Après une guerre qui a ravagé la surface de la planète Terre, certains habitants de Moscou ont réussi à se réfugier dans le métro moscovite. Des années plus tard, des communautés se sont créés au sein des stations et la nature humaine a repris ses droits : volonté de conquête, d’expansion, marchandage, racisme, exploitation des plus faibles, etc.
Artyom est un des rares jeunes survivants du métro à avoir vu le monde d’avant. Il lui apparaît aujourd’hui en bribe brumeuse lors de ses rêves; le ciel bleu, le soleil éblouissant et les bras de sa mère sont aujourd’hui des souvenirs bien lointains.
En effet, la superbe de la race humaine est en déclin, se nourrissant de champignons et de porcs élevés dans des fermes souterraines, subissant les assauts des rats et d’autres entités modifiées par les radiations de la surface ou par l’obscurité des profondeurs.
Et justement, à VDNKH, une des stations habitées les plus au nord du métro, les Noirs attaquent, ces êtres entièrement noirs, sans pupille, capable d’instiguer la peur dans le cœur du plus brave homme en un seul coup d’œil, comme ils ont réussi à le faire au brave Soukhoï, père adoptif d’Artyom après l’invasion de rats qui ravagea sa station des années plus tôt.
D’où viennent les Noirs, personne ne le sait. Ils sont apparus du jour au lendemain, sans raison apparente. Mais aujourd’hui, la menace ne fait que grandir. À tel point qu’un homme, Hunter, un vieil ami de Soukhoï, fait son apparition à la station dans le but d’en apprendre plus sur ces êtres humanoïdes. À la suite d’un désaccord entre les deux amis sur l’avenir de l’humanité sous terre, Hunter va voir Artyom pour lui confier une mission, celle de se rendre à Polis, le cœur du métro Moscovite, dans le but d’en informer le « gouvernement », si jamais il ne revient pas de sa mission de reconnaissance.
Et rien ne va se passer comme prévu dans ce dédale souterrain. Les Rouges, les Nazis, les Témoins de Jéhovah et les cannibales ne sont que les menaces humaines que le jeune Artyom devra affronter. Selon les légendes, dans les tunnels du métro des maux bien plus horribles rodent.
Artyom est un jeune homme comme les autres. Et c’est ce qui me plait dans Metro 2033. Durant tout son périple, il subit les événements. Il est débrouillard et connait plus ou moins le métro mais ne réussira les différents étapes qui se dressent devant lui que grâce à l’aide de ses compagnons d’aventure.
C’est ce qui fait du roman une œuvre plausible. Notre héros n’a rien d’un aventurier aguerri. Il se sent simplement investi d’une mission, d’un devoir envers Hunter et le métro en général. Car si la défense de VDNKH tombe, il se peut que le métro, sa maison, court ensuite un grave danger.
J’avais lu Metro 2033 il y a de ça bien longtemps, lorsqu’il était paru en français pour la première fois. Et j’avais toujours eu envie de me replonger dans les profondeurs du métro moscovite. Je dois d’ailleurs vous avouer une chose : vous ne verrez plus le métro de la même manière.
Il y a de ça plusieurs jours, nous avons décidé avec Cynthia de nous rendre à la Venise du Nord, afin de rendre visite à Jeff. Notre nouvelle compil’ musicale of ze doom dans la poche puis dans le lecteur CD de la voiture, nous avons embarqué pour une virée de l’extrême, au pays des gaufres, de la frite et de Jeanne. Et de Jeff bien sûr. Comme dit précédemment. Mais nous n’avons rencontré ni l’un ni l’autre. Ce qui est bien malheureux. Enfin on a quand même rencontré de la gaufres. Et spoiler alert, elles étaient bonnes !
FLASH BACK !
