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  • League of Minions – L’arme à gauche

    League of Minions – L’arme à gauche

    Je leur en foutrais moi des « mais qu’est-ce que tu nous racontes, il est très bien ton équipement ». Franchement, on a déjà vu des gens partir à la guerre en capuche ? C’est à peine si je peux voir des deux yeux en même temps ! Et eux qui me rétorquent que je n’ai pas besoin de mes deux yeux pour brandir bouclier et hache. Ok !

    Mais alors les gars, quand je vous dis que je suis gaucher, c’est que je suis gaucher. Pourquoi je me tape une hache et un bouclier de droitier ? Comment je fais du coup moi ? Je vais être complètement gauche avec mes armes !

    J’avais demandé à être caster. Eux au moins, ils portent leur sceptre à gauche. Mais non ! Moi je suis bloqué avec ma hache de droitier. Et les ordres sont clairs : impossible de changer, sinon toute la formation serait à revoir car ce serait impossible de protéger nos coéquipiers. Mais je vous le demande moi, comment je fais pour protéger et attaquer quand je dois mettre des coups de hache de ma main la plus faible ? Ça leur viendrait pas à l’esprit que, du coup, la formation va se retrouver ruinée par ma faute, hein ? Mais non, ça, ils ne veulent pas l’entendre !

    Franchement, cette guerre, je la sens mal. Si j’avais su, je serais resté dans le nexus.

    Ah bah voilà que je croise nos deux championnes. Si je n’avais pas entièrement confiance en elles, je dirais qu’elles prenaient leurs jambes à leur cou, s’enfuyant pour retourner le plus vite possible sous leur tour.

    « Hey l’archère, pas besoin de t’excuser non ! Après tout, je ne suis qu’un sbire, pas de soucis si tu me bouscules ! Vas-y, fais tomber ma hache pour droitier qui, je le répète au cas où, n’est pas adaptée vu que je suis un gaucher ! Si tu rentres à la base, n’hésite pas à le leur dire à ces guignols de l’armurerie. »

    En plus avec cette capuche, j’arrive pas à voir où est passée ma hache. C’est pas faute de l’avoir déjà dit, on voit que dalle avec ce truc ! Je les verrai bien à notre place ces ingénieurs. Comment puis-je mourir dignement au combat alors que tout mon équipement est pourri ? Mes ancêtres doivent-bien se foutre de moi dans leur panthéon de ceux qui sont tombés au combat.

    « Quoi un boomerang ? Tu vois pas que je suis en train de chercher ma hache ? »

    Chapitre 5 : L’élémentaire et l’avatar | Chapitre 3 : La muraille, le rempart | Prologue

    Illustration de Théo Allard.

  • La vie devant soi de Romain Gary

    La vie devant soi Romain Gary

    La vie n’est pas facile quand on est un fils de pute. Car quand les femmes se défendent avec leur cul, il faut faire attention aux proxynètes. La peur de ces enfoirés oblige la mère a placer son enfant.

    Des fils de putes, il y en a beaucoup à Paris. Mais être un fils de pute doublé d’un enfoiré d’arabe, c’est encore moins facile. Et pourtant c’est la vie du petit Mohammed. Enfin, du petit Momo. Ça fait plus court. Et c’est aussi la vie de Madame Rosa. Une femme juive plus toute jeune qui s’est défendue avec son cul toute sa vie après la déportation et qui, à l’aube de sa vieillesse, n’a eu d’autre choix que de se reconvertir, faute de clients.

    Mais quand on se défend sur le trottoir, on se fait pas mal de contacts. Ce qui lui permet de vivre en élevant des fils de putes, qu’ils soient blancs, noirs, juifs, arabes ou musulmans.

    Momo, c’est le plus vieux de la bande. Depuis ses 3 ans, il vit chez Madame Rosa. Alors c’est lui le plus grand qui doit parfois s’occuper des petits. Même du haut de ses 10 ans. Parce que la vieille juive est plutôt obèse. Et du haut de ses plus de 60 ans, les 6 étages pour monter à son appartement lui font l’effet d’une course iron man.

    C’est dans cet univers que grandit Momo, élevé par une vieille juive, le Mahoute, un toxico à peine plus âgé que lui, aidé par Monsieur Hamil qui lui apprend l’arabe et Victor Hugo dans le café de Monsieur Driss.

    La vie n’est pas si mauvaise. Mais on ne peut lutter contre le temps, ni Momo, ni Madame Rosa. Quand l’un grandit, l’autre vieillit et les rôles s’inversent.

