Catégorie : Billets du vide

  • Sudisteries

    Plus d’un mois que je suis revenu de vacances et je ne pense déjà qu’à partir. Pauvre de moi.

    Car comme vous le savez peut-être/surement/pas (rayez la mention inutile), j’étais cet été en vacances, pour deux semaines, dans le sud de la France, pour la deuxième année consécutive.

    Je suis devenu de ce fait, en quelque sorte, un touriste local. Je me fondais dans la masse, espadrilles aux pieds, short de plage et chapeau en paille sur la tête. Je précise, le short de plage, lui, n’était pas sur ma tête.

    J’empruntais comme un as les transports en commun. La ligne 1, jaune, n’avait plus aucun secret pour moi. A tel point que je m’accordais même, parfois, le luxe de ne pas me placer dans le sens de la marche. Eh oui, pas besoin d’anticiper à l’avance les arrêts, je les connaissais sur le bout des doigts (j’avais le plan sur mon portable, pas con le type !). J’étais un aficionado. Les chauffeurs me saluaient, me gratifiaient d’un bonjour, et ça m’allait très bien. Je ne recherchais ni la reconnaissance ni la célébrité.

    Je ne faisais plus qu’un avec le sud de la France et le sud de la France ne faisait plus qu’un avec moi. Les us et coutumes n’avaient plus de secrets pour moi.

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    J’avais compris qu’en voiture, il était bien vu, et même presque indispensable, d’insulter et de klaxonner ses pairs. C’était un signe de reconnaissance entre nous, d’appartenance à la même bande, qui nous liait plus encore que Vin Diesel et Paul Walker.

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    J’avais appris à facilement reconnaître les touristes, qui se déplaçaient en masse, rouge comme du rouge bien rouge, qui gueulaient sur Bryan et Dorothy qui bouffaient du sable alors qu’eux aspiraient seulement à fumer paisiblement sur la plage et à enterrer leurs trésors. Comme un chien qui marquerait son territoire en fait. Et puis faut avouer que comme ça, quand on regarde sous l’eau, ça

     change des coquillages. Vous n’en avez pas marre vous, de ne trouver toujours que des coquillages dans la mer ? Franchement, ça devient banal et sans aucune surprise ! Alors qu’un petit sachet de bonbons à côté d’un bouchon en liège et de divers trucs en caoutchouc, c’est tout de suite plus fun ! On ne sait jamais sur quoi on va tomber ! C’est grisant !

    Quand j’étais petit, avec ma famille, on mettait toujours du sable de la plage où on était dans des petites bouteilles en verre de Ricqles; sable fin, sable grossier, sable grisonnant, sable riche en coquillages, sable riche en petits cailloux, etc. Nous avions une belle collection ! Mais finalement, en y repensant, c’était tristounet. Après tout, ce n’était que du sable. N’aurait-ce pas été génial d’avoir un peu plus que du sable ? Imaginez une petite bouteille de Ricqles avec un mégot, un sachet de bonbon, du liège et toutes mes nouvelles trouvailles ! En effet, il eu été possible que tout ne rentre pas dans cette petite bouteille. Mais j’ai envie de dire, si ça rentre dans la bouche d’une mouette et dans celle d’un poisson, ça rentre dans la bouteille de Ricqles voyons ! Soyez optimistes !

    Mais il s’est avéré que je n’avais sur moi qu’une bouteille de rosé (la mode locale) et une bouteille de Grim (la tristesse de la bière là-bas). Donc pas de quoi mettre mes trouvailles à l’abri.

    Du coup, afin d’éviter toute déconfiture, j’évitais au maximum les touristes : plage le matin à 10h avant le bain de foule et plage le soir à partir de 18h, pour les mêmes raisons. Rappelons-le, je n’étais pas un touriste comme les autres. Ni vraiment local, ni vraiment touriste, j’étais un hybride : le touriste local, comme ces gens qui vont depuis 20 ans dans le même camping, mais pour moi en dix fois moins.