Vroom vroom la voiture, nous sommes en route pour une bonne heure de trajet sur les routes sinueuses de Belgique. Les B sur les plaques remplacent petit à petit les 59. Nous « chantons » à tue-tête tels des foufous heureux de prendre la route. Lady Gaga est remplacée par du Miracle of sound puis par différentes reprises rock ou punk de chansons telles Livin’ la vida loca ou Don’t be so shy. QUE DU BON QUOI !
Malgré les différentes feintes que nous réservent l’autoroute belge et ses milliards de travaux, Bruges la belle est en vue. Attention les belges, c’est nous que v’la ! Nous roulons sur les pavés, nous esquivons les piétons, nous doublons les vélos, bref : nous sommes les rois ! Eh ouais Philippe ! Et rien ne peut nous arrêter. Enfin rien…on galère un peu à trouver une place pour nous garer quand même.
Pas grave, à nous les parkings couverts ! Rien ne nous arrête ! Nous sommes toujours les rois ! Enfin les « VOL » bien rouges sur chaque panneau de parking, nous arrêtent un peu quand même. Je dois l’avouer. On ne parle pas néerlandais mais on a tout de suite compris qu’on se prenait des gros stops à la chaîne.
On ne se laisse pas démonter, on cherche le Langestraat, une valeur sûre du parking qui ne peut pas nous laisser tomber, comme les autres ont pu le faire. Ce qui est d’ailleurs bien étrange tout de même, que tous les parkings soient complets. De ma vie de brugeois (et non bourgeois, ça se saurait sinon), je n’ai jamais vu ça ! Bon, ok, ce n’est que la deuxième fois que j’y suis. Certes. Mais quand même !
Je suis mon GPS et me retrouve derrière un français. Non. Pire. Derrière un 62 ! Oui. Je sais. Vous voyez venir l’embrouille, les problèmes. Nous nous sommes faits la même réflexion. Et c’est là que ça a commencé à devenir bien chiant. Nous roulons sur une espèce de fausse voie de bus, pour arriver à un espèce de terminal de bus et des voies en travaux. Là, on se dit que ça pue. Le 6-2 devant nous interroge un piéton. On voit qu’il n’est pas confiant. Alors on a peur. Mais pas le choix, c’est du one way to hell que notre prédécesseur nous propose.
On voit beaucoup de monde et notamment beaucoup de vélos et de piétons. C’est sympa ce genre de ville vivante. Enfin là un peu trop. Ca en devient même gênant pour avancer. Et les gens nous regardent bizarrement. Je rappelle que nous suivons un 62. On se demande donc si nous sommes bien sur une route praticable. Mais je suis mon GPS donc ça doit être bon. Non ? Boom ! Nous sommes bloqués. Un type bouge des panneaux interdit de stationner pour se garer. Plutôt chelou quand même. Perso, ce n’est pas un truc que je ferais. Mais bon, nous sommes en Belgique. A chacun ses coutumes. Et ses coutures. HAHA.
Et là on se rend compte d’une chose. Ce n’est plus beaucoup de piétons et de cyclistes, c’est une véritable marée humaine. La voiture devant nous stoppe. Impossible d’aller plus loin. Pour combien de temps ? Oh. Un char. Oh. Des cotillons. Oh. Des bulles de savon. Ah. Un défilé. SUPER ! Nous sommes aux premières loges. Ou pas. Génial. Nous sommes joies.
Nous sommes à Bruges depuis maintenant 40 minutes. Toujours bloqués. Le temps commence à être long. Très long. Les sièges de la voiture se transforment littéralement en ça :
Oui, ça n’a pas l’air confortable.
Nous en sommes à nous demander si nous n’allons pas rentrer, tout simplement.
Mais le défilé se termine et les gens commencent à partir. Nous allons enfin pouvoir avancer à nouveau ! GOOOOOOOOOOOOOOOO !
