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  • Le 12h45 pour Paris

    Le 12h45 pour Paris

    Cynthia et moi embarquons à bord de notre Flixbus pour Paris. 27€ aller retour pour deux il aurait fallu être fou pour se priver (non, cet article n’est pas sponsorisé par Flixbus mais si y’a moyen de voyager en bus gratuit je ne dirais pas non…).

    Avant même de monter les marches, on repère l’habituée : celle qui parle au chauffeur en lui disant que c’est une habituée et qu’elle a déjà voyagé avec lui, mais aussi avec Momo, Pierre, Chrystelle et Jacqueline. Le chauffeur lui dit de se mettre pas loin d’elle pour papoter durant le trajet. Bah ouais, trois heures c’est long, faut tuer le temps. Et même le Death Note ne peut pas faire ça !

    L Death Note

    Cynthia les bons tuyaux m’invite à prendre les sièges où la place est la plus agréable pour les jambes, celle face à l’escalier du mi-bus.

    Alors à moins de vouloir faire un bingo sur les gens qui vont aux chiottes tout en ayant le nez bouché, je ne recommande pas cette place. C’est à peu près ce que je lui dis mais moins finement : « ça pue les chiottes c’est dégueulasse on ne s’assoit pas là ». Je rebrousse chemin et nous assieds côté gauche vers le milieu de l’avant du bus. Une place pas plus stratégique qu’une autre. Le genre de place normale qui a une prise usb et une prise secteur, top pour le trajet quoi (Flixbus si tu me lis…) !

    Je regarde l’anarchie du bas côté, classique gare Lille Europe, avec les chauffeurs obligés de s’arrêter en plein milieu de la route pour attendre trente minutes que le futur passager descende du train. Que serait la gare sans un concert de klaxons et un solo de jurons ? Rien !

    excité du volant

    Les gens s’installent, mettent leur valise dans la soute, côté gauche comme côté droit, mais sans les risques de mort dus aux voitures et bus qui frôlent les piétons pour ce dernier.

    Notre chauffeur s’installe, tout est prêt !

    Sauf les retardataires.

    Mais notre chauffeur est pro, il les emme***. Il attend trois quatre minutes puis part. Et il a bien raison ! Si on nous demande d’être quinze minutes avant l’heure du départ, ce n’est pas pour rien. Nous partons donc légèrement en retard mais rien d’alarmant.

    Si les bouchons lyonnais sont connus, je pense que ceux de Lille n’ont pas à pâlir ! Nous nous retrouvons donc quasiment de suite arrêtés.

    Vous vous souvenez de Giselle, notre habituée, garée proche du chauffeur ? Elle n’a pas attendu plus longtemps pour piailler. Et pia pia pia Momo. Et que Jocelyne elle était bien et que Josiane aussi.

    Mais ce qu’elle ne sait pas notre pipelette, c’est que Josiane et Jocelyne ont sacrément fait de la merde ! Eh ouais ! Et ça c’est notre chauffeur de bus qui nous l’a dit. Chauffeur de bus non marié et sans enfant qui plus est. Parce que 10 ans à conduire des Flixbus, ça n’aide pas pour une vie de famille. Et la boîte a d’ailleurs sacrément évoluée en dix années. Il en est content Jacques (notre chauffeur).

    Notons à ce stade que tous les prénoms ont été changés dans un souci d’anonymat et, surtout, dans un souci de mémoire.

    Et Jacques il aime beaucoup les Enfoirés. Surtout le dernier album, celui qui passe en ce moment dans le bus. C’est le meilleur depuis au moins deux voire trois ans. Giselle trouve aussi.

    C’est vrai qu’ils avaient perdu de leur superbe les Enfoirés. Et puis les scandales et les casseroles qu’ils se traînent, c’est quand même bien triste. C’était pas ça du temps de Coluche.

    Ah bah non ma p’tite Giselle ! Mais si maintenant tu pouvais arrêter de parler ce serait top !

    bébé dortHeureusement, notre amie Giselle a dû entendre notre appel à l’aide. Elle est fatiguée. Au point de ne pas tenir 3h de conversation. Elle s’assoupit tendrement, comme un bébé épuisé de s’entendre parler.