    Je perdais peu à peu mes habitudes d’atlantiquien avec mes plages de 10 000 km de long et mes marées. Ici, dans le sud, plus t’es près de la mer, mieux tu te portes ! J’ai mis du temps à comprendre au début. Puis m’est parvenu une légende urbaine. Celle de la course au sac. Pas au sac à patate non, au sac tout court. Il parait que pour jouer, parfois, certains s’amusaient à prendre un sac au hasard sur la plage et à courir avec. Bien entendu, chaque personne attendait du/de la propriétaire du sac une course poursuite. Et donc, par politesse, le/la propriétaire du sac était donc obligé/e de courir après, dans une sorte de trap-trap (chat, pour les nordistes, loup, pour les ouestistes) endiablé. Je n’ai pas eu la chance d’assister à cette tradition, peut-être se perd-elle, ça arrive, mais je n’oserais pas remettre en cause les légendes locales à son sujet.

    Il y a également une légende mondiale, que le monde entier connaît (ça parait logique), très fortement représentée dans le sud de la France. Et cela va de soi vu la proximité des locaux et de la mer.

    J’ai eu la chance d’entrer dans la confidence, grâce à trois locaux, m’ayant emmené dans un endroit tenu tout sauf secret, un temple du consumérisme, mais également un temple sacré pour ce culte, si vous savez où regarder. On y trouvait là-bas bon nombre d’articles pour fausser la vue des touristes. Mais souvenez vous, je n’étais pas un touriste comme les autres. Et grâce à mon hybridité, je pouvais distinguer ce qu’eux ne voyaient pas : le culte d’Ariel ! Non, pas Ariel la lessive, Ariel la sirène ! Oui, comme dans Disney ! Même si nous savons de sources sûres que ce bon vieux Walt n’avait rien inventé, puisque Ulysse en avait déjà croisées lorsqu’il était en régate.

    Mais dans le sud, le culte d’Ariel revêt une toute autre forme. Si dans le film de Walty, elle rêve de devenir humaine, les sudistes, quant à eux, n’ont qu’une envie, célébrer, comme il se doit, ces femmes poissons.

    sirène

    Alors, quand vient la période de l’été, ces différents temples regorgent de produits leur rappelant que, comme le raconte la légende, un jour, nous serons tous ensevelis par les eaux. Et les plus méritants, les plus fervents, seront récompensés et rejoindront les poissons. Quant aux autres, ils seront noyés et rejoindront les poissons. Mais différemment.

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  • Mes chaussures sont lassées

    Mes chaussures sont lassées

    Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai un réel problème. Peu importe la provenance, peu importe la marque, ce problème persiste : tous mes lacets de chaussures se cassent. Ils ne se font pas la malle, non ! Ils se brisent et du coup ça me les brise.

    Pourquoi ?

    Vous vous souvenez, à un moment, dans notre jeunesse, on ne lassait pas ses chaussures. Parce que ça faisait plouc d’avoir deux grosses boucles blanches (ou d’une autre couleur) pendouiller de ses chaussures. Ça fait parfois toujours aussi débile mais maintenant, c’est nous qui le sommes moins. Parce qu’on a appris que si les chaussures ont des lacets, c’est pour une bonne raison. Alors pour ne pas se flinguer les pieds ou les chevilles, nous faisons gentiment nos lacets.

    Mais après plusieurs années d’abandon, les lacets seraient-ils en train de se rebeller ? Par leur cassage, ne me disent-ils pas : « Bah alors Barthélémy, on a cru qu’on pouvait se passer de nous pendant 3 ans et qu’on pouvait ensuite nous reprendre comme une vieille chaussette qu’on retrouve par miracle dans son sèche linge ? Ça ne fonctionne pas comme ça mon pote ! »

    Et alors, tels les kamikazes japonnais, tous, un par un, se suicident en se brisant entre mes doigts. Comme pour me prouver que ce n’est plus moi le chef, que j’ai perdu ce droit le jour où j’ai arrêté de lacer mes Globe et mes DVS. Mais ne comprenez-vous pas que c’était la mode ? Que je n’étais qu’un esclave privé de réflexion devant le style des années 2000 ? Ce n’est pas comme si j’avais eu mon mot à dire. C’était les lacets ou mon groupe. Et qu’aurais-je été sans mon groupe ? Un orphelin. Rien de plus !

