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  • 19 minutes

    Hier j’ai pris le train pour rentrer à Clisson de Nantes. Le trajet dure seulement 19 minutes. Oui, “seulement”. Car il faut avouer que 19 minutes dans toute une vie, ce n’est franchement pas grand chose. Et pour autant, j’en ai vécu des choses.

    J’ai pu vivre quelques instants avec des inconnus qui avaient eu un transport avec 15 minutes de retard et ont donc dû courir pour attraper le TER. Le couple d’une cinquantaine d’années à donc appeler en criant les gens chez qui ils allaient pour les prévenir. Parce que oui, si on ne crie pas, les gens n’entendront pas à cause de la distance.

    J’ai également pu apercevoir un vieillissement d’une trentaine d’années. En effet, l’homme reprenant son vélo avait pris 30 ans depuis qu’il l’avait posé. Certes, j’avais mal regardé mais tout de même, ça surprend sacrément.

    J’ai revu une connaissance que je n’avais pas vu depuis 4 ans.

    Et j’ai aussi pu aller dans un célèbre hôtel du Colorado, l’Overlook, pour faire connaissance avec la famille Torrance.

    Alors finalement vous voyez, après un voyage temporel, un voyage spatial, vivre la vie d’inconnus et replonger dans mon passé, on se dit qu’en 19 minutes, il peut s’en passer des choses.

  • Bolo

    Je viens de manger des spaghettis bolognaise. Oui ma vie est passionnante mais attendez, ce n’est pas le plus palpitant. Tout était fait maison, même les boulettes de viande. Et je peux vous dire que c’étaient des sacrées boulettes. Le genre de boulettes qu’on aimerait pas se prendre sur la tête. Et oui, j’ai fait tout ça pour parvenir à une magnifique transition avec le film “Tempête de boulettes géantes”. Même si cet article n’est pas pour vous parler de ce film, je tiens à dire qu’il est super. Et si vous l’avez aimé, une suite est programmée. Il y a des restes et les gens en redemandent.

    Mais plus sérieusement, vous avez dû remarquer à quel point manger des spaghettis bolo est un challenge. Tout particulièrement quand vous êtes habillé en blanc. Quand j’ai appris qu’on allait manger ce plat, j’ai tout de suite regardé mon T-shirt pour savoir si j’allais en être capable ou pas. Manque de pot, T-shirt beige. Mais vous savez quoi ? J’ai relevé le défi. Tout simplement parce que changer de vêtement avant de manger ça fait bizarre et parce que maintenant je suis un grand garçon. Je n’ai plus de bavoir, maman ne me coupe plus ma viande et je fais du vélo sans les petites roues. Il y a des moments comme ça dans la vie où on est à un tournant de notre existence. Mon moment était venue et j’allais l’accueillir la bouche ouverte, ma serviette dans son holster prête à être dégainée. Et fier descendant de Lucky Luke, je l’ai dégainée une multitude de fois plus vite que mon ombre. Et j’ai alors remarqué, au fur et à mesure que je m’essuyais la bouche que ma serviette se transformait peu à peu en test de Rorschach. Vous savez, ce test où vous devez dire ce que vous voyez dans une tâche d’encre. Si ce n’est qu’à la place de la tâche d’encre, ce sont des tâches de sauces.

    rorschach

    Et bien après analyse de ma serviette, la seule chose que j’ai vue, c’est que j’ai bien mangé et proprement en plus. Allez savoir ce qu’un psy en déduirait.

  • Meow

    Vous savez, on peut parfois trouver bizarre les gens qui parlent à leurs animaux de compagnie. En effet, cela laisserait supposer que les animaux les comprennent. Ce qui est ma foi possiblement vrai. Mais quand on pense à une personne qui parle aux animaux, on pense tout de suite à ça, la crazy cat lady.

    crazy cat lady

    T’inquiète maman, même si tu parles à Bristol, ça ne fait pas de toi une crazy cat lady.

    Enfin tout ça pour vous dire que je me fais peur. Ma famille américaine étant partie pour le Michigan pour passer 4 jours avec grand-maman, je reste à leur maison pour m’occuper du chat et du chien. Oui, je suis responsable.

    Le chat n’est pas bien compliqué, il fuit dès qu’il me voit. Mais alors le chien, une vraie plaie, “a pain” comme ils disent ici. Vous voyez les bébés qui vous collent tout le temps, c’est la même chose avec ce chien. Sauf que ce bébé sent le chien, est poilu, aboie, lèche et ne porte pas de couche. Donc lorsque cette très chère chose sent l’heure approcher, elle aboie pour que je lui ouvre la porte. Pour l’instant, ça n’a pas grand rapport avec le début de mon article. Mais j’y viens et c’est là que ça devient pire. Parce que même si c’est flippant parfois de demander au chien en le regardant droit dans les yeux pour savoir s’il veut aller dehors, le plus flippant c’est de se dire qu’on est bête de l’avoir demander en français car ce chien est anglais. Du coup, on redemande mais en anglais cette fois-ci. “You wanna go out ?”