    Roman magnifique signé par Romain Gary sous son nom de plume Émile Ajar. Il est cru, poignant et va droit au bide.

    Les expressions, le style d’écriture, le regard sur le monde, tout laisse à croire que Momo a existé et qu’il nous livre lui-même son histoire.

    Triste et drôle à la fois, nous lisons deux êtres qui sont tout l’un pour l’autre mais qui, inéluctablement, devront être séparés.

    Je vais finir par une question de Momo a Monsieur Hamil qui résume parfaitement bien cet oeuvre : « Est-ce qu’on peut vivre sans amour ? ».

  • League of Minions – La muraille, le rempart

    League of Minions – La muraille, le rempart

    J’avance, bouclier dans la main gauche et hache dans la main droite. Je fais partie de l’avant-garde avec les autres sbires mêlés. Je peux me remémorer chacune des heures passées en entrainement comme si c’était hier. Je n’avais aucune aptitude pour la magie ou pour la mécanique, alors je me suis retrouvé là, en première ligne. À dire vrai, ça ne me contrarie pas tant que ça. J’en suis même fier. Derrière nous, ils font les braves avec leur rubans arcaniques et leurs gros canons, mais la vérité est : que feraient-ils sans nous ? Ils nous prennent pour des êtres sans cervelle, de la chair à canon, juste bons à faire diversion pendant qu’eux font tout le travail. Combien de mes frères sont déjà tombés au combat ? Et combien devront encore tomber pour leur prouver que sans nous ils ne sont rien ?

    Nous rejoignons à peine les autres déjà au combat que je vois des boucliers se briser, des parchemins se déchirer. Heureusement pour eux, le renfort est là pour les sauver. Laissez passer la première ligne, cachez-vous derrière nos boucliers ! Si nous sommes unis, nous sommes indestructibles ! Je vois à ma gauche et à ma droite ma famille. Chacun de nous protège son voisin. Nous sommes une muraille, un rempart. Si l’un d’eux veut atteindre notre tour ou notre héros, ce ne sera que sur mon corps agonisant et mon bouclier brisé et souillé de son sang.

    Mon champion fait pleuvoir le feu sur tout ce que son lance-flamme peut atteindre. Je suis bien content d’être à ses côtés ; son lance-flamme, en plus de nos boucliers, présente une défense infranchissable pour l’adversaire.

    À distance, en défense, il en profite pour pouvoir harponner le héros ennemi et le ralentir, le laissant encore un peu plus dans les flammes. De son côté, l’ennemi n’est bon qu’à manger des oranges, essayant d’esquiver les projectiles.

    Soudain, un baril apparait à mes côtés. J’attends quelques secondes mais rien ne se passe. Ta poudre serait-elle mouillée capitaine ? Un deuxième. Toujours rien. Décidément, n’as-tu rien d’autre pour sécher tes larmes d’amertume ? Mon champion décide de profiter de cet échec pour faire une percée dans la ligne ennemie, lance flamme en action. Soudain le visage du capitaine pirate change d’expression. Il lance un troisième tonneau proche de lui, arme son pistolet et déclenche une réaction en chaîne en faisant exploser son dernier baril.

    J’ai à peine le temps de lever mon bouclier que je sens le souffle chaud de la déflagration. Quand je pose le regard autour de moi, je constate que je suis le seul mêlé debout. Les autres n’ont pas dû résister à l’explosion. Seul point positif, je possède toujours une armée de casters prêts à fusionner leur pouvoir à ma hache pour désagréger l’ennemi.

    De prime abord, les deux champions ont disparu. En recherchant autour de moi, je distingue loin dans la rivière des jeux de lumière. Le combat doit se dérouler plus loin, sûrement proche de l’enclos du monstre légendaire. C’est donc le moment ou jamais. Je lance un cri de guerre qui galvanise mes troupes, je les sens alors enclin à me suivre dans un ultime assaut suicidaire.

    Je suis le dernier rempart, je suis un roc, une montagne, un tremblement de terre et avec mon armée nous sommes un raz de marée prêt à submerger l’ennemi. Ma hache en l’air, mon bouclier en avant, je me lance sur le premier mêlé en face de moi et vois des boules d’énergie me précéder et anéantir le sbire que j’avais pour cible. Je me dirige vers un deuxième et une fois de plus, il s’effondre avant mon arrivée. Je cible alors les casters ennemis. Mon corps est à bout et il m’est impossible d’esquiver les décharges d’énergie adverses. Ma hache s’abat sur leur corps, je mobilise le peu de force qu’il me reste pour les déchiqueter, les anéantir, les détruire, les achever.