    Que dois-je faire pour me repentir ? Que quelqu’un me vienne en aide. Lacet-man ! M’entends-tu ? Pourquoi fais-tu la sourde oreille ? N’as-tu donc pas le devoir de pardonner ?

    Ou alors…

    Scratchman ?

    Piiii papapalop papa palop pop piiii papa palop pop palop pop

    Non, pas toi !

    Scratchmaaaaaaaaan ? Je suis prêt à renier les lacets pour me convertir au scratchianisme ! Vient moi en aide, vient bouter les lacets hors de ma vie, tout comme Saint Patrick a chassé les serpents hors d’Irlande. Et d’ailleurs, à bien y regarder, les lacets ressemblent à des serpents ! Ce qui prouve bien que les lacets sont le mal.

    Sracthman, tu me connais. C’est moi, Barthélémy. J’avais même l’habitude de croiser mes scratch, en ton honneur.

    chaussure scratch croisés

    – Regarde moi dans le blanc des Sacro Saints Scratch jeune mortel. Me jures-tu fidélité ? Jures-tu de partir en scratchade pour le Scratch ? Contre ces infidèles qui m’ont oublié, qui m’ont parjuré en grandissant, en se décrétant meilleur que le Scratch. Mais le Scratch n’oublie pas. Non. Le Scratch n’oublie jamais. Vous avez appris par le Scratch, vous reviendrez Scratch. Ceux qui ne veulent pas scratcher seront jugés et Scrâtchiés ! Sert le Scratch et tu seras récompensé. Ton âme vivra à jamais à travers le Scratch tout puissant, le Scratch éternel. Le Scratch est bon et généreux pour ses fidèles. Le Scratch est miséricoscratch avec les siens. Mais je vous le dis en vérité, si vous ne redevenez comme des petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des scratch. Scratch XVIII. Scratch m’en cinq jeune mortel !

    Oui, Maître. Je scratcherai la bonne parole.

    Photo de Christian Roßwag

  • Soute up !

    En ce moment, la fatigue se fait sentir. Beaucoup sentir. J’ai du mal à me lever le matin et des petits coups de mous dans la journée. À tel point qu’un jour un collègue m’a demandé si je dormais la nuit. Fait est que j’avais parfaitement bien dormi cette nuit là.

    Mais vous savez pourquoi j’ai des cernes. De sacrés cernes même ! Peu importe que je dorme 3h ou 15h par nuit. La seule différence dans tout ça vient avec ce qui s’ajoute aux cernes. Oui, car au fur et à mesure de l’expansion des cernes, elles pèsent de plus en plus lourd sur la peau et donc la creusent. Au point de chercher son propre système pour se tenir : les poches sous les yeux ! Et oui, comme les mamans kangourous ! Comprenez donc ma fatigue supplémentaire, je porte, en plus de mon propre corps, deux bébés kangourous.

    Poches sous les yeux

    Mais vous savez le pire ? C’est quand je vois des agents de sécurité dans les magasins ou les centres commerciaux. Auparavant, je passais toujours tranquillement, même avec un sac. Je me suis toujours dit que c’était les lunettes qui faisaient ça. Je fais beaucoup plus sérieux. Ce qui explique également pourquoi je ne me suis jamais fait arrêter en voiture. Mais non, maintenant, à chaque fois que je croise un vigile, hop, c’est pour ma pomme ! Contrôle du sac ! Et attendez, ce n’est pas tout ! Contrôle des poches ! Oui ! Ils me braquent une lampe torche sous les yeux pour vérifier ce que je cache.

    Mais le pire est à venir. Mardi prochain, c’est-à-dire le 15, je me rends à l’aéroport de Lille pour prendre un avion pour Nice. Avec Easyjet (c’est important). Je ne voulais pas payer un bagage en soute pour deux semaines (à moitié radin et à moitié pas la peine de toute façon) donc je ne prends qu’un bagage cabine, ce qui sera largement suffisant ! Mais que vont me dire les agents d’Easyjet maintenant que je suis encore plus fatigué qu’avant ?

    valise sous les yeux

    Avec mes valises sous les yeux ?

