi.

    Mais ce qu’elle ne sait pas notre pipelette, c’est que Josiane et Jocelyne ont sacrément fait de la merde ! Eh ouais ! Et ça c’est notre chauffeur de bus qui nous l’a dit. Chauffeur de bus non marié et sans enfant qui plus est. Parce que 10 ans à conduire des Flixbus, ça n’aide pas pour une vie de famille. Et la boîte a d’ailleurs sacrément évoluée en dix années. Il en est content Jacques (notre chauffeur).

    Notons à ce stade que tous les prénoms ont été changés dans un souci d’anonymat et, surtout, dans un souci de mémoire.

    Et Jacques il aime beaucoup les Enfoirés. Surtout le dernier album, celui qui passe en ce moment dans le bus. C’est le meilleur depuis au moins deux voire trois ans. Giselle trouve aussi.

    C’est vrai qu’ils avaient perdu de leur superbe les Enfoirés. Et puis les scandales et les casseroles qu’ils se traînent, c’est quand même bien triste. C’était pas ça du temps de Coluche.

    Ah bah non ma p’tite Giselle ! Mais si maintenant tu pouvais arrêter de parler ce serait top !

    bébé dortHeureusement, notre amie Giselle a dû entendre notre appel à l’aide. Elle est fatiguée. Au point de ne pas tenir 3h de conversation. Elle s’assoupit tendrement, comme un bébé épuisé de s’entendre parler.

    Hallelujah !

    Le trajet se passe donc sans encom… « Oui José ? Oui mon entretien s’est bien passé. »

    Oooook !

    On a donc maintenant Clémentine qui se croit dans une cabine téléphonique publique. Elle ne doit pas voir que dans sa graaaaaaande cabine il y a plus de 80 personnes. Ah bah non. Il y a déjà son nombril, dur de voir le reste.

    bus
    Reconstitution réalisée avec trucage

    M’enfin Laurie (qui s’appelait plus haut Clémentine mais problème de mémoire ya know), elle cherche du boulot. C’est important le boulot ! Alors sur les deux entretiens qu’elle a eu, elle préfère le deuxième. Et ça tombe extrêmement bien parce que la personne vient de la rappeler ce matin et lui a laissé un message sur son répondeur pour lui dire que si le poste la tente toujours, elle est prise.

    Mes félicitations !

    Elle va rappeler sa future chef de suite. Il ne faut pas passer à côté d’une telle aubaine ! Surtout qu’elle ne savait pas qu’une antenne départementale de droit de la femme existait à Lille ! Un coup de poker je vous dis !

    Mince !

    Elle tombe aussi sur son répondeur. Décidément, ce sera un échange par répondeur interposé.

    Mais c’est plus pratique finalement, elle peut rappeler ses amis.

    Ah non ! C’est sa sœur cette fois.

    Et vous savez quoi ? Sa mère lui a fait un truc pas propre à sa sœur. Elle ne l’avait même pas prévenu que son père avait eu un problème et est du coup à l’hôpital. On arrive pas à savoir ce que c’est mais on soutient. En mode gurlz gang quoi ! On laisse pas une sistah comme ça.

    gurlz gang
    Oui, en mode gurlz gang nous devenons asiatiques

    Attendez, la femme du boulot la rappelle !

    Chut chut chut !

    Oh je suis tout excité pour elle !

    Mais impossible de savoir ce que lui dit la femme au bout du fil invisible de son portable. Vivement qu’elle téléphone de nouveau à quelqu’un pour tout lui raconter.

    Yes c’est chose faite ! Clémentine/Laurie ne nous déçoit pas !

    Franchement c’est une aubaine ! Sa chef la fait commencer mi juin. Comme ça, ça lui laissera plus de temps. Et en plus, au lieu de faire 28h par semaine, elle en fera 22, ce qui lui laissera aussi plus de temps. C’est génial ! Je n’ai jamais été aussi content pour quelqu’un.