    Hallelujah !

    Le trajet se passe donc sans encom… « Oui José ? Oui mon entretien s’est bien passé. »

    Oooook !

    On a donc maintenant Clémentine qui se croit dans une cabine téléphonique publique. Elle ne doit pas voir que dans sa graaaaaaande cabine il y a plus de 80 personnes. Ah bah non. Il y a déjà son nombril, dur de voir le reste.

    bus
    Reconstitution réalisée avec trucage

    M’enfin Laurie (qui s’appelait plus haut Clémentine mais problème de mémoire ya know), elle cherche du boulot. C’est important le boulot ! Alors sur les deux entretiens qu’elle a eu, elle préfère le deuxième. Et ça tombe extrêmement bien parce que la personne vient de la rappeler ce matin et lui a laissé un message sur son répondeur pour lui dire que si le poste la tente toujours, elle est prise.

    Mes félicitations !

    Elle va rappeler sa future chef de suite. Il ne faut pas passer à côté d’une telle aubaine ! Surtout qu’elle ne savait pas qu’une antenne départementale de droit de la femme existait à Lille ! Un coup de poker je vous dis !

    Mince !

    Elle tombe aussi sur son répondeur. Décidément, ce sera un échange par répondeur interposé.

    Mais c’est plus pratique finalement, elle peut rappeler ses amis.

    Ah non ! C’est sa sœur cette fois.

    Et vous savez quoi ? Sa mère lui a fait un truc pas propre à sa sœur. Elle ne l’avait même pas prévenu que son père avait eu un problème et est du coup à l’hôpital. On arrive pas à savoir ce que c’est mais on soutient. En mode gurlz gang quoi ! On laisse pas une sistah comme ça.

    gurlz gang
    Oui, en mode gurlz gang nous devenons asiatiques

    Attendez, la femme du boulot la rappelle !

    Chut chut chut !

    Oh je suis tout excité pour elle !

    Mais impossible de savoir ce que lui dit la femme au bout du fil invisible de son portable. Vivement qu’elle téléphone de nouveau à quelqu’un pour tout lui raconter.

    Yes c’est chose faite ! Clémentine/Laurie ne nous déçoit pas !

    Franchement c’est une aubaine ! Sa chef la fait commencer mi juin. Comme ça, ça lui laissera plus de temps. Et en plus, au lieu de faire 28h par semaine, elle en fera 22, ce qui lui laissera aussi plus de temps. C’est génial ! Je n’ai jamais été aussi content pour quelqu’un.

    Du temps pour quoi ? On en sait rien ! Mais est-ce qu’on ne s’en moque pas ? Le principal c’est qu’elle soit heureuse, non ?

    Par contre, elle devra appeler son contact pour un autre entretien qu’elle avait de programmé dans plusieurs jours. Plus besoin de le faire du coup.

    Eh ouais, Clémentine/Laurie ce n’est pas le genre à faire perdre du temps comme ça aux gens, pour rien. Elle son genre, c’est plus d’emmerder 80 personnes en même temps, en passant ses appels dans un bus, pendant qu’on essaie tranquillement d’écouter le deuxième album des Enfoirés du trajet et d’en apprendre plus sur la vie de Giselle.

    m'enfin
    Gaston Lagaffe de Frankin
  • London rolling (Londres partie 7)

    London rolling (Londres partie 7)

    Le Ministère de la Magie est loin derrière nous. Nous sommes en effet plus en mode Ministère du transport. Et si le nom fait moins rêver, je peux vous assurer que notre moral est également beaucoup moins à la fête qu’avant.

    Nous sommes sur le parvis de la gare routière. Une gare routière, c’est comme une gare ferroviaire mais en beaucoup moins classe. En revanche, les deux se rejoignent parfaitement sur la déprime ambiante.