Ah bah non…
Le 6-2 n’a pas envie. Il a décidé de camper ici, à attendre que le moindre être vivant ait quitté les lieux. Après tout, pourquoi montrer son intention d’avancer ? Sur la route ? Autant attendre encore 15 minutes. Franchement, 20 minutes de défilé, ce n’est pas assez. On adore être dans sa voiture à attendre. On est venu à Bruges que pour ça.
Et c’est de la haine qui commence à croître en nous. On en peut plus. On veut lui faire sa fête, l’entourer de planche de bois et mettre des cailloux dessus. Un peu comme ça oui :
Au final, notre périple à Bruges à été une vraie torture. Ce qui est plutôt ironique quand on pense où nous nous rendions : au musée de la torture.
Le Ministère de la Magie est loin derrière nous. Nous sommes en effet plus en mode Ministère du transport. Et si le nom fait moins rêver, je peux vous assurer que notre moral est également beaucoup moins à la fête qu’avant.
Nous sommes sur le parvis de la gare routière. Une gare routière, c’est comme une gare ferroviaire mais en beaucoup moins classe. En revanche, les deux se rejoignent parfaitement sur la déprime ambiante.
Nous n’avons pas envie de partir. Seule une porte vitrée nous sépare de notre bus de retour. Rien de plus. Une vulgaire porte. Et pourtant, cette porte est notre dernier rempart qui nous retient à Londres. Le dernier lien, ténu, entre le rêve et la réalité. Alors lorsqu’elle s’ouvre, la première chose à s’engouffrer par cette porte désormais ouverte est la tristesse. Comment cinq jours peuvent avoir autant imprégner nos esprits ? Je ne pensais pas ça possible.
Comme les autres passagers, nous faisons la queue pour monter dans le bus, nos bagages à la main et les larmes aux yeux. Nous sommes ces vaches en rang d’oignon ne comprenant pas que juste devant se tient l’abattoir.
Le chauffeur semble qui plus est loin d’être agréable. C’est con. Ça aurait pu faire passer la pilule plus facilement, un moindre mal en somme.
On aurait dû prendre la pilule bleue Cynthia…
Enfin c’est ce qu’on se dit sur le moment. On veut revenir en arrière, revivre ces cinq jours à l’infini. Le retour à la réalité fait mal. C’est comme se casser la gueule. Mais comme le dit le dicton, quand on tombe de bicyclette, il faut tout de suite remonter à cheval. Sinon on a peur à vie de faire de l’aviron. Alors c’est sûr, c’est dur de remettre le pied à la pédale. Mais si on ne le fait pas, on reste avec les petites roulettes. Et la vie ne fait pas de cadeau ! Alors comme Tim, tu fonces !
Je ne vais pas vous mentir, le début du trajet est dur. Nous avons les larmes aux yeux, incapables de nous remonter le moral l’un l’autre. Nous sommes comme deux borgnes ne comprenant pas qu’il nous faut unir nos forces pour voir comme une seule personne à nouveau. Tout comme Trunk et Goten, nous cherchons à fusionner, à nous entraider, mais nous avons du mal, nous ne connaissons pas la danse. Où est notre Piccolo, notre Petit-Cœur dévoué corps et âme à notre apprentissage ?
Quand soudain je pensais toute tentative vaine, le micro grésille et la voix du chauffeur de bus se fait entendre. Il avait entendu mon appel à l’aide. Nous sommes loin de la personne qui nous faisait monter dans le bus. La deuxième personnalité du chauffeur venait d’entrer en scène et elle nous fait des blagues, discute avec les passagers, commente les façons de rouler des anglais. Pile ce qu’il nous fallait ! OUI ! Continue Petit-Cœur chauffeur de bus, amuse nous, fait nous ton show !
Nous sommes comme Chamillionaire, inarrêtables, avec les rageux derrière nous, jaloux du flow de notre chauffeur et de la dextérité de sa conduite. Comme dirait notre poète du sept-huit La Fouine, « j’suis dans mon jacuzzi, t’es dans ta jalousie« . A peu de choses près les derniers du bus montrent leurs fesses aux voitures de derrière.
