Étiquette : science fiction

  • La servante écarlate de Margaret Atwood

    La servante écarlate de Margaret Atwood

    La servante écarlate Margaret Atwood

    Dans un monde où la stérilité est chose commune, il est primordial de protéger la survie de l’espèce. Heureusement, dieu, dans sa mansuétude, a laissé à la population des calices, des femmes encore capables d’accueillir en leur sein la vie.

    Mais dans la société actuelle, cette société bien-pensante et légitime, la femme n’a que peu de valeur. La femme doit être éduquée, contrôlée, chacune à sa place qui lui revient.

    Avec leur robe rouge et leur couronne blanche, les servantes ne passent pas inaperçu, attirant la convoitise ou le dégoût. Pour elles, la mort serait une délivrance, une alliée. Mais une mort qu’elles choisiraient. Elle l’a d’ailleurs déjà été pour beaucoup. Sinon, la clé est le bébé, donnant accès à de nombreux privilèges et un échappatoire, même court, de quelques mois.

    Seulement elle n’a pas oublié son passé; Luke, le bébé. Et même Moira. Que sont-ils tous devenus ? Morts ?

    Si les servantes peuvent former un réseau, il est primordial de faire extrêmement attention. Les Yeux veillent au bon comportement et qui en dévie finira sur le mur, pendu, un sac en toile blanche sur la tête.

    Que s’est-il passé pour en arriver là ? Se souvient-elle ? Elle essaie en tout cas, bribes de souvenirs par bribes de souvenirs.

    Déboussolant, intriguant, la servante écarlate laisse le lecteur la bouche ouverte, dans l’incompréhension, suivant les cheminements éparpillés de la narratrice inconnue.

    J’avais voulu lire le roman avant de regarder la série et je dois avouer que maintenant, je me tâte à regarder l’adaptation tant l’œuvre de Margaret Atwood est puissante. Elle nous plonge dans une attente sans nom, à chercher à comprendre les événements passés qui ont conduit à cette société. Comment les femmes ont pu accepter ? Comment sont-ils tous devenus stériles ? Pourquoi de telles mesures ?

    Et au fur et à mesure de la lecture, nous comprenons. Sans réellement comprendre pour autant, abasourdi devant une logique implacable.

  • L’île du docteur Moreau suivi de La machine à explorer le temps de H.G. Wells

    L’île du docteur Moreau suivi de La machine à explorer le temps de H.G. Wells

    l'île du docteur moreau WellsL’île du docteur moreau

    Suite à un naufrage puis à un sauvetage et enfin un largage, notre homme se retrouve bloqué sur une île avec le docteur Moreau et Montgomery ainsi que les autres humains aux allures plus que repoussantes.

    Le narrateur apprendra vite qu’il faut se méfier des apparences et que les autres êtres qui peuplent la forêt ne sont pas ce qu’ils semblent être.

    Le voyage dans le temps

    Notre explorateur est bien particulier. Pour lui, pas question de visiter l’Europe, l’Afrique ou encore l’Asie, non. Ce qui l’intéresse, c’est le futur. Que deviendra notre civilisation dans 100 ans ? Dans 1000 ans ? Dans 100000 ans ? Fier d’exhiber sa machine à ses amis, il est sûr de réussir ce qu’aucun avant lui n’a réussi. Et il entend bien le prouver.

    Recueil de deux courts textes, cet ouvrage nous donne tout de même l’envergure du travail de Wells. Véritable scientifique, chaque théorie et chaque fait semble plausible, voire même réalisable.

    Si le premier sujet abordé est déplaisant et rend mal à l’aise, la tournure du second n’est pas plus réjouissante.

    Le monde et l’être humain est ici abordé de deux façons différentes : la créatrice et l’hédoniste. Mais dans les deux cas, H.G. Wells semble peut optimiste.

  • Le mythe de Cthulhu de H.P. Lovecraft

    Le mythe de Cthulhu de H.P. Lovecraft

    Le mythe de Cthulhu Lovecraft

    « Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn »

    Il est compliqué de décrire cet ouvrage, ensemble de courts témoignages sur le culte de Cthulhu et ce qui y est associé.

    Résumer une nouvelle serait trop en dire dessus et en même temps dévoiler le bout d’une autre. Bien entendu certaines paraissent similaires car elles abordent toutes le même thème, mais d’un point de vue différent et attaquant un autre angle du culte.