    Sachant que la dernière fois que Cynthia a pris un avion avec la compagnie Easyjet, les agents ont embêté un papy qui avait un sac cabine et une pochette, en disant que ça faisait deux bagages à main. Une pochette ! C’est certes moche mais le truc est minuscule, en bandoulière, et collé au corps. N’abusez pas non plus les gars !

    Du coup, j’ai toutes les raisons d’avoir peur. Je suis bon pour carrément voyager en soute si ça continue !

  • Demain, la Femme aura 4 orteils

    Demain, la Femme aura 4 orteils

    C’est l’été, le retour des beaux jours et des tenues légères. Les bras sont découverts et les mollets ainsi que les cuisses peuvent à nouveau voir le jour.

    « Ô joli soleil, que tu nous avais manqué », clament-ils à l’unisson.

    Personnellement, mes jambes côtoient peu le soleil. Non, mes jambes ne sont pas des vampires. Je n’ai pas non plus un fœtus mort accroché au mollet droit. C’est tout simplement car j’ai l’air d’un enfant de 8 ans en short. Ou d’un membre d’ACDC. Sauf que je n’en ai pas le talent. Tant pis, c’est comme ça. Si encore mon fœtus mort chantait comme Angus Young, ok ce serait le feu ! Mais comme je n’en ai pas, j’évite ! Sinon, voilà ce que ça donne :

    Moi en short

    En vrai ce n’est pas moi, mais c’est tout comme !

    Exception faite de quand je vais me baigner, bien entendu ! Bien que je n’ai rien contre le burkini, pour la simple et bonne raison que je m’en fous. Si après un été à la plage, les femmes veulent ressembler à Scott des X-men, ça les regarde !

    Moi je suis plus Le Fauve. Mais sans les poils et sans le bleu. Du coup la comparaison est moyenne en effet. Mais je ne passe pas les murs, je ne lance pas de glace, je ne bouge pas le métal et je ne suis pas en fauteuil roulant. Donc forcément, c’est dur de se comparer quand on a pas de pouvoir.

    swagiie kawaii

    Et donc l’été, c’est la saison que tout le monde attend (sauf moi, vous l’aurez compris). Et si tout le monde attend, c’est justement pour les tenues légères. Pour beaucoup, tenue légère égale mini jupe ou short court taille haute. Alors là attention, je fais intervenir Swagiie Kawaii parce que c’est hyper important ! Les Ugg-g avec un short ou une mini jupe, c’est non. BIG NO NO ! J’ai eu Cristina au téléphone, ma chérie elle ne valide pas du tout non plus.

    Nous laisserons donc les gens de courte jupette se rincer l’œil sur cette image de mauvais goût. Les autres, vous continuez avec moi.

    Pour d’autres, la tenue légère de l’été équivaut aux chaussures ouvertes; spartiates, tongs, sandales et autres. Nous laisserons de nouveau ici des gens, j’appelle les fétichistes des pieds à s’installer à ma droite et à attendre gentiment. Merci. Des magazines Eram, André, Gémo et Texto sont à votre disposition pour patienter jusqu’à la fin de cet article (article, chaussures, magasin 😉 😉 😉 ).

    Mais vous savez qui de tous attendent le plus impatiemment l’été pour les tenues légères ? Les petits orteils des femmes. BOOM ! Vous ne vous y attendiez pas hein ? C’est parce que vous ne prêtez pas attention au monde autour de vous ! DOUBLE BOOM !!

    Regardez bien dans le métro, dans le bus, dans la rue ou au travail (sans paraître pour un psychopathe, attention). Vous verrez qu’il y a toujours deux petits rebelles qui veulent se faire la malle des chaussures. C’est d’ailleurs très marrant à voir. Les quatre sont serrés comme des sardines (Patrick, Cyril, merci de rester loin de nous, y’a des limites) et le petit dernier fait bande à part, hors de la chaussure ou invisibles, sous la lanière.

    Je vous ai préparé deux montages montrant les différentes étapes de la vie du petit orteil.

    Première étape, la tentation du soleil, les chaussures ouvertes, l’appel de l’air et de la nature.

    pieds chaussures montage 1

    Voyez que dans ces photos, le petit orteil est soit déjà sorti, soit en train de chercher un échappatoire, qui plus est au péril de sa vie, sous d’atroces souffrances.