Le temps passe lentement mais assez facilement dès que le conducteur de bus discute. Et c’est donc moins déprimé et sur une pente ascendante que nous attaquons la douane. Enfin que nous arrivons à la douane. Nous ne l’attaquons pas. Impossible pour nous de l’attaquer d’ailleurs, il y a des plots partout. CQFD !
~ ~ ~ ~ ~ ~ douane ~ ~ ~ ~ ~ ~
Contrôle des passeports, bla bla, pas de pause pipi car on est en retard, encore un contrôle des passeports, toujours du bla bla et toujours pas de pause pipi car on est, bien entendu, toujours en retard.
~ ~ ~ ~ ~ ~ fin de douane ~ ~ ~ ~ ~ ~
Notre showfeur nous renseigne sur le tunnel sous la Manche afin de nous faire patienter pendant l’embarquement : «Nous avons 50 à 100m d’eau de mer au dessus de nous. C’est la Manche, la mer du Nord. Elle est très froide. On y peut rien. On me demande toujours si c’est possible de voir des poissons. Non, ce n’est pas le cas. Si vous en voyez, faites vos prières, c’est la fin du voyage. Bonne traversée ! Du coup, je ne sais plus quoi dire pour vous rassurer. J’avoue avoir moi-même peur maintenant.»
C’est exactement ce dont nous avions besoin, une dernière note de gaieté pour notre London trip durant, ce voyage de retour emplit de tristesse, où les mots nous manquaient pour nous réconforter l’un l’autre.
Merci chauffeur, tu nous auras fait rire dans un moment où le sourire était resté derrière les vitres de l’espace d’embarquement de Victoria, assis sur une chaise d’un Prêt à manger, accroché à la bar d’une rame de métro de la Bakerloo ou noyé dans un fond de London Glory du Rose & Crown à Old Park Lane.
Aujourd’hui, nous sommes le mercredi 1er novembre. Jour de notre départ. Cynthia et moi sommes réellement tristes. Nous achetons nos derniers souvenirs, des poppies, symboles des soldats tombés au combat et dons pour les vétérans et leur famille.
Même si nous n’avons passé que cinq jours à Londres, nous sentons le respect de chacun devant ce symbole et sommes ravis de pouvoir participer à « l’effort de guerre ».
Victoria station. Notre dernière station de métro avant le départ en bus. Nous décidons de manger préalablement, histoire de survivre les 5h de trajet. Nous sommes malins oui ! Nous avons surtout retenu notre erreur de l’aller, où nous n’avions que des biscuits. Moins malins oui. Mais hey, les Pepito pockitos, c’est quand même les meilleurs biscuits du monde ! Du chocolat dedans, du chocolat dessous et cette petite tête avec son sombrero dessus, c’est le feu (comme disent les jeunes) ! Pepito c’est un peu le Silver Surfer du biscuit. C’est également le cousin outre pacifique du rider de ticket de cinoche. Esthétique du Vide, premier sur les infos que vous n’entendrez nul part ailleurs !
Revenons à notre Victoria. Pas Beckham non, la station. Digne d’un grand centre commercial et hall de gare, vous pouvez y trouver à peu près tout ce que vous désirez : cartes postales moches, magnets pour le frigo, valises, nourriture, parfums et j’en passe. J’en passe car le plus important pour moi sont les toilettes ! OUI MESDAMES ET MESSIEURS ! Les toilettes ! Vous le savez, je n’aime pas faire pipi dans le bus !
Je me dirige donc vers les toilettes les plus propres de toute ma vie ! ET GRATUITES ! OUI ! Des toilettes gratuites et propres dans une gare. OUI OUI OUI OUI OUI ! Je sais que ça peut paraître bizarre voire impossible, mais ça existe. Je ne le savais pas moi-même avant d’y assister, de le vivre de mes propres yeux. Et de le vivre de tout mon corps d’ailleurs. Sinon ce serait bizarre, en mode yeux volants. Et puis des yeux, ça n’a pas vraiment envie d’aller aux toilettes en plus. Ce ne serait pas cohérent comme histoire du coup.