    Je suis à genoux, les mains au sol, mes armes à mes côtés. Mes casters exultent. Ils m’acclament. Je relève la tête et je n’y crois pas, leur tour est sans défense. J’ai donc enfin réussi. Des ranges me respectent, moi, un mêlé.

    Debout ! Je ne peux pas les décevoir, pas après ce que nous avons traversé. J’arrive à me lever et dans un dernier effort à cramponner mes armes. Le premier pas est le plus dur. Il faut relancer la machine.

    Je prendrai le premier coup, les laissant dps la tour un instant avant que l’un d’eux soit le nouveau focus.

    Le dernier rempart, la muraille, le roc, la montagne.

    Chapitre 4 : L’arme à gauche | Chapitre 2 : Le rire de la sorcière | Prologue

    Illustration de Théo Allard.

  • Visiiiiiites 2

    Previously on Esthétique du vide, Visiiiiiites.

    Deux photos sur trois pour un placard ? Mais, qui êtes-vous ? Attention la porte. Aaaaaaaah.

    Au Noooooord, c’était les corooooooooons. Pierre ? Que faîtes-vous là ? Mais vous êtes un lion ! Et pourquoi vous m’appelez Lucy ? Mais bon dieu, vous êtes bourré !

    Un agent de la matrice ? Je suis l’élu ? Hein ?

    Oui, je copie les séries américaines pour rajouter du drama à mon article et pour faire style le précédent était trop diiiiiiingue alors qu’en fait il ne s’était absolument rien passé (big up Walking dead).

    Une fois la porte du placard remise avec l’aide de Marc, un des deux amis belges, qui est en fait originaire de la Côte d’Azur mais qui a également des origines corses et espagnoles (oui, il est un peu le pot au feu humain), nous sortons de la chambre pour nous remettre de nos émotions.

    Je rappelle que ce n’était pas notre première visite de la journée, que nous avions mangé un burker king et que du coup, ma vessie me susurrait à l’oreille des envies de liberté. Et là, fou comme je suis, je me suis dit “Hey, on n’ose jamais le faire parce qu’il y a toujours un agent ou un proprio avec nous. Mais là…y’a personne. Oserais-je ? En même temps, rien ne m’empêche !”. Et c’est donc tout fier que j’ouvre le robinet de la salle de bain. L’eau coule, bonne nouvelle. Idem pour le robinet de la cuisine. Dernier test, le robinet des toilettes. Miracle ! L’eau coule aussi. Bonne nouvelle donc, l’eau n’est pas coupée. Yattaaaaa comme dirait Hiro Nakamura.

    strabisme

    Bien entendu, mes comparses me regardent bizarrement depuis 2 minutes, en me demandant ce que je peux bien foutre. Mais je suis resté muet à leurs suppliques. Et après tout mes tests, fier de moi, je leur dit en les regardant tous dans les yeux en même temps : “Je vais aller uriner dans les toilettes !”.

    Je ferme la porte derrière ma tirade (dans un effet théâtrale), je déboutonne mon pantalon et je les entends me dire que je suis un sacré déglinguo de faire ça.

    Une minute plus tard (j’avais très envie), je tire la chasse et ressors fièrement, les mains propres, des toilettes. Méfait accompli ! Youplaboum !

    méfait accompli

    Et là je vous avoue que Cynthia était jalouse. Elle aussi voulait faire pipi depuis 15 minutes mais n’osait pas y aller. Alors forcément, quand elle m’a vu triomphant et soulagé, elle ne s’est pas laissée prier pour se rendre aux toilettes afin de faire sa petite affaire. Surtout que je l’avais assurée que tout fonctionnait bien, convaincu que je l’étais par mon propre test.

    Seulement voilà, je vous laisse imaginer. On a un terme pour ça, que je n’ai appris que très récemment, la scoumoune. Seulement voilà, comme je viens tout juste de découvrir l’orthographe du bidule, j’ai toujours dit “schcoumoune”. Mais en gros, le principe est le même. Afin d’illustrer mes propos par un exemple (cir)concis et clair que tout un chacun peut comprendre : on peut dire, après tout ce qu’il a pu se passer, que les juifs ont la scoumoune. Exemple corroboré par la très célèbre phrase : “Pourquoi toujours nous ?”.

