Étiquette : appartement

  • Sol majeur

    Sol majeur

    Vous le savez, le nouvel appart dans lequel nous avons emménagé avec Cynthia aime communiquer. Je vous rassure, pas de champignons dans celui-ci, ce n’est pas ce style de communication. Non, cet appart est verbal et, tel un bébé, il communique par tout un panel de bruits bien audibles mais assurément difficilement compréhensibles.

    Précédemment je vous parlais des radiateurs discuteurs mais cette fois c’est une toute autre histoire qui nous est racontée au travers de notre parquet. Parce qu’il en a des choses à dire ! En même temps, je ne vous raconte pas le nombre de pieds qu’il a vu défiler. Principalement parce que je ne le connais pas. Mais à n’en pas douter, beaucoup !

    Ce que je peux vous dire en tout cas, c’est qu’avec moi ce qu’il voit passer c’est surtout des miettes de pain. Entre ses lattes. Même pas besoin de fouiller longtemps pour que les archéologues du futur puissent vous dire la composition de mon alimentation et de quand dataient mes différentes baguettes traditions. Merci la datation au carbone 14 !
    Mesdames et Messieurs les archéologues du futur, si vous me lisez, désolé pour le petit bout de penne de février 2021. Malgré mes nombreux passages d’aspirateur, il n’a jamais voulu partir entièrement. J’espère quand même l’avoir à l’usure.
    Mais si jamais vous vous demandez, oui, les pâtes étaient une alimentation de base. J’en prends pour exemple les penne deux saumons de la mère Pouchet, un véritable régal. Malheureusement pour vous, vous n’aurez jamais l’occasion de les goûter. Vous avez encore du saumon d’ailleurs ? Parce qu’à notre époque, ce n’est pas très jojo la culture du saumon. Enfin, si ce n’était que le saumon. Bref, pas besoin d’en dire plus, vous savez dans quel monde vous vivez.

    Revenons à notre parquet, qui, au vu de son bavardage a failli me faire écrire perroquet. Et tout comme ce dernier, notre parquet est un animal qui alterne successivement des phases d’éveils et des phrases de sommeil. Mais à l’inverse de l’ara qui nous berce de sa voix le jour, notre parquet vit la nuit, à l’instar de la chouette qui ulule pour effrayer ses proies. Et bien lui est un peu pareil. Le jour, il cracotte tranquillement, comme une biscotte au petit matin qui aurait été trempée trop longtemps dans du lait, du café ou du thé. Il ronchonne d’être dérangé mais se tourne et se rendort (pas littéralement hein, sinon ce serait compliqué de marcher dessus s’il se tournait tout le temps). J’arrive même à surprendre et à faire peur à Cynthia en allant dans la même pièce qu’elle beaucoup trop silencieusement à son goût mais involontairement de mon côté. Ce qui ne me m’empêche pas d’être content de moi. On forme une belle équipe lui et moi (héhé).

    Alors par contre, si nous avons le malheur d’être toujours debout et de marcher (nous ne savons pas encore voler et tant que le sol n’est pas de la lave, pas besoin de sauter d’objets en objets) une fois minuit passé, c’est comme donner à manger à un Gremlins. Le bordel, je vous dis pas !
    Et ce n’est pas la peine d’essayer d’être discret, de marcher sur la pointe des pieds ou de ramper, le résultat est le même, on se croirait dans la chanson de Carla (que je n’ai découverte que très récemment).
    Ou alors c’est un grand virtuose, fan de Mozart et Beethoven (pas le chien) à la recherche du compositeur avec qui il pourra écrire l’œuvre de sa vie.

    Je ne sais pas si la symphonie que nous composons marquera l’histoire et résonnera à travers les âges mais en tout cas une chose est sûre, elle résonne déjà à travers les étages.