    Du temps pour quoi ? On en sait rien ! Mais est-ce qu’on ne s’en moque pas ? Le principal c’est qu’elle soit heureuse, non ?

    Par contre, elle devra appeler son contact pour un autre entretien qu’elle avait de programmé dans plusieurs jours. Plus besoin de le faire du coup.

    Eh ouais, Clémentine/Laurie ce n’est pas le genre à faire perdre du temps comme ça aux gens, pour rien. Elle son genre, c’est plus d’emmerder 80 personnes en même temps, en passant ses appels dans un bus, pendant qu’on essaie tranquillement d’écouter le deuxième album des Enfoirés du trajet et d’en apprendre plus sur la vie de Giselle.

    m'enfin
    Gaston Lagaffe de Frankin
  • 1001 nuits/pattes

    1001 nuits/pattes

    Il y a 10 jours, nous étions avec Cynthia dans le sud afin de profiter du soleil et de ses formidables tempêtes et, accessoirement, voir sa famille. Je n’avais jamais vécu d’évacuation alors autant vous dire que j’attendais ces vacances avec un plaisir non dissimulé.

    Le jeudi se passa nickel ! Pluie à l’arrivée, que demander de mieux ? Si on veut une inondation, il vaut mieux qu’il y en ait de la pluie ! Et des torrents s’il vous plaît ! Alors j’étais aux anges ! Surtout que deux nuits à l’hôtel étaient prévues. En mode vacances quoi !

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    Arrivés là-bas, rien à redire. C’était un appart hôtel classique mais très propre avec une formidable terrasse. Pratique pour se faire héliporter ! Hé ouais ! Tout était prévu ! Toilettes séparées de la salle de bain, utile si on avait tout les deux envies de faire pipi ! Avec le lavabo de la salle de bain, on pouvait même être une personne de plus ! Sympa ! Le lit était immense, blanc immaculé et la kitchenette équipée pile ce qu’il fallait et même plus puisqu’il y avait un lave-vaisselle, pastille offerte ! Du 5 étoiles quoi. Bref, RAS ! Après ce petit tour du proprio, nous décollâmes vaquer à nos occupations avec la famille de Cynthia et sans la famille de Cynthia.

    Pluie, shopping, bouchons, pluie, limonade, pluie, repas, plus de pluie.

    Nous rentrâmes là-bas 3h plus tard pour déposer et prendre des affaires et c’est là que ça commença à tiquer. Petite odeur de renfermé venant de la salle de bain en ouvrant l’appart. Vous savez, celle où n’étaient pas les toilettes. Ce qui était con car ça aurait pu expliquer l’odeur. Mais non ! Nous étions conciliant vu la pluie des cinq derniers jours, nous fermâmes juste la porte en guise de repousse odeur : efficace !

    Mais quelques secondes plus tard, nous nous rendîmes compte que nous n’étions pas les seuls locataires de l’appart hôtel. Nope ! Lors de l’après-midi des invités non invités avaient décidé d’élire domicile chez nous. CHEZ NOUS !

    Perso j’ai jamais rien eu contre les fourmis. Franchement ! Si, à la rigueur, quand elles me montaient sur la jambe ça me chatouillait quand j’étais petit. Mais à part ça, rien.

    giphy (2)Par contre, lorsqu’elles se baladaient du haut de la tête de lit à l’interrupteur de l’appart, là, ça me gênait un peu plus.

    On avait beau leur demander gentiment de partir, elle ne s’exécutait pas. Sauf avec un petit coup de main. Ou plutôt un petit coup de pouce. MOUAHAHAH.

    Pas le temps de niaiser, on avait d’autres trucs à faire. On s’est dit qu’on en toucherait deux mots à la réceptionniste en allant chercher la voiture dans le parking et qu’elle ferait le nécessaire.