    Deuxième et dernière étape, après avoir trouvé la sortie, le petit orteil s’en est allé loin.

    pieds chaussures montage 2

    Et voilà, plus aucune trace. Observez d’ailleurs, dans la dernière photo, l’orteil juste à côté du vide laissé par le petit orteil essaie dorénavant de s’enfuir à son tour, assoiffé lui aussi de liberté après le départ de son petit frère.

    Et chaque été, ce petit malin s’enfuit. Pas bien loin c’est sûr, anatomiquement parlant, il est obligé de revenir pour l’automne. Mais un jour, j’en suis sûr, le petit orteil réussira son entreprise ! Il attendra patiemment tout l’hiver, gravant son plan sur chaussettes et collants, puis commencera à se préparer le printemps pour en été foutre le camp. Et nous verrons alors sur la plage, des minis serviettes avec dessus, eux-mêmes en éventail, des petits orteils, l’ongle noir pour lutter contre le soleil, et la mycose à l’air.

    pied oignon

    D’ailleurs, dernière chose. Saviez-vous que les femmes dont les petits orteils sont les plus enclin à partir auront des oignons fort développés ? Afin de contre balancer le poids bien entendu. Prêtez attention autour de vous et vous verrez. Preuve en est, le schéma ci-contre réalisé sans trucage.

     

     

    Et voilà Fred, c’est tout pour aujourd’hui. En route Marcel ! Pouip pouiiiiiiip.

  • Visiiiiiites 2

    Previously on Esthétique du vide, Visiiiiiites.

    Deux photos sur trois pour un placard ? Mais, qui êtes-vous ? Attention la porte. Aaaaaaaah.

    Au Noooooord, c’était les corooooooooons. Pierre ? Que faîtes-vous là ? Mais vous êtes un lion ! Et pourquoi vous m’appelez Lucy ? Mais bon dieu, vous êtes bourré !

    Un agent de la matrice ? Je suis l’élu ? Hein ?

    Oui, je copie les séries américaines pour rajouter du drama à mon article et pour faire style le précédent était trop diiiiiiingue alors qu’en fait il ne s’était absolument rien passé (big up Walking dead).

    Une fois la porte du placard remise avec l’aide de Marc, un des deux amis belges, qui est en fait originaire de la Côte d’Azur mais qui a également des origines corses et espagnoles (oui, il est un peu le pot au feu humain), nous sortons de la chambre pour nous remettre de nos émotions.

    Je rappelle que ce n’était pas notre première visite de la journée, que nous avions mangé un burker king et que du coup, ma vessie me susurrait à l’oreille des envies de liberté. Et là, fou comme je suis, je me suis dit “Hey, on n’ose jamais le faire parce qu’il y a toujours un agent ou un proprio avec nous. Mais là…y’a personne. Oserais-je ? En même temps, rien ne m’empêche !”. Et c’est donc tout fier que j’ouvre le robinet de la salle de bain. L’eau coule, bonne nouvelle. Idem pour le robinet de la cuisine. Dernier test, le robinet des toilettes. Miracle ! L’eau coule aussi. Bonne nouvelle donc, l’eau n’est pas coupée. Yattaaaaa comme dirait Hiro Nakamura.

    strabisme

    Bien entendu, mes comparses me regardent bizarrement depuis 2 minutes, en me demandant ce que je peux bien foutre. Mais je suis resté muet à leurs suppliques. Et après tout mes tests, fier de moi, je leur dit en les regardant tous dans les yeux en même temps : “Je vais aller uriner dans les toilettes !”.

    Je ferme la porte derrière ma tirade (dans un effet théâtrale), je déboutonne mon pantalon et je les entends me dire que je suis un sacré déglinguo de faire ça.

    Une minute plus tard (j’avais très envie), je tire la chasse et ressors fièrement, les mains propres, des toilettes. Méfait accompli ! Youplaboum !

    méfait accompli

    Et là je vous avoue que Cynthia était jalouse. Elle aussi voulait faire pipi depuis 15 minutes mais n’osait pas y aller. Alors forcément, quand elle m’a vu triomphant et soulagé, elle ne s’est pas laissée prier pour se rendre aux toilettes afin de faire sa petite affaire. Surtout que je l’avais assurée que tout fonctionnait bien, convaincu que je l’étais par mon propre test.