    Nous n’avons pas envie de partir. Seule une porte vitrée nous sépare de notre bus de retour. Rien de plus. Une vulgaire porte. Et pourtant, cette porte est notre dernier rempart qui nous retient à Londres. Le dernier lien, ténu, entre le rêve et la réalité. Alors lorsqu’elle s’ouvre, la première chose à s’engouffrer par cette porte désormais ouverte est la tristesse. Comment cinq jours peuvent avoir autant imprégner nos esprits ? Je ne pensais pas ça possible.

    Comme les autres passagers, nous faisons la queue pour monter dans le bus, nos bagages à la main et les larmes aux yeux. Nous sommes ces vaches en rang d’oignon ne comprenant pas que juste devant se tient l’abattoir.

    Le chauffeur semble qui plus est loin d’être agréable. C’est con. Ça aurait pu faire passer la pilule plus facilement, un moindre mal en somme.

    On aurait dû prendre la pilule bleue Cynthia…

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    Enfin c’est ce qu’on se dit sur le moment. On veut revenir en arrière, revivre ces cinq jours à l’infini. Le retour à la réalité fait mal. C’est comme se casser la gueule. Mais comme le dit le dicton, quand on tombe de bicyclette, il faut tout de suite remonter à cheval. Sinon on a peur à vie de faire de l’aviron. Alors c’est sûr, c’est dur de remettre le pied à la pédale. Mais si on ne le fait pas, on reste avec les petites roulettes. Et la vie ne fait pas de cadeau ! Alors comme Tim, tu fonces !

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    Je ne vais pas vous mentir, le début du trajet est dur. Nous avons les larmes aux yeux, incapables de nous remonter le moral l’un l’autre. Nous sommes comme deux borgnes ne comprenant pas qu’il nous faut unir nos forces pour voir comme une seule personne à nouveau. Tout comme Trunk et Goten, nous cherchons à fusionner, à nous entraider, mais nous avons du mal, nous ne connaissons pas la danse. Où est notre Piccolo, notre Petit-Cœur dévoué corps et âme à notre apprentissage ?

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    Quand soudain je pensais toute tentative vaine, le micro grésille et la voix du chauffeur de bus se fait entendre. Il avait entendu mon appel à l’aide. Nous sommes loin de la personne qui nous faisait monter dans le bus. La deuxième personnalité du chauffeur venait d’entrer en scène et elle nous fait des blagues, discute avec les passagers, commente les façons de rouler des anglais. Pile ce qu’il nous fallait ! OUI ! Continue Petit-Cœur chauffeur de bus, amuse nous, fait nous ton show !

    Nous sommes comme Chamillionaire, inarrêtables, avec les rageux derrière nous, jaloux du flow de notre chauffeur et de la dextérité de sa conduite. Comme dirait notre poète du sept-huit La Fouine, « j’suis dans mon jacuzzi, t’es dans ta jalousie« . A peu de choses près les derniers du bus montrent leurs fesses aux voitures de derrière.

     

    Le temps passe lentement mais assez facilement dès que le conducteur de bus discute. Et c’est donc moins déprimé et sur une pente ascendante que nous attaquons la douane. Enfin que nous arrivons à la douane. Nous ne l’attaquons pas. Impossible pour nous de l’attaquer d’ailleurs, il y a des plots partout. CQFD !

    ~ ~ ~ ~ ~ ~ douane ~ ~ ~ ~ ~ ~

    Contrôle des passeports, bla bla, pas de pause pipi car on est en retard, encore un contrôle des passeports, toujours du bla bla et toujours pas de pause pipi car on est, bien entendu, toujours en retard.

    ~ ~ ~ ~ ~ ~ fin de douane ~ ~ ~ ~ ~ ~

    Notre showfeur nous renseigne sur le tunnel sous la Manche afin de nous faire patienter pendant l’embarquement : «Nous avons 50 à 100m d’eau de mer au dessus de nous. C’est la Manche, la mer du Nord. Elle est très froide. On y peut rien. On me demande toujours si c’est possible de voir des poissons. Non, ce n’est pas le cas. Si vous en voyez, faites vos prières, c’est la fin du voyage. Bonne traversée ! Du coup, je ne sais plus quoi dire pour vous rassurer. J’avoue avoir moi-même peur maintenant.»