    C’était juste un peu plus dur de prévenir la réceptionniste vu qu’elle n’était pas là. Donc direction le parking du sous-sol maudit, sans lumière, où les flashs de nos téléphones étaient nos meilleurs amis. Apparemment un détecteur de mouvement ça coûtait trop cher.

    Je vous passe les bruits chelous qu’on entend généralement dans un parking souterrain, au dessous de touuuuuuutes les canalisations du bordel. Si Gigi était partie pisser, on le savait direct ! Même si c’était pas Gigi d’ailleurs. Et vu les différents bruits des tuyaux, on savait aussi si elle avait mangé un welsh ou un mexicain.

    Nous passâmes tranquilou bilou notre soirée, pour revenir à 1h30 du matin dans notre  fameuse chambre.

    Et, ôôôô joie ! De nouvelles locatrices ! Apparemment les fourmis avaient envoyé une expédition de secours pour retrouver les disparues. Et elles ne laissaient rien au hasard puisqu’elles étaient là où lesdites disparues avaient été aperçues pour la dernière fois : haut de la tête de lit et interrupteur de l’appart. Mais elles avaient aussi organisé des battues ! C’est que c’est méthodique une fourmis ! Fouille du lit, des toilettes, de la salle de bain, des contours de portes et j’en passe. NICKEL MICHEL ! C’est sûr, on allait s’éclater tous ensemble à faire la teuf toute la nuit…

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    Philippe Etchebest aurait été là, il t’aurait foutu un bon coup de pieds dans cette fourmilière. Je te le dis moi, je le connais bien !

    Aucune envie pour Cynthia et moi de dormir avec les fourmis, j’ai appelé le numéro à appeler en cas d’urgence, qui n’était situé que dans les ascenseurs et les couloirs. Pas les chambres. Non. Dans l’hôtel ils sont sympa, si t’as un gros pépin, tu rush l’ascenseur. C’est tout. C’est contre indiqué ? Ranafout’ tu appelles l’ascenseur. T’es au quatrième ? Eh bah t’attends !

    Au téléphone, après explication du problème, le type m’a dit « ouïe ».

    Oui.

    Ouïe.

    Ça donne confiance, non ? Ça commençait bien.

    Après, la bonne nouvelle, c’est qu’il était quand même dans le même hôtel que nous ! En voilà une bonne nouvelle ! En appelant un portable, encore heureux que je ne tombais pas sur une hotline délocalisée, non ? Mais je n’étais pas au bout de ma peine.

    Au bout de 10 minutes qui en paraissaient 120, la sonnette résonna, avec à son bout, l’homme de la sécurité. L’homme, de la sécurité. De, la, sécurité. Nous nous attendions plutôt à une personne en charge de l’hôtel. Pas à un homme de la sécurité. Il a dû voir à nos têtes déconfites qu’on était déçu car il nous donna directement son plan, deux badges pour accéder à deux chambres pour reloger les locataires en cas de pépin. Notre contexte en gros. Le problème allait se résoudre. Yattaaaa.

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    Première chambre, la diode rouge s’alluma.

    Une fois.

    Deux fois.

    Trois fois.

    Abandon.

    Deuxième chambre, la diode rouge s’alluma.

    Une fois.

    Deux fois.

    Trois fois.

    C’est à ce moment là que l’agent de sécurité ne laissa pas débiner, quand Cynthia et moi étions déjà au troisième sous sol. Il avait l’arme ultime : le Lilou Dallas MOULTIPASS.

    Diode verte.

    Chambre occupée.

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    A court d’options, l’homme de la sécurité nous regarda, de la pitié dans les yeux. Et un peu de frayeur. Car même fatiguée, quand Cynthia est énervée, elle ferait peur à Satan. Puis il prononça son discours, solennel, de mise en demeure, il avait fait tout ce qu’il pouvait pour nous. La sentence était tombée, on était dans la merde. Deux faux « merci quand même plus tard », c’était le branle-bas de combat dans la chambre pour trouver une solution.