    Seulement voilà, je vous laisse imaginer. On a un terme pour ça, que je n’ai appris que très récemment, la scoumoune. Seulement voilà, comme je viens tout juste de découvrir l’orthographe du bidule, j’ai toujours dit “schcoumoune”. Mais en gros, le principe est le même. Afin d’illustrer mes propos par un exemple (cir)concis et clair que tout un chacun peut comprendre : on peut dire, après tout ce qu’il a pu se passer, que les juifs ont la scoumoune. Exemple corroboré par la très célèbre phrase : “Pourquoi toujours nous ?”.

    C’est ce qu’a pensé à cette instant précis Cynthia, “Pourquoi toujours moi ?”. Et oui, pour une fois, la chance était de mon côté. Car lorsque Cynthia a tiré la chasse d’eau, elle a eu la bonne surprise de découvrir que de l’eau, dans la chasse, il n’y en avait plus.

    Méfait…pas accompli…

    hermione wtf

    Je la vois sortir honteuse, me regardant dans les yeux et me dire vexée “PUTAIIIIIIIN Y’A PAS D’EAUUUUUUUUU ! POURQUOI Y’EN AVAIT QUAND TOI T’AS ÉTÉ PISSER ? POURQUOI TU M’AS DIT QUE JE POUVAIS Y ALLER AUSSI ? PUTAIN ON VA FAIRE COMMENT ?”. Les capslock sont importants, elle est énervée.

    Vous me connaissez, même après avoir uriné, je manque de me faire dessus. C’est trop bon. Nous sommes quatre, mais nous ne sommes que trois à rire. Et pourtant nous rions pour dix, à n’en pas douter.

    Si j’avais su que faire une visite d’appartement sans agent pouvait se révéler aussi amusante, je n’aurais demandé que ça ! Mon dieu. Rien que d’y penser j’en rigole encore. La tête de Cynthia a cet instant précis restera gravée à tout jamais dans ma tête.

    Après plusieurs réprimandes et plusieurs coups portés par Cynthia sur chacun d’entre nous, nous cherchons une solution. Et la solution, je la tiens dans la main. Vous vous souvenez, je vous ai dit plus haut que nous étions allé au burger king. Burger king qui justement nous avait donné envie d’uriner. Je vous arrête là, non, je n’ai pas un burger dans la main dont je peux me servir d’éponge pour transvaser le liquide de la cuvette dans le lavabo. Non.

    Mais dans ma main se tient la bouteille de Badoit rouge que je viens juste de terminer. Marc m’aide alors à dévisser le bouton poussoir (vous ne trouvez pas ça drôle qu’on dise tirer la chasse alors que maintenant, nous poussons de plus en plus un bouton ? Ne devrait-on pas dire pousser la chasse ?) pour mettre à nu la chasse vide d’eau. S’en est suivit un ballet incessant entre la cuisine et les toilettes pour remettre à flot la chasse et ainsi la tirer, en la poussant, tout ça sous les éclats de rire et les élans de voix.

    Nous quittons finalement les lieux, rassasié de rire et heureux. Nous ne prenons pas l’appartement mais nous en avons tiré beaucoup plus que si nous l’avions loué.

    Et puis imaginez les emmerdes, une chasse d’eau qui ne fonctionne pas, une salle de bain qui sent l’humidité, un salon aussi sombre que l’âme de Voldemort et un placard magique qui se casse la gueule.

    Ciao muchacho apartamento, merci et à la revoyure !

  • Visiiiiiiiiiites

    Ce week-end je visitais des appartements pour emménager avec ma copine. Je franchis un cap. Que dis-je un cap ? C’est une péninsule ! Et justement, pour trouver le bon appartement, il faut avoir du nez.