  • R3FR1G3R473UR

    R3FR1G3R473UR

    Vous ne le savez surement pas, sauf si vous êtes déjà venu chez nous ou que vous habitez avec nous sans que je sois au courant, mais notre appartement avec Cynthia comporte une mezzanine. Mais attention, une vraie ! C’est-à-dire pas la petite mezzanine où tu es obligé de ramper comme un GI pour accéder à ton lit. Non ! Notre mezzanine est du type où tu peux te tenir debout et sauter sans avoir peur de dire bonjour au voisin ou à la voisine du dessus. Oui !

    Mais comment se fait-ce, me direz-vous ?

    Et bien rien de plus simple ! La mezzanine a été prévue dès la construction de l’appartement. Ce qui offre une belle hauteur sous plafond et un ensoleillement de l’appartement optimale. Oui !

    Et pourquoi cette mezzanine est importante ? Un peu de patience.

    Vous le savez surement, même si vous n’êtes jamais venu chez nous ou si vous n’habitez pas avec nous alors que je suis au courant, mais notre appartement avec Cynthia comporte un réfrigérateur. Mais attention, pas un grand ! C’est-à-dire pas le grand réfrigérateur où tu peux mettre plein de trucs comme dans un grand restaurant. Non ! Notre réfrigérateur est du type où tu mets un pack de yaourts et un pot de crème fraîche et tu n’as plus de place pour autre chose. Oui !

    Mais comment se fait-ce, me direz-vous ?

    Et bien rien de plus simple ! C’est ce qu’on appelle un frigo top. Top pour mettre en élément bas dans votre cuisine équipée pour une location, mais pas top pour réellement vivre dedans et garder des aliments pour cuisiner de manière optimale. Oui !

    Et pourquoi ce réfrigérateur est important ? Un peu de patience !

    giphy (1)

    Les plus malins d’entre vous l’auront de suite compris, il y a un lien non négligeable dans cet article entre notre mezzanine et notre réfrigérateur !

    Mais lequel ?

    1. Serait-ce un amour impossible, comme Roméo et Juliette, où notre frigo s’empoisonnerait avec une crème fraîche périmée et, désespérée, notre mezzanine recouvrirait alors son sol de cette même crème fraîche ?
    2. Serait-ce une amitié indéboulonnable, comme Holmes et Watson, où notre frigo et notre mezzanine mèneraient des enquêtes improbables pour retrouver des objets égarés ?
    3. Serait-ce un lien familial conflictuel, comme Jim et Sarah Hawkins, où notre frigo rêve d’aventure et de découvrir le monde, alors que sa mère s’inquiète pour lui et a juste besoin de son aide pour les soucis du quotidien ?

    Notre histoire est un peu un mélange de tout ça, où amour, amitié et famille se côtoient, dans une histoire abracadabrante, à la limite du romanesque et de la science fiction.

    Ou, tout simplement, une histoire de vie, une histoire de tous les jours.

    Comme expliqué plus tôt, notre appartement comporte une mezzanine et un réfrigérateur. Rien de bien folichon donc, dans notre T1 bis, où notre grande mezzanine fait office de chambre, de bureau et de dressing room et où notre rez-de-chaussée fait office de tout le reste.

    Si vous avez déjà prêté attention aux bruits de votre appartement, hors télévision, micro-onde, four, eau qui coule et tous ces bruits découlant de votre activité propre, si vous tendez l’oreille à la vie de vos meubles, vous avez dû vous rendre compte que votre réfrigérateur fait du bruit, dû au système pour tenir les aliments au froid. Et oui ! Système ma foi, fort intéressant, puisqu’il vise à retirer la chaleur des aliments plutôt que de refroidir les aliments. Système qui du coup fait du bruit. Pas mal de bruit, surtout quand vous souhaitez dormir.

    ET C’EST LÀ QUE TOUUUUUTES MES DIGRESSIONS PRENNENT SENS ! OUI !

    Car notre frigo à nous, le notre, qui habite avec nous, fait un de ces boucans ! Il donne l’impression de vouloir communiquer de manière insistante en émettant des bruits à la R2D2 et à la BB8 dignes des plus gros moments de stress pour nos petits robots.