    Nous avons fini dans le salon de l’appartement des parents de Cynthia, pour une nuit de 3h pour moi et 30 minutes pour elle.

    MAIS, comme toute histoire doit bien se terminer, nous sommes retournés à l’hôtel le lendemain pour nous faire rembourser du petit déjeuner, de la place de parking et pour finir surclasser dans une chambre quasiment plus grande que notre appart, sous un soleil digne d’un mois d’août !

  • Les mains dans les poches. Ah bah non.

    Les mains dans les poches. Ah bah non.

    Hier soir, je rangeais les vêtements qui séchaient sur le tancarville après une lessive. Pour les plus incultes d’entre vous, un tancarville c’est la chose ci-dessous :

    laundry-706621_1920

    Et la réponse à votre interrogation est oui, on trouve vraiment de tout sur les sites de photographies libres de droits. Ce magnifique spécimen de tancarville en est un bel exemple.

    Et donc, pour reprendre là où je me suis arrêté trente secondes plus tôt, je dépendais des affaires qui séchaient sur notre tancarville quand je me suis retrouvé nez à nez avec un jean retourné de Cynthia. Jusque là, rien de bien anormal. Etant donné que c’est moi qui avais lancé la machine, je savais à quoi m’en tenir. Je retourne toujours les pantalons afin que les poches puissent sécher convenablement, non emprisonnées par les deux épaisseur de tissu.

    Mais là, j’ai bien remarqué que ma technique ne servait pas à grand chose au vue de la taille des poches, lorsque poches il y a.

    Parce que oui, ne nous voilons pas la face. Ce n’est pas par plaisir ou par coquetterie que les mannequins sur les photos de jeans ne rentrent qu’une phalange dans la poche en se cassant le poignet.

    poches jean

    Elles ne sont pas en mode : « Oh non moi quand je mets mes mains dans mes poches, tu sais, c’est juste pour ne pas abîmer mon vernis. Tu me comprends hein, c’est pas du Kiko. Hahahahaha ». Qu’elles sont drôles ces mannequins quand même !

    Alors pourquoi les poches sont toutes petites ?

    • Parce que Madame doit porter un sac ?
    • Le lobby des sacs à main en action ?
    • Parce que pour faire une belle ligne, il faut des mini poches ?
    • Parce que sinon :

    Du coup, quand je vois la taille des poches, je comprends bien mieux pourquoi certaines adolescentes ou jeunes femmes ont leur téléphone qui dépasse à moitié de la poche de derrière.

    Résultat de recherche d'images pour C’est surtout que si on réfléchit comme ça, avec la mode des mini sacoches affreuses pour les hommes, bientôt, aurons-nous toujours des poches ? Quand votre copine/femme/concubine vous demandera de porter ses clés car elle ne veut pas porter son sac à main, vous lui direz quoi ? Ah désolé chérie, j’ai pas de poche non plus avec mon nouveau pantalon. Et vous aurez tout les deux l’air con avec votre sac banane.

    Parce que, quoi qu’en dise la mode, ça reste moche.

    Puis merde, pouvoir mettre son téléphone dans sa poche, c’est quand même la moindre des choses. Et parce qu’avec des téléphones de 15cm de hauteur, il va peut-être falloir changer un truc. Donc soit on retourne au téléphone à clapet, soit on fait des poches dignes de ce nom.

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    Je vois où vous allez m’emmener. Que de toute façon, on va finir avec des téléphones aussi grands que des ordinateurs alors autant s’habituer tout de suite à les porter dans un sac. Mais si moi je n’en ai pas envie ? Si j’ai envie de pouvoir mettre mon téléphone dans ma poche ?

    Et si je veux réchauffer mes mains dans les poches de pantalon de Cynthia ? Et si elle en a marre de devoir porter son sac car elle doit emporter son téléphone et ses clés ? On fait comment ?

    En gros, les fabricants de pantalon voient les femmes comme ça :

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    Pourquoi tu veux des poches quand tu as ta maison sur le dos ? GNÉ !