    Donc si quelqu’un a le numéro de Robert Redford, ça me serait très utile pour savoir comment il a fait pour surmonter tout ce truc avec les chevaux.

    Je vous mets en bonus un super site Internet pour tous les amoureux de boules de poils. Surtout, montez le son.

    http://meowmania.jqln.org/

  • Wololo*

    Je viens de regarder “Fallen”, “Le témoin du mal” en français, avec Denzel Washington. Le film où il est question de démon, de Dieu et de tout le tralala (je vous le conseille en passant). Ce qui m’amène à vous parler de religion.

    Voyez-vous, je ne suis pas ce qu’on peut qualifier de croyant. Et bien loin de moi l’idée de changer. Et pourtant, hébergé chez ma famille américaine, je me dois de me plier aux coutumes locales. Et le fait est que ma famille est pratiquante. Mais attention, les vrais pratiquants, pas ceux qui se disent chrétien mais qui ne font rien. Ces gens là vont à la messe tous les dimanche (tôt), les jours chrétiens comme Noël mais pratiquent également le Bénédicité. Et ça je peux vous dire que la première fois que c’est arrivé, j’étais plutôt perturbé. Je m’en souviens bien, j’avais mon énorme hot dog devant moi et les frites pas bien loin. Et là, juste avant que je ne saute sur ce festin, je vois les gens se prendre la main. Passer les premières secondes d’étonnement, le reboot de mon cerveau, je réfrène mes pulsions et me soumets à la majorité. Et apparemment, j’ai bien fait car j’ai appris que celui qui avait fait les courses, c’était Dieu. Bref, ce n’était que reculer pour mieux sauter sur la nourriture.

    Mais ce n’est pas tout ce que j’ai pu expérimenter. Afin de montrer à ma famille que je les respecte, j’ai accepté leur invitation à ce qu’on appelle ici “Christmas Eve”, qui se fête le 24 décembre, la veille de Noël. Pour cette occasion, tout le monde s’habille bien et se retrouve à la messe. J’apprends qu’on ne va pas à la même église qu’ils vont d’habitude parce que pour Christmas Eve, là-bas, il faut des tickets. Oui apparemment Dieu n’accepte pas tout le monde dans cette église, comme il le fait pour un concert de Madonna.

    Dans cette autre église, j’apprends alors que je vais y passer 2h. Dur. Mais heureusement, les américains n’ont pas la même version que nous du christianisme. Ici, la messe se transforme en musée de la technologie, vidéo projecteur, iPad et ingénieur du son. Mais c’est normal, car l’église accueille un groupe de rock chrétien. Et tout à coup, l’église se transforme en salle de concert où les gens peuvent en plus faire du karaoké car les paroles apparaissent projetées sur les murs. Et si on aime pas la chanson ou qu’on ne connait pas les paroles par coeur, on peut toujours regarder l’artiste qui peint sur scène. Ouf, sauvé. Et puis après X factor, le prêtre fait son one man show. Il nous parle du chihuahua de la colocataire de sa fille qui s’est sauvé et du clochard qui la fait payer pour le récupérer. Et quand il a fini de faire son Père Castor, on change de chaîne et on arrive devant Glee avec la chorale de l’église. Bon ok j’avoue que tout ça m’a sauvé car j’avais peur de devoir subir une messe traditionnelle. Mais savez-vous également ce qui m’a sauvé ? Une bougie. Parce que oui, allumer une bougie est capable d’effacer tous vos pêchés. Plutôt impressionnant. Pour mon prochain anniversaire, j’allumerai moi-même mes 24 bougies.

    * Wololo est tiré d’une des 3 phrases que les prêtres disent dans le célèbre jeu vidéo Age of Empire, premier du nom. Et si jamais quelqu’un répond à un de vos “wololo”, vous pouvez être sûr qu’il a joué à ce jeu. Je vous mets en cadeau une vidéo intitulé “wololo army”.

    http://www.youtube.com/watch?v=tSZRAlSLQsk

  • Interrupteur

    Après une semaine chez ma nouvelle famille, je viens enfin d’apprendre comment allumer et éteindre ma lampe de chevet. Oui, c’est une énorme avancée pour moi car c’est la seule source de lumière de ma chambre quand il fait nuit. Moi qui avais cherché pendant 5 minutes le fonctionnement de cette lampe avant d’abandonner et de débrancher/rebrancher pour éteindre/allumer. Je suis sûr que vous pouvez imaginer ce que j’ai ressenti. Parce que oui, c’est la même danse pour tout le monde lorsqu’on arrive dans un nouvel endroit, on doit tout réapprendre. Quel interrupteur allume quelle lampe ? Où sont les prises ? Comment ouvrir cette fenêtre ?

    Et en parlant de fenêtre, il m’a fallu 3 jours pour comprendre comment ouvrir celle de ma chambre. Parce que comme je suis non seulement dans une nouvelle maison mais en plus dans un pays différent, ce serait bien trop simple d’avoir le même système partout. Ici, il y a une manivelle et des espèces de poignées. A partir de là, on devine.