    Et contrairement au gros boulet qui avait tenté de rassurer sa copine lors de notre trajet d’aller et qui avait magnifiquement bien foiré, ce discours nous remonte à fond le moral et nous redonne le sourire. Nos visages ainsi que nos sourires se décrispent et avec Cynthia nous reprenons nos conversations et chamailleries habituelles. Nous en profitons également pour ressasser ces cinq jours outre Manche, à parler English, manger du fish & chips, prendre le tube et rigoler.

    C’est exactement ce dont nous avions besoin, une dernière note de gaieté pour notre London trip durant, ce voyage de retour emplit de tristesse, où les mots nous manquaient pour nous réconforter l’un l’autre.

    Merci chauffeur, tu nous auras fait rire dans un moment où le sourire était resté derrière les vitres de l’espace d’embarquement de Victoria, assis sur une chaise d’un Prêt à manger, accroché à la bar d’une rame de métro de la Bakerloo ou noyé dans un fond de London Glory du Rose & Crown à Old Park Lane.

    See you soon London!

    pexels-photo

  • Visiiiiiites 2

    Previously on Esthétique du vide, Visiiiiiites.

    Deux photos sur trois pour un placard ? Mais, qui êtes-vous ? Attention la porte. Aaaaaaaah.

    Au Noooooord, c’était les corooooooooons. Pierre ? Que faîtes-vous là ? Mais vous êtes un lion ! Et pourquoi vous m’appelez Lucy ? Mais bon dieu, vous êtes bourré !

    Un agent de la matrice ? Je suis l’élu ? Hein ?

    Oui, je copie les séries américaines pour rajouter du drama à mon article et pour faire style le précédent était trop diiiiiiingue alors qu’en fait il ne s’était absolument rien passé (big up Walking dead).

    Une fois la porte du placard remise avec l’aide de Marc, un des deux amis belges, qui est en fait originaire de la Côte d’Azur mais qui a également des origines corses et espagnoles (oui, il est un peu le pot au feu humain), nous sortons de la chambre pour nous remettre de nos émotions.

    Je rappelle que ce n’était pas notre première visite de la journée, que nous avions mangé un burker king et que du coup, ma vessie me susurrait à l’oreille des envies de liberté. Et là, fou comme je suis, je me suis dit “Hey, on n’ose jamais le faire parce qu’il y a toujours un agent ou un proprio avec nous. Mais là…y’a personne. Oserais-je ? En même temps, rien ne m’empêche !”. Et c’est donc tout fier que j’ouvre le robinet de la salle de bain. L’eau coule, bonne nouvelle. Idem pour le robinet de la cuisine. Dernier test, le robinet des toilettes. Miracle ! L’eau coule aussi. Bonne nouvelle donc, l’eau n’est pas coupée. Yattaaaaa comme dirait Hiro Nakamura.

    strabisme

    Bien entendu, mes comparses me regardent bizarrement depuis 2 minutes, en me demandant ce que je peux bien foutre. Mais je suis resté muet à leurs suppliques. Et après tout mes tests, fier de moi, je leur dit en les regardant tous dans les yeux en même temps : “Je vais aller uriner dans les toilettes !”.

    Je ferme la porte derrière ma tirade (dans un effet théâtrale), je déboutonne mon pantalon et je les entends me dire que je suis un sacré déglinguo de faire ça.

    Une minute plus tard (j’avais très envie), je tire la chasse et ressors fièrement, les mains propres, des toilettes. Méfait accompli ! Youplaboum !

    méfait accompli

    Et là je vous avoue que Cynthia était jalouse. Elle aussi voulait faire pipi depuis 15 minutes mais n’osait pas y aller. Alors forcément, quand elle m’a vu triomphant et soulagé, elle ne s’est pas laissée prier pour se rendre aux toilettes afin de faire sa petite affaire. Surtout que je l’avais assurée que tout fonctionnait bien, convaincu que je l’étais par mon propre test.