    Eh bien Zara, Mango, H&M et autre consorts, le jour où toutes les femmes s’appelleront Franklin, on fera appelle à vos fausses poches.

    En attendant, des vraies poches se serait pas mal.

    Il y a cet article de Buzzfeed qui est vraiment pas mal dessus. Les commentaires sont très drôles. Par drôles j’entends affligeants.

    Mais j’ai voulu aller encore plus loin. Alors pour le coup, j’ai fait une pétition au lobby du sac à main et au lobby du pantalon. Parce que hey, on a tous le droit à des vraies poches.

    Et parce qu’on a beau dire, ça va plus loin que de simples poches.

  • One way to hell

    One way to hell

    Il y a de ça plusieurs jours, nous avons décidé avec Cynthia de nous rendre à la Venise du Nord, afin de rendre visite à Jeff. Notre nouvelle compil’ musicale of ze doom dans la poche puis dans le lecteur CD de la voiture, nous avons embarqué pour une virée de l’extrême, au pays des gaufres, de la frite et de Jeanne. Et de Jeff bien sûr. Comme dit précédemment. Mais nous n’avons rencontré ni l’un ni l’autre. Ce qui est bien malheureux. Enfin on a quand même rencontré de la gaufres. Et spoiler alert, elles étaient bonnes !

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    FLASH BACK !

    Vroom vroom la voiture, nous sommes en route pour une bonne heure de trajet sur les routes sinueuses de Belgique. Les B sur les plaques remplacent petit à petit les 59. Nous « chantons » à tue-tête tels des foufous heureux de prendre la route. Lady Gaga est remplacée par du Miracle of sound puis par différentes reprises rock ou punk de chansons telles Livin’ la vida loca ou Don’t be so shy. QUE DU BON QUOI !

    Malgré les différentes feintes que nous réservent l’autoroute belge et ses milliards de travaux, Bruges la belle est en vue. Attention les belges, c’est nous que v’la ! Nous roulons sur les pavés, nous esquivons les piétons, nous doublons les vélos, bref : nous sommes les rois ! Eh ouais Philippe ! Et rien ne peut nous arrêter. Enfin rien…on galère un peu à trouver une place pour nous garer quand même.

    Pas grave, à nous les parkings couverts ! Rien ne nous arrête ! Nous sommes toujours les rois ! Enfin les « VOL » bien rouges sur chaque panneau de parking, nous arrêtent un peu quand même. Je dois l’avouer. On ne parle pas néerlandais mais on a tout de suite compris qu’on se prenait des gros stops à la chaîne.

    langerstraat brugesOn ne se laisse pas démonter, on cherche le Langestraat, une valeur sûre du parking qui ne peut pas nous laisser tomber, comme les autres ont pu le faire. Ce qui est d’ailleurs bien étrange tout de même, que tous les parkings soient complets. De ma vie de brugeois (et non bourgeois, ça se saurait sinon), je n’ai jamais vu ça ! Bon, ok, ce n’est que la deuxième fois que j’y suis. Certes. Mais quand même !

    Je suis mon GPS et me retrouve derrière un français. Non. Pire. Derrière un 62 ! Oui. Je sais. Vous voyez venir l’embrouille, les problèmes. Nous nous sommes faits la même réflexion. Et c’est là que ça a commencé à devenir bien chiant. Nous roulons sur une espèce de fausse voie de bus, pour arriver à un espèce de terminal de bus et des voies en travaux. Là, on se dit que ça pue. Le 6-2 devant nous interroge un piéton. On voit qu’il n’est pas confiant. Alors on a peur. Mais pas le choix, c’est du one way to hell que notre prédécesseur nous propose.