« C’est par ici les toilettes propres ? » Saint Thomas
Les voyageurs se pressent dans les escaliers carrelés pour vivre seuls ce que seulement des centaines d’élus peuvent vivre chaque jour, comme moi. Bien entendu, les urinoirs sont tous utilisés. Logique ! Mais il me reste les cuvettes ! Pas peur ! Et j’ai raison ! Elles sont parfaites ! Parfaitement propres ! En voyant cette beauté, j’ai de suite eu envie de poser mes pieds dans la cuvette et de tirer la chasse, en mode Harry Potter style. Et hop, direction le ministère de la magie !
Mais je me suis dit que ça aurait été un affront que de faire ça. Et nous sommes en 2017. Plusieurs années après les événements décris dans HP donc. Et à Victoria, la chasse est automatique. Du coup, beaucoup moins pratique. J’aurais pu passer plusieurs minutes les pieds mouillés, à chercher comment faire fonctionner la chasse en passant ma main maintes et maintes fois au dessus du détecteur.
Alors plutôt que de subir une telle humiliation, j’ai préféré faire la chose qui prouve la plus grande confiance au monde :
À ne pas confondre avec le film 30 jours de nuit. Rien à voir.
Fin du disclaimer
Ils sont quatre. Algie Carlisle. Hugo Charteris-Black. Gus Balfour. Jack Miller. Quatre anglais à vouloir affronter le pôle Nord, à Gruhuken, dans une expédition commune. Quatre compagnons, qui, pourtant, ne rentreront qu’à deux. Car Gruhuken cache bien des secrets et légendes. Et lorsque l’homme est confronté à l’obscurité absolue, la lumière artificiel d’une lampe ne suffit plus. Pas même celle, naturelle, d’un poêle à bois.
Écoutez les huskies hurler, écoutez les bruits de pas sur les lattes de bois, écoutez la tempête arracher les feuilles de papier goudronné. Écoutez la mort et contemplez le vide du jour et de la nuit noirs. Saurez-vous résister à 40 jours de nuit ?
Et bien ce fut une agréable surprise. Une très bonne surprise même ! Écrit sous forme de journal intime, nous suivons la vie et les pensées de Jack Miller, londonien sans le sous cherchant à s’échapper à son quotidien de misère. Mais je crois que si ce pauvre bougre avait su ce qui allait arriver, il n’y serait pas allé. Oh que non ! Car je vous avoue que même moi, simple lecteur, ai quelque fois flipper comme il faut. Je suis certes bon public, mais l’ambiance de 40 jours de nuit ne laisse pas indifférent. Car lors de la lecture, nous nous retrouvons face à nos plus grandes peurs : la solitude, le noir et l’inconnu.
Bon courage à vous si vous vous rendez à Gruhuken. Pour ma part, je resterai au chaud à Longyearbyen.
Les jours ont passé après ma première douche et ma première nuit à Londres. Nous avons arpenté les rues et les ruelles à la poursuite du passé et du présent de la ville, sur les traces d’Harry Potter, de Sherlock Holmes, de Henry VIII et des deux Elizabeth, I et II. Jusqu’au jour fatidique.
Mardi 31 octobre. C’est notre avant dernier jour à Londres. Celui que nous attendions impatiemment et qui est le pourquoi de notre visite. Le jour de toutes les horreurs, où les morts reviennent à la vie : Halloween.
Effet emphatique
Depuis le début de notre London trip, nous croisons des momies, des cadavres, des sorcières et des écolières, que ce soit dans la rue ou dans le métro. Ce soir est notre heure. Nos corps reflètent la noirceur de nos âmes.