    Seulement voilà, je vous laisse imaginer. On a un terme pour ça, que je n’ai appris que très récemment, la scoumoune. Seulement voilà, comme je viens tout juste de découvrir l’orthographe du bidule, j’ai toujours dit “schcoumoune”. Mais en gros, le principe est le même. Afin d’illustrer mes propos par un exemple (cir)concis et clair que tout un chacun peut comprendre : on peut dire, après tout ce qu’il a pu se passer, que les juifs ont la scoumoune. Exemple corroboré par la très célèbre phrase : “Pourquoi toujours nous ?”.

    C’est ce qu’a pensé à cette instant précis Cynthia, “Pourquoi toujours moi ?”. Et oui, pour une fois, la chance était de mon côté. Car lorsque Cynthia a tiré la chasse d’eau, elle a eu la bonne surprise de découvrir que de l’eau, dans la chasse, il n’y en avait plus.

    Méfait…pas accompli…

    hermione wtf

    Je la vois sortir honteuse, me regardant dans les yeux et me dire vexée “PUTAIIIIIIIN Y’A PAS D’EAUUUUUUUUU ! POURQUOI Y’EN AVAIT QUAND TOI T’AS ÉTÉ PISSER ? POURQUOI TU M’AS DIT QUE JE POUVAIS Y ALLER AUSSI ? PUTAIN ON VA FAIRE COMMENT ?”. Les capslock sont importants, elle est énervée.

    Vous me connaissez, même après avoir uriné, je manque de me faire dessus. C’est trop bon. Nous sommes quatre, mais nous ne sommes que trois à rire. Et pourtant nous rions pour dix, à n’en pas douter.

    Si j’avais su que faire une visite d’appartement sans agent pouvait se révéler aussi amusante, je n’aurais demandé que ça ! Mon dieu. Rien que d’y penser j’en rigole encore. La tête de Cynthia a cet instant précis restera gravée à tout jamais dans ma tête.

    Après plusieurs réprimandes et plusieurs coups portés par Cynthia sur chacun d’entre nous, nous cherchons une solution. Et la solution, je la tiens dans la main. Vous vous souvenez, je vous ai dit plus haut que nous étions allé au burger king. Burger king qui justement nous avait donné envie d’uriner. Je vous arrête là, non, je n’ai pas un burger dans la main dont je peux me servir d’éponge pour transvaser le liquide de la cuvette dans le lavabo. Non.

    Mais dans ma main se tient la bouteille de Badoit rouge que je viens juste de terminer. Marc m’aide alors à dévisser le bouton poussoir (vous ne trouvez pas ça drôle qu’on dise tirer la chasse alors que maintenant, nous poussons de plus en plus un bouton ? Ne devrait-on pas dire pousser la chasse ?) pour mettre à nu la chasse vide d’eau. S’en est suivit un ballet incessant entre la cuisine et les toilettes pour remettre à flot la chasse et ainsi la tirer, en la poussant, tout ça sous les éclats de rire et les élans de voix.

    Nous quittons finalement les lieux, rassasié de rire et heureux. Nous ne prenons pas l’appartement mais nous en avons tiré beaucoup plus que si nous l’avions loué.

    Et puis imaginez les emmerdes, une chasse d’eau qui ne fonctionne pas, une salle de bain qui sent l’humidité, un salon aussi sombre que l’âme de Voldemort et un placard magique qui se casse la gueule.

    Ciao muchacho apartamento, merci et à la revoyure !

  • Galeries Lafaillite

    Vous vous souvenez peut-être de mon article qui traitait de la difficulté de trouver un emploi pour les sorciers, et bien la semaine dernière je suis passé aux Galeries Lafayette, et j’ai pu constater que le chômage ne touchait pas que les sorciers, mais aussi les icônes de notre jeunesse et les icônes culturelles.