    À certains moments on se croirait dans le Faucon Millenium ou dans le X-wing de Luke, pourchassés par l’Empereur et ses TIE Fighters a essuyer des tirs laser nous frôlant la carlingue. Mais non, nous sommes simplement avec Cynthia sous notre couette, dans notre lit, sur la mezzanine, à essayer de dormir quand surgit ses appels à l’aide.

    Et malheureusement pour notre frigo, nous ne le comprenons pas. Disons que nous n’avons pas encore le pouvoir de traduction de C3PO (ou Z6PO, schizophrénie quand tu nous tiens). Du coup il s’escrime à s’exprimer, à tenter le dialogue, seul.

    Je l’entendais surtout durant les longues soirées d’hiver cet été, quand Cynthia était à Antibes et moi seul, tout comme lui.

    Frigo, si tu nous lis, tu n’es pas seul. Sache-le.

     

    BONUS EXCLUSIF

    vue de coupe appart

     

  • Visiiiiiites 2

    Previously on Esthétique du vide, Visiiiiiites.

    Deux photos sur trois pour un placard ? Mais, qui êtes-vous ? Attention la porte. Aaaaaaaah.

    Au Noooooord, c’était les corooooooooons. Pierre ? Que faîtes-vous là ? Mais vous êtes un lion ! Et pourquoi vous m’appelez Lucy ? Mais bon dieu, vous êtes bourré !

    Un agent de la matrice ? Je suis l’élu ? Hein ?

    Oui, je copie les séries américaines pour rajouter du drama à mon article et pour faire style le précédent était trop diiiiiiingue alors qu’en fait il ne s’était absolument rien passé (big up Walking dead).

    Une fois la porte du placard remise avec l’aide de Marc, un des deux amis belges, qui est en fait originaire de la Côte d’Azur mais qui a également des origines corses et espagnoles (oui, il est un peu le pot au feu humain), nous sortons de la chambre pour nous remettre de nos émotions.

    Je rappelle que ce n’était pas notre première visite de la journée, que nous avions mangé un burker king et que du coup, ma vessie me susurrait à l’oreille des envies de liberté. Et là, fou comme je suis, je me suis dit “Hey, on n’ose jamais le faire parce qu’il y a toujours un agent ou un proprio avec nous. Mais là…y’a personne. Oserais-je ? En même temps, rien ne m’empêche !”. Et c’est donc tout fier que j’ouvre le robinet de la salle de bain. L’eau coule, bonne nouvelle. Idem pour le robinet de la cuisine. Dernier test, le robinet des toilettes. Miracle ! L’eau coule aussi. Bonne nouvelle donc, l’eau n’est pas coupée. Yattaaaaa comme dirait Hiro Nakamura.

    strabisme

    Bien entendu, mes comparses me regardent bizarrement depuis 2 minutes, en me demandant ce que je peux bien foutre. Mais je suis resté muet à leurs suppliques. Et après tout mes tests, fier de moi, je leur dit en les regardant tous dans les yeux en même temps : “Je vais aller uriner dans les toilettes !”.

    Je ferme la porte derrière ma tirade (dans un effet théâtrale), je déboutonne mon pantalon et je les entends me dire que je suis un sacré déglinguo de faire ça.

    Une minute plus tard (j’avais très envie), je tire la chasse et ressors fièrement, les mains propres, des toilettes. Méfait accompli ! Youplaboum !

    méfait accompli

    Et là je vous avoue que Cynthia était jalouse. Elle aussi voulait faire pipi depuis 15 minutes mais n’osait pas y aller. Alors forcément, quand elle m’a vu triomphant et soulagé, elle ne s’est pas laissée prier pour se rendre aux toilettes afin de faire sa petite affaire. Surtout que je l’avais assurée que tout fonctionnait bien, convaincu que je l’étais par mon propre test.