    On voit beaucoup de monde et notamment beaucoup de vélos et de piétons. C’est sympa ce genre de ville vivante. Enfin là un peu trop. Ca en devient même gênant pour avancer. Et les gens nous regardent bizarrement. Je rappelle que nous suivons un 62. On se demande donc si nous sommes bien sur une route praticable. Mais je suis mon GPS donc ça doit être bon. Non ? Boom ! Nous sommes bloqués. Un type bouge des panneaux interdit de stationner pour se garer. Plutôt chelou quand même. Perso, ce n’est pas un truc que je ferais. Mais bon, nous sommes en Belgique. A chacun ses coutumes. Et ses coutures. HAHA.

    Et là on se rend compte d’une chose. Ce n’est plus beaucoup de piétons et de cyclistes, c’est une véritable marée humaine. La voiture devant nous stoppe. Impossible d’aller plus loin. Pour combien de temps ? Oh. Un char. Oh. Des cotillons. Oh. Des bulles de savon. Ah. Un défilé. SUPER ! Nous sommes aux premières loges. Ou pas. Génial. Nous sommes joies.

    Nous sommes à Bruges depuis maintenant 40 minutes. Toujours bloqués. Le temps commence à être long. Très long. Les sièges de la voiture se transforment littéralement en ça :

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    Oui, ça n’a pas l’air confortable.

    Nous en sommes à nous demander si nous n’allons pas rentrer, tout simplement.

    Mais le défilé se termine et les gens commencent à partir. Nous allons enfin pouvoir avancer à nouveau ! GOOOOOOOOOOOOOOOO !

    Ah bah non…

    Le 6-2 n’a pas envie. Il a décidé de camper ici, à attendre que le moindre être vivant ait quitté les lieux. Après tout, pourquoi montrer son intention d’avancer ? Sur la route ? Autant attendre encore 15 minutes. Franchement, 20 minutes de défilé, ce n’est pas assez. On adore être dans sa voiture à attendre. On est venu à Bruges que pour ça.

    Et c’est de la haine qui commence à croître en nous. On en peut plus. On veut lui faire sa fête, l’entourer de planche de bois et mettre des cailloux dessus. Un peu comme ça oui :

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    Au final, notre périple à Bruges à été une vraie torture. Ce qui est plutôt ironique quand on pense où nous nous rendions : au musée de la torture.

    Yep.

    Oui oui.

    Le.

    Musée.

    De.

    La.

    Torture.

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  • London rolling (Londres partie 7)

    London rolling (Londres partie 7)

    Le Ministère de la Magie est loin derrière nous. Nous sommes en effet plus en mode Ministère du transport. Et si le nom fait moins rêver, je peux vous assurer que notre moral est également beaucoup moins à la fête qu’avant.

    Nous sommes sur le parvis de la gare routière. Une gare routière, c’est comme une gare ferroviaire mais en beaucoup moins classe. En revanche, les deux se rejoignent parfaitement sur la déprime ambiante.

    Nous n’avons pas envie de partir. Seule une porte vitrée nous sépare de notre bus de retour. Rien de plus. Une vulgaire porte. Et pourtant, cette porte est notre dernier rempart qui nous retient à Londres. Le dernier lien, ténu, entre le rêve et la réalité. Alors lorsqu’elle s’ouvre, la première chose à s’engouffrer par cette porte désormais ouverte est la tristesse. Comment cinq jours peuvent avoir autant imprégner nos esprits ? Je ne pensais pas ça possible.

    Comme les autres passagers, nous faisons la queue pour monter dans le bus, nos bagages à la main et les larmes aux yeux. Nous sommes ces vaches en rang d’oignon ne comprenant pas que juste devant se tient l’abattoir.

    Le chauffeur semble qui plus est loin d’être agréable. C’est con. Ça aurait pu faire passer la pilule plus facilement, un moindre mal en somme.