Mais d’abord…un restau entre amis ! Faut pas abuser non plus, c’est notre dernier soir à Londres. Et puis même les morts et les moches ont le droit de manger un bon burger ! Non mais oh ! Et pas ho ho ho ! Lui si il est rouge c’est pas du sang, c’est à cause de Coca ! Boom je balance ! Eh ouais mon gros, this is Halloween, pas noël. Alors retourne ramoner les cheminées pour pouvoir faire passer ton gros bidon ! Et toc !
Nous dégustons donc notre dernier dîner avant de faire déguster le reste du monde. Les bières et la boustifaille s’enchaînent. Puis sonne la cloche des damnés, nous appelant à arpenter les rues en quête de bières fraîches et d’âmes en peine errant au cœur de la nuit. Rares sont les passants à avoir osé s’aventurer dans les rues. Tellement rare qu’on se rend compte que tous les bars ferment. Alors qu’il n’est que 23h30. Et que nous nous étions préparés à party all the night long. Alors nous déambulons, tels les âmes en peine que nous cherchions préalablement, à la recherche DU bar, celui qui nous acceptera pour festoyer en l’honneur des morts et des vivants : LE DERNIER BAR AVANT LA FIN DU MONDE !
Échec.
Clairement, gros échec !
Échec à tel point que nous sommes repartis la queue entre les jambes.
Allez les losers, on reprend le métro.
Mon spider sens me dit que quelque chose va arriver. Je regarde à gauche puis à droite pour découvrir ce qui me chagrine. Tel l’arbre devant la forêt, le nez au milieu de la figure, c’était tellement évident que je ne l’avais pas vu : ce petit vieux chelou en treillis. Que fait-il là ? Il est louche. Très louche ! Pourquoi ? Une intuition. Je ne le sens pas. Arrêt. Il descend. Ouf. Une asiatique prend sa place. Exactement la même place. Au millimètre prêt. Comme si, plus que l’occupant, la place avait son importance. Les néons du métro se mettent à clignoter. Que se passe-t-il ? C’est classique. Ça arrive souvent. Pas de panique. Mais si nous étions dans un film d’horreur, elle mourrait la dernière. Ou bien elle nous tuerait. Le résultat serait le même. On serait mort. Les néons clignotent à nouveau. Il vaut mieux que j’arrête de penser à ça. Nouvel arrêt. Elle descend.
Je me demande qui va prendre sa place, jusqu’au signal sonore et la fermeture des portes. Nous sommes seuls. Complètement seuls. Les fenêtres de la rame renvoient nos reflets devant l’obscurité du tunnel. Ils sont différents, non ? Je dois rêver. Mon subconscient me joue des tours. Surement à cause des néons. Les néons. Notre unique source de lumière dans ce monde souterrain de ténèbres. S’il se passait quelque chose, combien de temps avant que les secours n’arrivent. Combien de temps avant que quelqu’un sache ce qu’il nous est réellement arrivé ?
Je savais que c’était une mauvaise idée ! Ils se remettent à clignoter ! Nous ne pouvons pas leur faire confiance. Les ténèbres par intermittence se rapprochent. Nos âmes ne sont plus du tout noires mais livides de terreur. Il ne manquerait plus que…
Oh mon dieu. J’aurais mieux fait de me taire. Même si je l’ai juste pensé…
Notre métro s’arrête. Nous sommes en plein milieu de la voie. Les néons fonctionnent toujours par intermittence. Autant donc dire qu’ils ne fonctionnent pas. Nous nous regardons, incrédules, redoutant le pire. Halloween n’est plus un jeu. Et nous commençons à penser que ça ne l’a jamais été. Des visages apparaissent sur les vitres. Je n’arrive pas à savoir s’il s’agit des nôtres ou de ceux d’inconnus. Je ne me reconnais pas. Enfin je ne crois pas. Je ne sais plus quoi penser. Nous qui rigolions de cette ambiance un peu horreur… Haha. Humains débiles que nous sommes. Nous allons terminer comme cette mystérieuse femme, à hanter la station d’Elephant & Castle.