    Seulement voilà, je vous laisse imaginer. On a un terme pour ça, que je n’ai appris que très récemment, la scoumoune. Seulement voilà, comme je viens tout juste de découvrir l’orthographe du bidule, j’ai toujours dit “schcoumoune”. Mais en gros, le principe est le même. Afin d’illustrer mes propos par un exemple (cir)concis et clair que tout un chacun peut comprendre : on peut dire, après tout ce qu’il a pu se passer, que les juifs ont la scoumoune. Exemple corroboré par la très célèbre phrase : “Pourquoi toujours nous ?”.

    C’est ce qu’a pensé à cette instant précis Cynthia, “Pourquoi toujours moi ?”. Et oui, pour une fois, la chance était de mon côté. Car lorsque Cynthia a tiré la chasse d’eau, elle a eu la bonne surprise de découvrir que de l’eau, dans la chasse, il n’y en avait plus.

    Méfait…pas accompli…

    hermione wtf

    Je la vois sortir honteuse, me regardant dans les yeux et me dire vexée “PUTAIIIIIIIN Y’A PAS D’EAUUUUUUUUU ! POURQUOI Y’EN AVAIT QUAND TOI T’AS ÉTÉ PISSER ? POURQUOI TU M’AS DIT QUE JE POUVAIS Y ALLER AUSSI ? PUTAIN ON VA FAIRE COMMENT ?”. Les capslock sont importants, elle est énervée.

    Vous me connaissez, même après avoir uriné, je manque de me faire dessus. C’est trop bon. Nous sommes quatre, mais nous ne sommes que trois à rire. Et pourtant nous rions pour dix, à n’en pas douter.

    Si j’avais su que faire une visite d’appartement sans agent pouvait se révéler aussi amusante, je n’aurais demandé que ça ! Mon dieu. Rien que d’y penser j’en rigole encore. La tête de Cynthia a cet instant précis restera gravée à tout jamais dans ma tête.

    Après plusieurs réprimandes et plusieurs coups portés par Cynthia sur chacun d’entre nous, nous cherchons une solution. Et la solution, je la tiens dans la main. Vous vous souvenez, je vous ai dit plus haut que nous étions allé au burger king. Burger king qui justement nous avait donné envie d’uriner. Je vous arrête là, non, je n’ai pas un burger dans la main dont je peux me servir d’éponge pour transvaser le liquide de la cuvette dans le lavabo. Non.

    Mais dans ma main se tient la bouteille de Badoit rouge que je viens juste de terminer. Marc m’aide alors à dévisser le bouton poussoir (vous ne trouvez pas ça drôle qu’on dise tirer la chasse alors que maintenant, nous poussons de plus en plus un bouton ? Ne devrait-on pas dire pousser la chasse ?) pour mettre à nu la chasse vide d’eau. S’en est suivit un ballet incessant entre la cuisine et les toilettes pour remettre à flot la chasse et ainsi la tirer, en la poussant, tout ça sous les éclats de rire et les élans de voix.

    Nous quittons finalement les lieux, rassasié de rire et heureux. Nous ne prenons pas l’appartement mais nous en avons tiré beaucoup plus que si nous l’avions loué.

    Et puis imaginez les emmerdes, une chasse d’eau qui ne fonctionne pas, une salle de bain qui sent l’humidité, un salon aussi sombre que l’âme de Voldemort et un placard magique qui se casse la gueule.

    Ciao muchacho apartamento, merci et à la revoyure !

  • Visiiiiiiiiiites

    Ce week-end je visitais des appartements pour emménager avec ma copine. Je franchis un cap. Que dis-je un cap ? C’est une péninsule ! Et justement, pour trouver le bon appartement, il faut avoir du nez.

    Car oui, l’immobilier, c’est un peu comme un labyrinthe semé d’embûches, il y a toujours des écueils à éviter, sinon ça peut vite être la catastrophe et un gouffre sans fond d’emmerdes. C’est déjà un gouffre à argent, ce n’est pas la peine de rajouter un autre gouffre, sinon ça va finir en gouffre de Helm avec attaque de gobelins et d’Uruk-Hais, sans aucun échappatoire.

    lotr

    Gérer de front sa recherche d’appart et son travail demande une sérieuse organisation. Mais parfois, souvent d’ailleurs (encore heureux), ça en vaut la chandelle. Seulement, ce n’est pas toujours la chandelle à laquelle on s’attend.