    On aurait dû prendre la pilule bleue Cynthia…

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    Enfin c’est ce qu’on se dit sur le moment. On veut revenir en arrière, revivre ces cinq jours à l’infini. Le retour à la réalité fait mal. C’est comme se casser la gueule. Mais comme le dit le dicton, quand on tombe de bicyclette, il faut tout de suite remonter à cheval. Sinon on a peur à vie de faire de l’aviron. Alors c’est sûr, c’est dur de remettre le pied à la pédale. Mais si on ne le fait pas, on reste avec les petites roulettes. Et la vie ne fait pas de cadeau ! Alors comme Tim, tu fonces !

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    Je ne vais pas vous mentir, le début du trajet est dur. Nous avons les larmes aux yeux, incapables de nous remonter le moral l’un l’autre. Nous sommes comme deux borgnes ne comprenant pas qu’il nous faut unir nos forces pour voir comme une seule personne à nouveau. Tout comme Trunk et Goten, nous cherchons à fusionner, à nous entraider, mais nous avons du mal, nous ne connaissons pas la danse. Où est notre Piccolo, notre Petit-Cœur dévoué corps et âme à notre apprentissage ?

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    Quand soudain je pensais toute tentative vaine, le micro grésille et la voix du chauffeur de bus se fait entendre. Il avait entendu mon appel à l’aide. Nous sommes loin de la personne qui nous faisait monter dans le bus. La deuxième personnalité du chauffeur venait d’entrer en scène et elle nous fait des blagues, discute avec les passagers, commente les façons de rouler des anglais. Pile ce qu’il nous fallait ! OUI ! Continue Petit-Cœur chauffeur de bus, amuse nous, fait nous ton show !

    Nous sommes comme Chamillionaire, inarrêtables, avec les rageux derrière nous, jaloux du flow de notre chauffeur et de la dextérité de sa conduite. Comme dirait notre poète du sept-huit La Fouine, « j’suis dans mon jacuzzi, t’es dans ta jalousie« . A peu de choses près les derniers du bus montrent leurs fesses aux voitures de derrière.

     

    Le temps passe lentement mais assez facilement dès que le conducteur de bus discute. Et c’est donc moins déprimé et sur une pente ascendante que nous attaquons la douane. Enfin que nous arrivons à la douane. Nous ne l’attaquons pas. Impossible pour nous de l’attaquer d’ailleurs, il y a des plots partout. CQFD !

    ~ ~ ~ ~ ~ ~ douane ~ ~ ~ ~ ~ ~

    Contrôle des passeports, bla bla, pas de pause pipi car on est en retard, encore un contrôle des passeports, toujours du bla bla et toujours pas de pause pipi car on est, bien entendu, toujours en retard.

    ~ ~ ~ ~ ~ ~ fin de douane ~ ~ ~ ~ ~ ~

    Notre showfeur nous renseigne sur le tunnel sous la Manche afin de nous faire patienter pendant l’embarquement : «Nous avons 50 à 100m d’eau de mer au dessus de nous. C’est la Manche, la mer du Nord. Elle est très froide. On y peut rien. On me demande toujours si c’est possible de voir des poissons. Non, ce n’est pas le cas. Si vous en voyez, faites vos prières, c’est la fin du voyage. Bonne traversée ! Du coup, je ne sais plus quoi dire pour vous rassurer. J’avoue avoir moi-même peur maintenant.»

    Et contrairement au gros boulet qui avait tenté de rassurer sa copine lors de notre trajet d’aller et qui avait magnifiquement bien foiré, ce discours nous remonte à fond le moral et nous redonne le sourire. Nos visages ainsi que nos sourires se décrispent et avec Cynthia nous reprenons nos conversations et chamailleries habituelles. Nous en profitons également pour ressasser ces cinq jours outre Manche, à parler English, manger du fish & chips, prendre le tube et rigoler.

    C’est exactement ce dont nous avions besoin, une dernière note de gaieté pour notre London trip durant, ce voyage de retour emplit de tristesse, où les mots nous manquaient pour nous réconforter l’un l’autre.