    Alors oui, c’est sûr que bosser aux Galeries c’est pas mal comme boulot car elles sont prestigieuses. Ça c’est vrai, les Galeries Lafayette, c’est quand même le top de la classe niveau magasin. Du coup, il y a un certain prestige qui en émane et qui peut donc logiquement retomber sur ses employés. Mais ce n’est pas facile pour tout le monde et il est parfois difficile de supporter l’image que l’on se renvoie.

    J’ai pu prendre quelques photos de nos icônes pour vous; pour montrer le problème actuel, pour montrer que oui, les Galeries Lafayette sont le fleuron des magasins français, mais que même dans ces grands magasins, la honte n’épargne personne.

    Silver surfer boxer

    Regardez ce qu’ils osent faire porter au héros de notre jeunesse, le Silver surfer ! Son nom avait déjà été souillé dans les 4 fantastiques et le surfer d’argent, il est dorénavant obligé de vendre son corps aux Galeries Lafayette pour que le magasin puisse exposer ses sous-vêtements.

    Silver surfer slip

     Alors certes, 2 slips Lacoste pour 32€, c’est pas donné, et on suppose donc que c’est de la bonne qualité. Mais devoir s’exposer comme ça, aux vues de tous, exposer son corps nu et ses attributs, même pour de la marque, c’est insupportable. Et puis avouons-le, le slip Lacoste est juste affreux.

    Le surfer d’argent a d’ailleurs voulu rester anonyme et m’a donc demandé de ne pas montrer sa tête. Bon après, malheureusement pour lui, il est reconnaissable entre mille.

    J’ai également retrouvé un Moaï. Et bien voilà à quoi l’une des célèbres statuts de l’île de Pâques est obligée de faire.

    MoaÏ île de Paques

    Ce Moaï, ne trouvant plus de travail sur son île s’est vu obligé de venir en France, à Lille, pour travailler aux Galeries Lafayette afin de gagner de l’argent qu’il envoie à sa famille, restée chez eux.

    Par honte, il est allé voir un chirurgien plastique afin de modifier son apparence. Malheureusement, il n’a pas échappé à mes yeux aguerris de détective.

    Le dernier pauvre bougre que j’ai croisé est Pinocchio. Jeté de chez lui par son père Gepetto qui ne supportait plus ses crises d’adolescence, avec son physique atypique, il n’a trouvé de travail qu’aux Galeries Lafayette. En effet, même le do mac avait refusé sa candidature dû à son nez qui s’allongeait à chaque mensonge, un mauvais point si un client décidait de poser une question sur les produits de la célèbre chaîne de fast food.

    Pinocchio escrimeur

    Ne souhaitant et n’ayant pas non plus les moyens de remodeler son visage comme le Moaï, il porte un masque d’escrime afin de ne pas être reconnu. J’ai essayer de lui dire que ça ne fonctionnait pas, mais je n’ai pas voulu provoquer plus de détresse et de dépression chez le jeune pantin.

    Après mon passage aux Galeries Lafayette, je me suis sentis mal. Mal pour ces trois tristes personnages qui n’ont pas réussi à se reconvertir et qui n’ont donc pas d’autre choix que de faire un travail dégradant.

    La misère frappe à nos portes. Ça, nous le savions déjà. Les portes étaient même complètement enfoncées. Seulement voilà, la misère ne touche apparemment pas tout le monde. Qui se frotte les doigts d’avoir de telles icônes en mannequin ? Qui profite de la misère et du désespoir de certains pour rogner les salaires ? Et oui, le malheur des uns fait le bonheur des autres.

  • Conduire

    La semaine dernière, je vous parlais de la chance que j’avais eu le week-end d’avant mon départ. Aujourd’hui, je vais vous parler de la chance que j’ai eu, pendant mon départ. Ou plutôt, pendant mon voyage pour Londres. Parce que oui, « mon départ », concrètement, ça ne veut pas dire grand chose. Ou sinon mon départ aurait duré BIIIIIIIIIIIIP (c’est une surprise).