    Mais ce qui est intéressant avec Le mythe de Cyhulhu c’est que Lovecraft parvient à nous raconter une histoire commune sans pour autant écrire une histoire « complète ». Si je mets ce terme entre parenthèses c’est pour signifier que l’histoire en elle-même, la grande histoire de Cthulhu, son mythe, est composée d’innombrables histoires, que seuls quelques témoignages peuvent nous apporter.

    C’est la grande force de Lovecraft, de nous faire vivre un thème à travers des écrits de différents auteurs, tous rejoints par la peur de la découverte du secret, au bord de la rupture mentale.

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    Oui, les témoignages peuvent parfois se ressembler et pour qui n’a pas compris que l’œuvre n’était en fait pas un seul roman (oui j’avoue…) elle peut perdre le lecteur. Le mythe de Cthulhu n’est pas pour autant un livre à éviter. Bien au contraire, si vous vous intéressez à la culture populaire, c’est un must have ! Qui n’a jamais entendu parler de cet être aux dimensions inhumaines, dont la barbe de tentacules vient terminer une tête poissonnoïde (ce mot existe-t’il ?) surplombant un corps titanesque agrémenté d’ailes ? Qu’il parle maintenant ou se taise à jamais !

    « N’est pas mort ce qui à jamais dort et au long des ères étranges peut mourir même la Mort »

  • La trilogie chromozone de Stéphane Beauverger

    Laurie Deane est l’ennemi public numéro un. Elle et son groupe d’activistes ont lâché le plus gros virus informatique de tous les temps, déclenchant la mort par propagation de tous les appareils fonctionnant à l’électricité.

    Cette entité presque vivante, appelée le chromozone, a fait resurgir ce qu’il y a de plus mauvais chez les hommes et les femmes, la violence, le racisme, l’antisémitisme et j’en passe (pas la peine de citer tous les maux).

    Chromozone trilogie

    Dans toute cette paix substantielle, certaines entreprises cherchent à rétablir la technologie, non pas celle d’avant le chromozone, mais celle d’après, à base de phéromones, naturelles ou de synthèses, menant à la course aux brevets et aux recherches plus ou moins morales.

    Dans toute cette merde, cette course effrénée vers la réussite, la frontière a été franchie. Le chromozone a muté comme un véritable virus. Et désormais, l’électricité ne lui suffit plus, il veut de la chair fraîche, de la peau à vif, des os, du sang, de la cervelle, des membres déchiquetés, des extrémités arrachées. Désormais, le chromozone veut la dernière chose que l’Homme peut lui donner, son humanité, sa vie.

    Seul une poignée d’irrésistible gaulois, ah mince non, je me suis trompé de pitch. Seul une poignée d’hommes et de femmes non atteints vont chercher à ramener la paix, ou plutôt l’ordre, en obéissant à des prophètes, capables de voir dans l’avenir, mais pas de le décrypter.

    Au coeur des guerres tacites, des guerres violentes, des guerres de religion, des guerres de tranchées, subsiste encore et toujours la technologie, capable de créer le meilleur comme le pire, créant le némésis, l’arme fatale de sa propre création. Quel meilleur remède contre le mal, que le mal ?

    Mais si la technologie ne pouvait pas tout résoudre ? Et si, comme Laurie Deane et sa bande l’avaient toujours rêvé, le chromozone réussissait à souder les hommes et les femmes ? Par un lien invisible et pourtant plus fort que n’importe quelle corde ou que n’importe quel câble ? L’union fait la force paraît-il.

    Une seule chose est sûre, Teitomo a raison, il n’y a plus de place pour la bêtise.

  • Tschaï de Jack Vance

    David, un très bon ami à moi que je connais depuis nos premiers poils, m’a conseillé il y a très longtemps trois livres : Journal d’un vieux dégueulasse, Crime et châtiment, et finalement, le cycle de Tschaï.

    Et après tout ce temps, j’ai finalement terminé ses trois recommandations. Pour m’apercevoir, à l’achat de Tschaï, que j’avais déjà côtoyé l’auteur, Jack Vance, avec grand plaisir.

    Alors avant de recevoir trois nouvelles recommandations, terminons cette dernière chronique Davidienne.