    Et c’est pareil pour tout. Idem pour trouver où est rangé le toaster, le pain ou encore les bols. Et alors à ce moment là on se transforme en moitié ninja moitié cambrioleur qui fouille dans les placards et les tiroirs dans le noir car on ne sait pas allumer la lumière, tout ça en faisant le moins de bruit possible. On essaie de se mettre à la place de la personne qui cuisine pour deviner où pourrait être rangé telle ou telle chose. Ça passe ou ça casse. Et je dois vous avouer, car je ne suis pas peu fier de moi, que j’ai trouvé le toaster du premier coup. Bon par contre j’ai découvert après une semaine que ma famille avait un micro-ondes. On ne peut pas gagner à tous les coups.

    Et si seulement c’était tout. N’oublions pas que je suis dans un pays anglophone. Et malgré le fait qu’on sache que “Bryan is in the kitchen”, on ne nous apprend pas à dire “batteur” ou encore “plat qui va au four”. Parce que oui, en tant que français, je me devais de prouver que je sais cuisiner. Et vous savez quoi ? Je les ai impressionnés. Amis français, l’honneur est sauf.

  • Coupe coupe

    Alors voilà, je viens de me couper les cheveux moi-même. N’étant pas familier avec le vocabulaire lié à l’art capillaire et n’ayant pas pu cacher ma coiffeuse dans ma valise, je me suis dit qu’il me serait plus simple de me couper les cheveux par mes propres moyens. J’avais qui plus est anticipé la chose en achetant une tondeuse en France. Un homme avertit en vaut deux mais un homme équipé d’une tondeuse ne vaut pas un coiffeur.  Sauf si bien sûr c’est un coiffeur, ça va de soi. Cependant, pour ma coupe, une tondeuse seule ne suffit pas. Il faut aussi savoir jouer avec une paire de ciseaux. Et quand je repense à tous les découpages que j’ai fait depuis que j’ai tenu mes premiers ciseaux à bouts ronds, je n’avais pas beaucoup de chance de mon côté. Mais c’était un défi et je me devais donc de le relever.

    Le premier problème, c’est la perte de puissance de la tondeuse lié à l’adaptateur de prise. Car manier seul une tondeuse à plein régime c’est déjà pas simple, mais manier une tondeuse à sous régime qui galère pour couper des cheveux, c’est encore plus dur. Mais j’étais prévenu et donc prêt à endurer les multiples passages. Comme vous pouvez vous en douter, le plus dur était de faire l’arrière de ma tête. Ne disposant que d’un miroir fixe frontal, il m’était impossible de voir ce qui se passait derrière. Mais après un coupage méthodique, le tour était joué. Cependant il fallait maintenant passer à la partie la plus difficile, l’attaque des ciseaux. Comme l’élève de maître Myagi ou de maître Yoda j’ai essayé de me souvenir de comment faisait ma coiffeuse, j’ai essayé de me remémorer ses gestes, ses coups de ciseaux. Et c’était parti. Mes cheveux se dressaient entre mes doigts et tombaient sous mes coups de ciseaux. A gauche, à droite, plus en arrière, plus en avant. Une lutte acharnée entre l’égalité et l’inégalité avait commencé, entre l’ordre et le chaos. Et je suis sûr que vous avez tous déjà expérimenté l’attrapage de cheveux ou de poil en ne regardant que dans un miroir. Et bien avec des petits ciseaux (parce que oui si j’avais eu en plus des vrais ciseaux, ça aurait été trop simple), c’était encore plus difficile. Je reculais quand il fallait avancer et j’avançais quand il fallait reculer. Mais après une lutte acharnée d’une heure et trente minutes, je disposais enfin de ma nouvelle tête. A moi le double shampoing pour évacuer le moindre vestige de mon ancienne coupe. A moi le sèche cheveux pour pouvoir enfin sculpter mes cheveux à ma guise (“spéciale cassedédi” à Jean Rochefort qui s’est perdu avec ces publicités affreusement nulles).

    Me voilà riche d’une nouvelle expérience.  Il y a des pour (en vérité il n’y en a qu’un seul pour mais je voulais vous laisser espérer) et des contres à se couper les cheveux seul, voilà ce que j’en retire. Pour, on ne paye pas le coiffeur. Contre, on a pas le shampoing qui détend avec son massage capillaire, on a pas l’avis et l’expertise d’un(e) professionnel(le), on met beaucoup plus de temps, on se fait mal (oui je me suis mis des coups de tondeuse) et on ne sait pas à quoi on ressemble. Parce que même si vous n’aimez pas votre coupe en sortant de chez le coiffeur, vous l’aimerez le lendemain ou le surlendemain. Moi ce n’est pas si sûr.

    Était-ce donc une expérience plutôt positive ou négative ? Je dirais plutôt positive. J’en ressors grandi (je ne peux pas en dire autant pour mes cheveux) et désormais je ne me plaindrai plus jamais de devoir me lever tôt pour aller chez le coiffeur car elle n’a pas d’autres horaires de libre.