    Merci chauffeur, tu nous auras fait rire dans un moment où le sourire était resté derrière les vitres de l’espace d’embarquement de Victoria, assis sur une chaise d’un Prêt à manger, accroché à la bar d’une rame de métro de la Bakerloo ou noyé dans un fond de London Glory du Rose & Crown à Old Park Lane.

    See you soon London!

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  • London peeing (Londres partie 6)

    London peeing (Londres partie 6)

    Cette soirée d’Halloween fut notre dernière soirée à Londres.

    Aujourd’hui, nous sommes le mercredi 1er novembre. Jour de notre départ. Cynthia et moi sommes réellement tristes. Nous achetons nos derniers souvenirs, des poppies, symboles des soldats tombés au combat et dons pour les vétérans et leur famille.

    Même si nous n’avons passé que cinq jours à Londres, nous sentons le respect de chacun devant ce symbole et sommes ravis de pouvoir participer à « l’effort de guerre ».

    poppies

    Victoria station. Notre dernière station de métro avant le départ en bus. Nous décidons de manger préalablement, histoire de survivre les 5h de trajet. Nous sommes malins oui ! Nous avons surtout retenu notre erreur de l’aller, où nous n’avions que des biscuits. Moins malins oui. Mais hey, les Pepito pockitos, c’est quand même les meilleurs biscuits du monde ! Du chocolat dedans, du chocolat dessous et cette petite tête avec son sombrero dessus, c’est le feu (comme disent les jeunes) ! Pepito c’est un peu le Silver Surfer du biscuit. C’est également le cousin outre pacifique du rider de ticket de cinoche. Esthétique du Vide, premier sur les infos que vous n’entendrez nul part ailleurs !

    Revenons à notre Victoria. Pas Beckham non, la station.  Digne d’un grand centre commercial et hall de gare, vous pouvez y trouver à peu près tout ce que vous désirez : cartes postales moches, magnets pour le frigo, valises, nourriture, parfums et j’en passe. J’en passe car le plus important pour moi sont les toilettes ! OUI MESDAMES ET MESSIEURS ! Les toilettes ! Vous le savez, je n’aime pas faire pipi dans le bus !

    Je me dirige donc vers les toilettes les plus propres de toute ma vie ! ET GRATUITES ! OUI ! Des toilettes gratuites et propres dans une gare. OUI OUI OUI OUI OUI ! Je sais que ça peut paraître bizarre voire impossible, mais ça existe. Je ne le savais pas moi-même avant d’y assister, de le vivre de mes propres yeux. Et de le vivre de tout mon corps d’ailleurs. Sinon ce serait bizarre, en mode yeux volants. Et puis des yeux, ça n’a pas vraiment envie d’aller aux toilettes en plus. Ce ne serait pas cohérent comme histoire du coup.

    Saint Thomas
    « C’est par ici les toilettes propres ? » Saint Thomas

    Les voyageurs se pressent dans les escaliers carrelés pour vivre seuls ce que seulement des centaines d’élus peuvent vivre chaque jour, comme moi. Bien entendu, les urinoirs sont tous utilisés. Logique ! Mais il me reste les cuvettes ! Pas peur ! Et j’ai raison ! Elles sont parfaites ! Parfaitement propres ! En voyant cette beauté, j’ai de suite eu envie de poser mes pieds dans la cuvette et de tirer la chasse, en mode Harry Potter style. Et hop, direction le ministère de la magie !

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    Mais je me suis dit que ça aurait été un affront que de faire ça. Et nous sommes en 2017.  Plusieurs années après les événements décris dans HP donc. Et à Victoria, la chasse est automatique. Du coup, beaucoup moins pratique. J’aurais pu passer plusieurs minutes les pieds mouillés, à chercher comment faire fonctionner la chasse en passant ma main maintes et maintes fois au dessus du détecteur.

    Alors plutôt que de subir une telle humiliation, j’ai préféré faire la chose qui prouve la plus grande confiance au monde :

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    Merci Victoria pour tes toilettes !