    Car oui, l’immobilier, c’est un peu comme un labyrinthe semé d’embûches, il y a toujours des écueils à éviter, sinon ça peut vite être la catastrophe et un gouffre sans fond d’emmerdes. C’est déjà un gouffre à argent, ce n’est pas la peine de rajouter un autre gouffre, sinon ça va finir en gouffre de Helm avec attaque de gobelins et d’Uruk-Hais, sans aucun échappatoire.

    lotr

    Gérer de front sa recherche d’appart et son travail demande une sérieuse organisation. Mais parfois, souvent d’ailleurs (encore heureux), ça en vaut la chandelle. Seulement, ce n’est pas toujours la chandelle à laquelle on s’attend.

    Armés de courage et habités par une volonté commune; la fin du froid, des 4 étages, de la salle de bain gelée, des plaques électriques, du chauffage électrique qui ne chauffe pas, nous avons donc décidé de prendre un vrai appartement à deux, avec, excusez-moi du peu, une chambre.

    Oui, je sais, je fais mon bourgeois ! C’est comme ça la jeune génération, ça travaille et ça veut tout de suite un appartement avec une chambre séparée.

    Les anciens diraient : “Ça commence comme ça et puis quoi après, des toilettes dans l’appartement et pas sur le palier ? Du chauffage dans la salle de bain ? Un appart sans moisissure ? Non mais oh, va falloir se calmer !”.

    Ralala, comme je vous le disais, je fais mon bourgeois. Et en bon bourgeois, propriétaires, agences, nous tapons à tous les râteliers. Et à Lille, des rats, il y en a ! Des souris aussi (même dans les appartements oui, mais ça c’est une autre histoire qui ne sera pas racontée) !

    Enfin bref, vous me connaissez, je ne suis pas un fana des agences immobilières. Je trouve que c’est cher payer pour le boulot fournit.

    Mais là, nous avons atteint, à mon humble avis, le summum de l’inutilité des agences et de leurs agents. Je passe sur les visites avec un agent qui ne connaît pas son bien ou qui ne donne aucune info. Il est là, bouge avec nous dans l’appartement, mais ça s’arrête là. Il est inutile mais parfois il sait répondre à une question. Un peu comme un stagiaire de troisième pendant son stage d’observation.

    Non, ce qu’on a pu vivre ces derniers temps va bien au-delà de ça : la visite sans agent ! Oui oui ! Oui ! Une visite immobilière, mais sans agent immobilier. Parce que vous comprenez, nous visitons le samedi. Quelle idée, non ?

    C’est fou ces gens comme moi qui ne posent pas un RTT ou un CP pour visiter un appartement en pleine journée. Que je suis méchant de vouloir faire travailler quelqu’un le samedi quand la base de ses clients est surtout disponible ce jour-là. Même les banques ouvrent le samedi matin ! Mais oui mais même La Poste ! LA POSTE ! Ai-je besoin de développer plus ? Non. Je ne pense pas.

    Du coup, nous nous avons dû faire des visites sans agent. Alors, qu’on se comprenne bien. Les bureaux sont ouverts, il y a DES genS (j’insiste bien sur le pluriel) mais ils ne bougent pas. Pour aucune raison. Sauf peut-être, pour aller aux toilettes. Et pour manger. Mais ce ne sont que des suppositions.

    Alors forcément, lorsque nous avons dû choisir entre voir des amis et faire la visite, nous avons décidé de rendre la visite un peu plus amusante. Nous avons visité l’appartement avec des amis belges. (Pourquoi la précision ? Vous le saurez plus tard.) Après tout, on fait ce qu’on veut, on a les clés pendant une heure pour nous. Bien entendu, ça reste 100% sécurisé vu qu’on donne une pièce d’identité. A aucun moment nous n’avons la possibilité de faire le double des clés, de noter le code d’entrée ou quoi que ce soit. A aucun moment !

    Et je dois dire, quand même, à la défense d’une agence de renom (en positif ou négatif [surtout négatif] dont les initiales sont “DD”) à Lille, je ne me suis jamais autant amusé que lors de cette visite sans agent.

    L’annonce Le bon coin

    Déjà, l’annonce sur Le bon coin partait bien. 3 photos, donc pas la volonté de payer pour une annonce. Pour une agence dont c’est le métier, je me suis dit qu’il ne se la foulait pas trop. Mais soit, passons.