    Armés de courage et habités par une volonté commune; la fin du froid, des 4 étages, de la salle de bain gelée, des plaques électriques, du chauffage électrique qui ne chauffe pas, nous avons donc décidé de prendre un vrai appartement à deux, avec, excusez-moi du peu, une chambre.

    Oui, je sais, je fais mon bourgeois ! C’est comme ça la jeune génération, ça travaille et ça veut tout de suite un appartement avec une chambre séparée.

    Les anciens diraient : “Ça commence comme ça et puis quoi après, des toilettes dans l’appartement et pas sur le palier ? Du chauffage dans la salle de bain ? Un appart sans moisissure ? Non mais oh, va falloir se calmer !”.

    Ralala, comme je vous le disais, je fais mon bourgeois. Et en bon bourgeois, propriétaires, agences, nous tapons à tous les râteliers. Et à Lille, des rats, il y en a ! Des souris aussi (même dans les appartements oui, mais ça c’est une autre histoire qui ne sera pas racontée) !

    Enfin bref, vous me connaissez, je ne suis pas un fana des agences immobilières. Je trouve que c’est cher payer pour le boulot fournit.

    Mais là, nous avons atteint, à mon humble avis, le summum de l’inutilité des agences et de leurs agents. Je passe sur les visites avec un agent qui ne connaît pas son bien ou qui ne donne aucune info. Il est là, bouge avec nous dans l’appartement, mais ça s’arrête là. Il est inutile mais parfois il sait répondre à une question. Un peu comme un stagiaire de troisième pendant son stage d’observation.

    Non, ce qu’on a pu vivre ces derniers temps va bien au-delà de ça : la visite sans agent ! Oui oui ! Oui ! Une visite immobilière, mais sans agent immobilier. Parce que vous comprenez, nous visitons le samedi. Quelle idée, non ?

    C’est fou ces gens comme moi qui ne posent pas un RTT ou un CP pour visiter un appartement en pleine journée. Que je suis méchant de vouloir faire travailler quelqu’un le samedi quand la base de ses clients est surtout disponible ce jour-là. Même les banques ouvrent le samedi matin ! Mais oui mais même La Poste ! LA POSTE ! Ai-je besoin de développer plus ? Non. Je ne pense pas.

    Du coup, nous nous avons dû faire des visites sans agent. Alors, qu’on se comprenne bien. Les bureaux sont ouverts, il y a DES genS (j’insiste bien sur le pluriel) mais ils ne bougent pas. Pour aucune raison. Sauf peut-être, pour aller aux toilettes. Et pour manger. Mais ce ne sont que des suppositions.

    Alors forcément, lorsque nous avons dû choisir entre voir des amis et faire la visite, nous avons décidé de rendre la visite un peu plus amusante. Nous avons visité l’appartement avec des amis belges. (Pourquoi la précision ? Vous le saurez plus tard.) Après tout, on fait ce qu’on veut, on a les clés pendant une heure pour nous. Bien entendu, ça reste 100% sécurisé vu qu’on donne une pièce d’identité. A aucun moment nous n’avons la possibilité de faire le double des clés, de noter le code d’entrée ou quoi que ce soit. A aucun moment !

    Et je dois dire, quand même, à la défense d’une agence de renom (en positif ou négatif [surtout négatif] dont les initiales sont “DD”) à Lille, je ne me suis jamais autant amusé que lors de cette visite sans agent.

    L’annonce Le bon coin

    Déjà, l’annonce sur Le bon coin partait bien. 3 photos, donc pas la volonté de payer pour une annonce. Pour une agence dont c’est le métier, je me suis dit qu’il ne se la foulait pas trop. Mais soit, passons.

    Sur ces trois photos, une du salon, une du placard de la chambre, vu de droite, et une du placard de la chambre, vu de gauche. Le placard était-il à ce point intéressant ? Nous ne savions pas à quel point jusqu’au jour fatidique de la visite !