    C’est ce qu’a pensé à cette instant précis Cynthia, “Pourquoi toujours moi ?”. Et oui, pour une fois, la chance était de mon côté. Car lorsque Cynthia a tiré la chasse d’eau, elle a eu la bonne surprise de découvrir que de l’eau, dans la chasse, il n’y en avait plus.

    Méfait…pas accompli…

    hermione wtf

    Je la vois sortir honteuse, me regardant dans les yeux et me dire vexée “PUTAIIIIIIIN Y’A PAS D’EAUUUUUUUUU ! POURQUOI Y’EN AVAIT QUAND TOI T’AS ÉTÉ PISSER ? POURQUOI TU M’AS DIT QUE JE POUVAIS Y ALLER AUSSI ? PUTAIN ON VA FAIRE COMMENT ?”. Les capslock sont importants, elle est énervée.

    Vous me connaissez, même après avoir uriné, je manque de me faire dessus. C’est trop bon. Nous sommes quatre, mais nous ne sommes que trois à rire. Et pourtant nous rions pour dix, à n’en pas douter.

    Si j’avais su que faire une visite d’appartement sans agent pouvait se révéler aussi amusante, je n’aurais demandé que ça ! Mon dieu. Rien que d’y penser j’en rigole encore. La tête de Cynthia a cet instant précis restera gravée à tout jamais dans ma tête.

    Après plusieurs réprimandes et plusieurs coups portés par Cynthia sur chacun d’entre nous, nous cherchons une solution. Et la solution, je la tiens dans la main. Vous vous souvenez, je vous ai dit plus haut que nous étions allé au burger king. Burger king qui justement nous avait donné envie d’uriner. Je vous arrête là, non, je n’ai pas un burger dans la main dont je peux me servir d’éponge pour transvaser le liquide de la cuvette dans le lavabo. Non.

    Mais dans ma main se tient la bouteille de Badoit rouge que je viens juste de terminer. Marc m’aide alors à dévisser le bouton poussoir (vous ne trouvez pas ça drôle qu’on dise tirer la chasse alors que maintenant, nous poussons de plus en plus un bouton ? Ne devrait-on pas dire pousser la chasse ?) pour mettre à nu la chasse vide d’eau. S’en est suivit un ballet incessant entre la cuisine et les toilettes pour remettre à flot la chasse et ainsi la tirer, en la poussant, tout ça sous les éclats de rire et les élans de voix.

    Nous quittons finalement les lieux, rassasié de rire et heureux. Nous ne prenons pas l’appartement mais nous en avons tiré beaucoup plus que si nous l’avions loué.

    Et puis imaginez les emmerdes, une chasse d’eau qui ne fonctionne pas, une salle de bain qui sent l’humidité, un salon aussi sombre que l’âme de Voldemort et un placard magique qui se casse la gueule.

    Ciao muchacho apartamento, merci et à la revoyure !

  • Le pape, le kid et l’iroquois

    le pape le kid et l'iroquois

    Bourbon kid.

    Il ne fallait rien de plus que ces deux mots pour me donner le sourire. Cela signifiait le retour du kid. Et depuis le temps, je n’attendais que ça !

    Mais si, en plus du kid, l’iroquois pointe le bout de sa crête, alors je dis un gros OUI !

    Alors ajoutez à cela Rodeo Rex et Elvis et vous avez le bouquet final du 14 juillet à Paris.

    Très franchement, je sais que ça peut paraître cliché ici de dire que je ne veux pas expliquer le bouquin, mais pu#%*•, c’est le kid quoi !

    On en est au cinquième, plus besoin d’expliquer ! On ajoute à ça le cultissime Iroquois du Psycho Killer et le topo de vente est fait. Emballé c’est pesé, on remballe !

    Et pourtant, j’ai été un peu déçu. Pourquoi, me direz-vous ? Alors que j’encense le bouquin depuis tout à l’heure ? Tout simplement parce qu’il me manquait mes bonnes vieilles tueries dont j’avais l’habitude. Alors c’est glauque, c’est gore, ça castagne, rien à redire ! Mais j’en attendais plus. Plus de glauque, plus de tuerie, plus de gore, plus d’insultes, plus de blagues salaces, plus d’extrême. J’aimais ce côté vieille série B complètement assumée que j’ai moins retrouvé dans ce roman.

    Ce n’est pas pour autant un mauvais livre. Oh que non ! Une distraction comme on les aime et un bonheur de tous les retrouver. J’attends impatiemment la suite !