    Alors, comme je vous le disais dans mon article précédent, je partais de Lille à 12h15, en bus Eurolines. Oui en bus. L’Adice (association avec laquelle je suis parti) ne pouvait mettre que jusqu’à 40€ pour le trajet aller. Bon, en même temps, elle me donne 600€ pour survivre 3 mois et me paie mon logement. Donc je peux dire « Louée soit l’Adice » et pas grave pour le bus (oui la publicité est gratuite, mais quand une asso est vraiment très utile et que personne ne la connait, c’est bien dommage).

    Chemin faisant, je me trouvais à la gare de Lille Europe au départus de mon bus à 11h45, soit 30 minutes avant l’heure fatidique du départ pour le check in des bagages. 45 minutes plus tard, après 3 bus qui se sont arrêtés et qui sont repartis, dont un Eurolines, toujours pas mon bus. Puis, au loin, j’ai aperçu un vieux bus miteux arriver. N’y croyant plus vraiment, j’ai découvert, caché, un petit logo Eurolines (la compagnie devait avoir honte de ce bus). Je me sentais enfin sur le départ, impatient et en même temps stressé. Puis, lorsqu’il passa devant moi, j’ai pu lire sur une pancarte placée à l’avant du bus sa destination, « Düsseldorf ». Une fois de plus donc, faux espoir. Mais, fatigué par tant d’attente et voyant tout le monde se diriger vers ce bus, l’idée me vint de voir avec le chauffeur la destination du bus. Et oh joie, il se rendait à Londres. J’avais donc en face 3/4 de moi, mon bus. Le bus ressemblant le plus à un bus scolaire. Je pouvais donc dire adieu à la TV, à la place pour les jambes et au wifi.

    Passée la déconvenue, j’étais prêt pour les 5 heures de trajet annoncées. Mais c’était sans compter sur ce bon vieux Murphy. Car oui, à peine 45 minutes après le départ, nous avons bouchonné 30 minutes pour une raison inconnue. Il devait faire du stop, surement.

    Et c’est à ce moment là que je les ai vus. Oui, je n’avais pas fait attention avant, mais ils étaient là depuis le début : les gants de conduite. Et soudain, tout était clair. Ryan Gosling était mon chauffeur.

    Ni une ni deux, il a enclenché la première, a fait démarrer le bus sans trombe et s’est arrêté après 2 mètres.  Pas de doute, c’était bien Ryan Gosling, le vrai, l’original de « Drive ». Pas celui de « Crazy Stupid Love » ou de « The place beyond the pines », sinon ça n’aurait aucun intérêt.

    C’est donc en toute gaieté que je me suis laissé conduire à Calais pour prendre le Ferry. Et oui, le ferry ! Surpraïse modafocka (comme diraient certains) ! Pour une traversée de 2h. Bon, bonne nouvelle, je n’ai pas le mal de mer. Mais par contre, je n’ai jamais réussi à trouver ni la piscine, ni la salle de bal ni les danseuses de cabaret. Le staff devait être en congé. Je ne vois que ça. L’important, c’était que Ryan Gosling le chauffeur de bus pouvait enfin se reposer. Allez savoir ce qu’il faisait pendant ces 2h de traversée. Nul ne le saura jamais.

    Welcome to England. Bienvenue à la petite Angleterre (Nelson Monfort, sors de ce corps !). De fil en aiguille, me voilà de l’autre côté de la Manche. Conduite à gauuuuuuche…toute ! Et Ryan reprit le volant, plus serein que jamais. De mon côté, je résistais au sommeil afin de ne pas sortir de ce rêve éveillé.

    Et puis finalement, 9h après mon départ en retard de Lille Europe, Victoria station, terminus, tout le monde descend. Ryan le chauffeur a ouvert la soute à bagages, sans ses gants de conduite car après tout, il ne conduisait plus. Et c’est dans un fondu noir dû à mon manque de sommeil que je l’ai vu disparaître de ma vie, la musique en tête, ouhouuuuuuu driiiiiiiiiiiing, toum doum doum, toum doum doum, doum doum…