    Je fais ici un aparté.emmanuelle beart

    Est-il si difficile que ça de prendre des bonnes photos d’un appartement ? Je veux dire, il ne bouge
    pas, n’a pas à sourire, ne peut pas avoir les yeux rouges, etc. En quoi est-ce compliqué de prendre une photo avantageuse ? Quand on voit certains apparts, c’est sûr que c’est comme quand on voit Emmanuel Béart après qu’elle se soit faite refaire la bouche, on se dit qu’on ne pourra rien en tirer. Mais on essaie quand même ! Quand on voit des photos, on dirait que certains agents n’ont pas envie de louer l’appartement. Quand on les voit, on met ses mains sur ses joues et on se la joue à la Kévin de maman j’ai raté l’avion.

    Fin de l’aparté (merci Mandela).

    Jour J

    Nous prenons les clés à une femme très aimable qui nous explique que nous n’avons pas rendez-vous car nous n’avons pas l’adresse exacte du bien car je cite “si vous n’avez pas l’adresse vous n’avez pas rendez-vous, les clients ont toujours l’adresse quand je leur donne les clés”. Après l’annonce du bon coin, nous continuons sur notre très bonne lancée. Nous ravalons notre salive devant cette dame qui n’en mérite pas tant.

    Les clés en poche, nous rejoignons nos comparses à l’extérieur pour effectuer la visite.

    Je vous passe le trajet et les escaliers pour accéder à un appartement qui se situe au-dessus d’un cabinet dentaire, une bonne nouvelle qui autorise les déplacements bruyants le soir et le week-end.

    La porte de l’appartement ouverte, nous découvrons alors un salon sombre, qui n’aurait pas démérité comme photo pour la pochette du single de Pierre Bachelet, “Au nord, c’était les corons”. Ah c’est sûr, avec un mur aussi proche de la fenêtre, il n’y a pas de vis-à-vis !

    Mais notre attention ne se porta pas là, vous l’imaginez bien. Nous voulions découvrir ce fameux placard, qui, dans notre imagination, devait nous conduire dans un autre monde, comme l’armoire magique dans Narnia.

    Et la découverte fut à la hauteur des attentes. Après un couloir muré de placards, nous découvrons dans la chambre moquettée, non pas deux, non pas trois, non pas quatre, mais UN placard. LE placard ! Il est là, devant nous, beau et majestueux, comme sur 66% des photos de ce bien sur Le bon coin.

    narnia 1

    Nous nous mettons dans l’angle de droite en face de lui, puis dans l’angle de gauche, pour être bien sûrs et certains que ce n’est pas une contrefaçon. Et non ! C’est en effet bien lui.

    Quand j’y repense, c’était peut-être le plus beau moment de notre vie.

    Vous vous imaginez bien ma réaction. Je ne me laisse pas prier, je cours pour me rendre devant le placard, fais coulisser la porte coulissante, entre dedans et referme derrière moi.

    narnia 2

    Mes amis essaient de m’appeler pour savoir où je suis et ce que je vois. Mais ma déception est trop grande pour que j’entende quoi que ce soit. Devant moi se tient un mur. Un simple mur. Même pas un beau mur, non. Un mur. Comme un portugais en fait tous les jours.

    En voulant ressortir, comme si le sort a décidé de s’acharner, la porte se dégonde et tombe sur Cynthia, qui tentait d’ouvrir la porte de gauche. Je ressors alors dépité, vexé et le moral à plat.

    Mais quand je découvre Cynthia, affolée, coiffée d’une porte, je ne peux me retenir d’exploser de rire, d’autant plus que les autres comparses se tordent de rire en regardant Cynthia se débattre.

    (Bernard) la porte 1 – Cynthia 0

    Ce placard cachait en effet bien des mystères, simplement pas ceux auxquels nous avions pensés.

    Et vous vous doutez bien que cet appartement nous réservait encore des anecdotes.

    To be continued.

    PS : Le fait que mes amis soient belges n’a aucun impact sur l’histoire