    Sur ces trois photos, une du salon, une du placard de la chambre, vu de droite, et une du placard de la chambre, vu de gauche. Le placard était-il à ce point intéressant ? Nous ne savions pas à quel point jusqu’au jour fatidique de la visite !

    Je fais ici un aparté.emmanuelle beart

    Est-il si difficile que ça de prendre des bonnes photos d’un appartement ? Je veux dire, il ne bouge
    pas, n’a pas à sourire, ne peut pas avoir les yeux rouges, etc. En quoi est-ce compliqué de prendre une photo avantageuse ? Quand on voit certains apparts, c’est sûr que c’est comme quand on voit Emmanuel Béart après qu’elle se soit faite refaire la bouche, on se dit qu’on ne pourra rien en tirer. Mais on essaie quand même ! Quand on voit des photos, on dirait que certains agents n’ont pas envie de louer l’appartement. Quand on les voit, on met ses mains sur ses joues et on se la joue à la Kévin de maman j’ai raté l’avion.

    Fin de l’aparté (merci Mandela).

    Jour J

    Nous prenons les clés à une femme très aimable qui nous explique que nous n’avons pas rendez-vous car nous n’avons pas l’adresse exacte du bien car je cite “si vous n’avez pas l’adresse vous n’avez pas rendez-vous, les clients ont toujours l’adresse quand je leur donne les clés”. Après l’annonce du bon coin, nous continuons sur notre très bonne lancée. Nous ravalons notre salive devant cette dame qui n’en mérite pas tant.

    Les clés en poche, nous rejoignons nos comparses à l’extérieur pour effectuer la visite.

    Je vous passe le trajet et les escaliers pour accéder à un appartement qui se situe au-dessus d’un cabinet dentaire, une bonne nouvelle qui autorise les déplacements bruyants le soir et le week-end.

    La porte de l’appartement ouverte, nous découvrons alors un salon sombre, qui n’aurait pas démérité comme photo pour la pochette du single de Pierre Bachelet, “Au nord, c’était les corons”. Ah c’est sûr, avec un mur aussi proche de la fenêtre, il n’y a pas de vis-à-vis !

    Mais notre attention ne se porta pas là, vous l’imaginez bien. Nous voulions découvrir ce fameux placard, qui, dans notre imagination, devait nous conduire dans un autre monde, comme l’armoire magique dans Narnia.

    Et la découverte fut à la hauteur des attentes. Après un couloir muré de placards, nous découvrons dans la chambre moquettée, non pas deux, non pas trois, non pas quatre, mais UN placard. LE placard ! Il est là, devant nous, beau et majestueux, comme sur 66% des photos de ce bien sur Le bon coin.

    narnia 1

    Nous nous mettons dans l’angle de droite en face de lui, puis dans l’angle de gauche, pour être bien sûrs et certains que ce n’est pas une contrefaçon. Et non ! C’est en effet bien lui.

    Quand j’y repense, c’était peut-être le plus beau moment de notre vie.

    Vous vous imaginez bien ma réaction. Je ne me laisse pas prier, je cours pour me rendre devant le placard, fais coulisser la porte coulissante, entre dedans et referme derrière moi.

    narnia 2

    Mes amis essaient de m’appeler pour savoir où je suis et ce que je vois. Mais ma déception est trop grande pour que j’entende quoi que ce soit. Devant moi se tient un mur. Un simple mur. Même pas un beau mur, non. Un mur. Comme un portugais en fait tous les jours.

    En voulant ressortir, comme si le sort a décidé de s’acharner, la porte se dégonde et tombe sur Cynthia, qui tentait d’ouvrir la porte de gauche. Je ressors alors dépité, vexé et le moral à plat.

    Mais quand je découvre Cynthia, affolée, coiffée d’une porte, je ne peux me retenir d’exploser de rire, d’autant plus que les autres comparses se tordent de rire en regardant Cynthia se débattre.

    (Bernard) la porte 1 – Cynthia 0

    Ce placard cachait en effet bien des mystères, simplement pas ceux auxquels nous avions pensés.

    Et vous vous doutez bien que cet appartement nous réservait encore des anecdotes.

    To be continued.

    PS : Le fait que mes amis soient belges n’a aucun impact sur l’histoire