Nombreux sont ceux qui ont entendu des bruits de pas et des portes claquer quand il n’y avait personne. Elephant & Castle serait la station la plus hantée de tout Londres. A cette instant, même le plus sceptique d’entre nous (à savoir moi), doute. La légende serait vraie ? Serait-elle plus que du simple folklore ? Seul le silence nous répond.
Savoir donc que nous nous rapprochons du terminus de notre trajet en métro ne nous est d’aucun secours.
Est-ce le visage d’une femme inconnue que j’ai entraperçu par la vitre ? Ou ce n’était que celui de Cynthia ? Je n’arrive pas à me calmer. Personne n’y arrive.
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Les néons se rallument pour de bon, le métro repart. Notre périple touche à sa fin. Nous n’avons qu’une envie, fuir au plus vite ce lieu.
Les lumières de la station nous indique que l’on se rapproche de la libération. Plus que quelques mètres. Par pitié, faîtes que l’on arrive sain et sauf.
Ouf !
Les portes s’ouvrent. Au même instant, toutes les lumières du métro s’éteignent. Nous courrons hors de cette rame maudite, guidés par les lumières vertes des panneaux emergency exit. Nous nous retrouvons à être une petite douzaine à suivre ces fameuses balises de sauvetage, guidés par notre instinct primaire de survie. Mais une chose cloche. Nous ne reconnaissons pas où nous sommes. Et eux non plus. Ils se regardent, s’interrogent et nous faisons de même, voyant la panique grandir dans leurs yeux. C’est en voyant l’ascenseur que nous commençons à reprendre espoir. Notre première porte de sortie. Nous ne pensons pas une seconde au pire qu’il pourrait nous arriver une fois dedans. Il est déjà trop tard, les portes se referment. Il n’y a plus de retour arrière possible. Nous ne croisons pas les doigts. Nous n’en avons pas la force. Notre destin n’est plus entre nos mains.
Les portes s’ouvrent. Une fois de plus, notre première vision est constituée de néons aveuglant, suivie par le noir de la nuit. Nous sommes bien à Elephant & Castle si l’on en croit les panneaux. Et pourtant, rien ne ressemble à ce que nous connaissons et côtoyons depuis plusieurs jours. Nous avons l’impression de nous retrouver dans un monde parallèle au notre, où les lieux sont respectés mais pas dans leur intégralité, comme si l’univers cherchait à nous faire croire que nous étions à destination mais qu’il s’était gouré en recopiant l’original. Nous nous pensions sortie d’affaire, nous avions eu tort. Mais hors de question de redescendre dans les entrailles de la Terre, où se cachent les monstres les plus terribles. C’est notre courage à deux mains que nous explorons les alentours, à la recherche de points de repère qui pourraient nous mettre sur la bonne voie. Les gens font peur à voir.
Des vampires vomissent, des infirmières titubent et des momies sont à quatre pattes, traînées par des loups-garous. Mais où sommes nous ? Nous croisons de plus en plus de gens louches, attroupés telle une meute attendant l’ouverture du repas. Nous remontons l’allée monstrueuse et certains nous lancent des regards noirs et d’autres vitreux. La plupart crie. Nous nous attendons à voir s’ouvrir devant les portes du purgatoire. Et c’est à peu de chose près le cas. Nous nous retrouvons nez à nez avec le Coronet ! Une grosse boîte de nuit de Elephant & Castle. Ce qui explique les gens très louchent ! Nous savons où nous sommes. Nous sommes sauvés.
Les derniers mètres se font donc dans la joie et la rigolade. Les rires nous décrispent.
Merci Londres pour ce 31 octobre. Je pense que je peux le dire : Best Halloween ever !