    Tschaï Jack Vance

    L’équipage de l’Explorateur IV est en orbite autour d’une planète dans le système planétaire de l’étoile Carina 4269. Malgré ses deux lunes, la planète ressemble à la Terre. Le capitaine du vaisseau décide alors d’envoyer ses deux explorateurs à bord de leur navette pour explorer (en toute logique), la fameuse planète.

    Un missile, une explosion, une onde de choc, un crash et un meurtre plus tard, Adam Reith se retrouve seul sur une planète hostile, aux mains d’une tribu d’hommes sauvages dirigée par un adolescent qu’il ne comprend pas.

    Après plusieurs jours d’apprentissage auprès de Traz Onmale, le chef, Adam Reith apprend la langue parlée sur Tschaï ainsi que les rites des nomades liés à la lune rose Az et la lune bleue Braz. Il apprend également l’existence de quatre races, les Chasch, les Wankh, les Dirdir et les Pnume, chacune accompagnée d’une race d’homme modifiée.

    Intrigué par la présence d’hommes sensiblement similaires à lui, Adam Reith n’a tout de même qu’une idée en tête, retourner sur Terre, d’une manière ou d’une autre.

    Et bien malgré lui, il emmène dans sa course folle pour la liberté, Traz, l’homme des steppes, Anacho, l’homme Dirdir, et sème un sensible chaos dans la vie d’autres habitants de Tschaï, comme des Yao, des Gris, des Wankh et des Chasch bleus.

    Comme vous pouvez vous y attendre, l’ouvrage est découpé en quatre chapitres selon les quatre romans originaux traitant successivement de chacune des races. Véritable Odyssée futuriste, Adam Reith se positionne en tant qu’Ulysse, dont l’épopée pour retrouver sa Terre natale le fait affronter des démons et des dieux.

    Vous l’aurez une fois de plus compris, si vous aimez la SF, vous devez avoir lu Tschaï.

    Je terminerai par deux mots : merci David.

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  • Ubik de Philip K. Dick

    Ubik de Philip K. Dick

    Ubik Philip k dick

    Après une expédition sur la lune qui a mal tourné pour l’équipe de neutraliseurs de Glen Runciter et de Joe Chip, la compagnie doit de toute urgence se replier vers la Terre en catastrophe, le cadavre de Runciter sur les bras, cryogénisé dans le vaisseau afin de l’emmener au moratorium pour le placer en semi-vie.

    À n’en pas douter, il s’agit à nouveau de Raymond Hollis et de ses psis, se dit Joe Chip, à qui incombe dorénavant la gouvernance de Runciter & Associates, la plus grand société anti psis de la Confédération Nord-Américaine, qui lutte depuis des années contre ce fameux Hollis.

    Mais cette fois, le piège déployé par ce dernier a parfaitement fonctionné, puisque Runciter est mort. Ce qui parait étranger à Chip pourtant, c’est pourquoi eux, ne sont pas morts. D’autant plus que des phénomènes étranges se passent; des cigarettes desséchées, de la crème fraîche tournée, un café moisi et de la monnaie à l’effigie de feu Runciter.

    L’équipe de Joe Chip va devoir trouver ce que manigance Hollis afin d’affronter la régression du temps qui les entoure et la mort qui les attend tous. Si seulement il arrivait à comprendre ce que cet automate bombe avait fait sur la lune, il pourrait comprendre ces phénomènes.

    Je n’ai plus besoin de présenter le très célèbre Philip K. Dick, d’autant plus que je ne suis pas à mon premier ouvrage de l’auteur.

    Ubik est un réel thriller SF qui nous emmène dans une réflexion poussée sur la vie et la mort, ainsi que sur les phénomènes paranormaux (thème qu’il avait déjà notamment abordé avec les précogs dans Minority Report).

    Tout comme Joe Chip, nous cherchons à déceler le vrai du faux et à relier tous les points entre eux pour découvrir la vérité. Qu’est-ce que l’Ubik, ce produit miracle qui peut tout faire ? Pourquoi le monde régresse et en même temps fournit des éléments d’un univers différent ?

    Une fois de plus, Philip K. Dick ne déçoit pas. Amis de la SF, foncés ! Pas amis de la SF, foncés aussi, mais ce sera plus compliqué.